Bons plans, beaux sites, bonnes adresses... et mauvaises surprises ! Sur ce blog je vais essayer de partager tout ce que j'ai accumulé au fil de mes voyages et balades. J'espère que vous apprécierez ces promenades !
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22 avril, 2017
La Maison Ronde
Dimanche dernier, week-end des 24H du Mans moto.
Je n'ai pas un intérêt particulier pour la compétition, bien qu'ayant été en contact quelques années auparavant avec l'une des écuries habituellement présentes dans ces épreuves, avec une anecdote assez amusante qui me revient ; Un soir au cours du repas, alors que je discutais avec deux des pilotes de mon goût pour les voyages en moto, l'un d'eux me dit :
" Ca a l'air sympa, il faudrait que je passe mon permis moto un de ces jours "
Ce à quoi le second a répondu :
" T'es fou, c'est bien trop dangereux !"
Bref, j'étais donc en train de bricoler tranquillement lorsque la radio diffuse son flash d'informations de 11 heures ; Après la litanie des nouvelles relatives à la période électorale en cours, puis l'énoncé du résultat de tous les matches de ballon rond de la 1ère à la 25ème division, je me mets quