06 mai, 2017



Lacs et Cols - 1er épisode
Suisse, Italie

Bon ça y est, la moto est chargée, où on va ?

OK, on passe voir un copain à Genève, pour la suite on improvisera.

C'est pareil à chaque fois, le but du voyage n'est jamais clairement défini, tout au plus une vague idée de la direction à prendre, l'important c'est d'être en vacances, de préférence sur une moto, le reste on verra bien.

Comme le dit le proverbe chinois "Le vrai voyageur ne sait pas où il va" (à moins qu'il ne s'agisse d'un extrait d'un dialogue d'Audiard?)

Un bout d'A5, parce qu'il faut bien se sortir du bazar iledefrançais et qu'il n'y a jamais personne sur cette autoroute, et puis on commence à se promener en Bourgogne puis dans le Jura.

On passe quelques moments au bord du Lac des Rousses et du lac de Joux, histoire de supporter la température caniculaire de ces derniers jours et on redescend dans l'enfer surchauffé de la métropole Suisse : L’Helvétie n'est déjà pas le pays où je me sens le mieux, mais avec 40 degrés c'est encore moins supportable... C'est décidé, ces vacances seront dédiées à la recherche de la fraîcheur au bord des lacs et en haut de montagnes.

Pour nous suivre dans notre quête:

On s'enfuit de Genève la torride, en suivant le Léman sur sa rive méridionale et on remonte le Grand Saint-Bernard, en longeant le Lac des Toules, ça fait déjà quatre lacs au compteur.

Passé le col, on est Italie, ça va tout de suite mieux, c'est vrai l'air paraît plus léger !

L’Italie, tout le monde connaît, pas la peine de vous raconter la bonne bouffe et les gens rigolards : Selon Cocteau "Un Français est un Italien de mauvaise humeur", donc un Italien est un Français souriant.

En plus, (du moins en Italie du Nord) une part relativement importante de la population comprend le Français, et une part à peine plus réduite le parle. C'est bien simple, on se croirait en Belgique, avec le soleil en plus.

Et les montagnes.

Et les pâtes à la tomate.

Et les Flamands en moins (non, je rigole, ils sont sympas aussi, c'est juste qu'on les comprend moins quand ils parlent).

Pour les côtés pratiques, en Italie l'essence est un peu plus chère, on trouve des hôtels aux alentours de 5o Euros assez facilement, les restaurants sont très abordables et le pain n'est pas fameux, mais c'est une question de goût, faut dire que je suis assez difficile sur ce plan-là.

Depuis mes premières balades transalpines (voir les Cinq Terres), on commence à voir de plus en plus de radars automatiques, plus ou moins signalés. La méfiance est donc de rigueur, d'autant que le concept de libre circulation des personnes et des biens dans l'espace Européens commence à concerner aussi les contraventions...

Cependant, les routes que j'emprunte sont plus propices à la flânerie qu'au raclage de repose-pieds.

Sauf dans certains cols, mais là vous allez vous faire tourner autour par les locaux, à moins de vous entraîner toute la semaine et de les attendre le dimanche matin : C'est pas dur, dès que vous voyez une horde de Multistrada, de GS1200 (sans les valises!) et de KTM Adventure, c'est eux, ne vous contentez pas de les suivre, passez devant eux sinon c'est vous que les Carabinieri vont choper en haut de la montée.

Bon, de toutes façons, avec la TDM, nous deux et nos bagages, on est loin de pouvoir jouer à ce petit jeu, et on ne répond même pas à la provocation, mais on fait gaffe quand même, pas la peine d'exploser le budget.

Bon, vous l'avez compris, j'aime bien l'Italie, alors on continue.

Depuis Aoste, on suit la vallée, les pressés prendront l'autoroute, et puis on passe à travers les derniers contreforts des Alpes, avec au loin vers le sud la plaine du Pô. On longe le lac d'Orta, puis pause au bord du lac de Mergozzo, sixième de la liste.

Au bord de ce petit lac loin des routes touristiques, je trouve un superbe hôtel au bord du lac, plage privée, décor fin 19ème siècle, garage pour la moto... et prix raisonnable !

Le village est à deux pas et il sent bon la douceur de vivre, avec ses petites ruelles fraîches, son petit port et les gosses qui jouent sur la place.

Ce sont des endroits comme ça où on se dit qu'il ferait bon y poser ses valises le jour venu...


La route de la Dolce Vita :

Mais le jour n'est pas venu (viendra-t-il ?), et la route nous emmène ensuite au lac Majeur jusqu'à Lugano. Là on commence à voir des demeures magnifiques, les lacs italiens sont depuis des siècles les lieux de villégiature des nantis des grandes villes du Nord. Par contre, difficile d'approcher l'eau, les plages sont réservées.

Le paysage est magnifique avec les montagnes qui encerclent le lac, comme pour la plupart des lacs du Nord de l'Italie. Dans ces régions assez fréquentées, il faut quand même regarder AUSSI la route : La circulation est parfois "Italienne", mais je trouve les autochtones à 4 roues beaucoup moins agressifs que leurs homologues helvètes : l'Italien donne parfois l'impression de faire n'importe quoi, mais en général il est beaucoup plus attentif à ce qui se passe sur sa trajectoire que les autres Européens.

Ceci dit, une fois qu'il a jugé qu'il pouvait passer, il DOIT passer, on est dans un pays latin, ne l'oublions pas. Donc, inutile de faire des appels de phare ou des coups de klaxon (à chaque fois, j'ai reçu un salut hilare, l'avertisseur étant destiné à dire bonjour à quelqu'un de sa connaissance), on se pousse un peu et ça passe.

La route serpente le long du lac, et puis on traverse les collines vers le lac de Lugano, repos à Ponte Tresa, dans une petite pension de famille au décor incroyablement kitsch, tenu par deux mamies incroyablement âgées mais incroyablement gentilles.

Huitième lac au compteur, mais pas de bain de minuit, les moustiques sont trop agressifs.

On est là :

(La suite dans un prochain article, soyez patients !)







22 avril, 2017


La Maison Ronde

Dimanche dernier, week-end des 24H du Mans moto.

Je n'ai pas un intérêt particulier pour la compétition, bien qu'ayant été en contact quelques années auparavant avec l'une des écuries habituellement présentes dans ces épreuves, avec une anecdote assez amusante qui me revient ; Un soir au cours du repas, alors que je discutais avec deux des pilotes de mon goût pour les voyages en moto, l'un d'eux me dit :

" Ca a l'air sympa, il faudrait que je passe mon permis moto un de ces jours "

Ce à quoi le second a répondu :

" T'es fou, c'est bien trop dangereux !"

Bref, j'étais donc en train de bricoler tranquillement lorsque la radio diffuse son flash d'informations de 11 heures ; Après la litanie des nouvelles relatives à la période électorale en cours, puis l'énoncé du résultat de tous les matches de ballon rond de la 1ère à la 25ème division, je me mets quand même à tendre un peu plus l'oreille car le "Journaliste" annonce que la radio qui lui paye son salaire va diffuser l'arrivée des 24 Heures du Mans moto, je cite "A 15 heures cet après-midi car la course dure 24 heures et est partie hier samedi à 15 heures"

Fin du flash, on passe à autre chose.

Bien entendu, un esprit chagrin aurait pu regretter que cette intervention n'ait pas été ponctuée de quelques mots sur la situation en cours, voire même une petite notion du classement provisoire des 3 machines en tête de course, mais on ne peut quand même pas reprocher à un "journaliste", doué d'un tel goût pour les mathématiques et si soucieux de donner des notions précises de temporalité à son auditoire, de faire en plus de "L'Information".

Bon d'accord, ce n'est que les 24H du Mans Moto, tout le monde s'en fout, et moi le premier.

Reste que ce petit détail n'est malheureusement pas le seul qu'on puisse entendre, du moins, s'il m'a sauté aux yeux (aux oreilles) parce qu'il s'agissait d'un domaine qui présente pour moi un peu d'intérêt, je pense et je crains qu'il en soit de même pour d'autres domaines dans lesquels on s'attend à une information pas trop subjective car notre niveau de connaissance ou de compréhension ne nous permet pas de juger de la validité de ce qu'énonce le "journaliste" dans son micro.

Attention, il ne s'agit pas de tomber non plus dans le travers de la théorie du complot, mais on ne peut s'empêcher de penser que, au vu (à l'ouïe) du peu de rigueur de ceux qui la diffusent, une information livrée sur le vif, sans recul, que ce soit sur le degré de pollution, la situation économique ou tout autre sujet un peu sensible pour la race humaine en général et la société en particulier, si elle fait bondir et hurler d'indignation le professionnel de la profession (comme disait Jean-Luc Godard), n'éveillera aucune objection de la part du commun des mortels.

Vous, je ne sais pas, moi j'essaye de ne pas m'en tenir à une seule source d'information et de demander leur pédigrée aux couleuvres qu'on essaye de me faire avaler. Comme tout n'est pas mauvais dans les productions de la Maison Ronde, écoutez "le Vrai du Faux" sur France Info le matin vers 8h20, pas forcément pour les sujets abordés mais pour appréhender un peu mieux la façon dont certaines informations sujettes à caution sont diffusées et relayées, en particulier grâce à ce merveilleux et terrifiant média qu'est Internet.

Ceci dit, c'est mon écurie qui a gagné les 24 Heures cette année, ça c'est un fait vérifiable et avéré, mais je ne sais toujours pas si David a passé son permis...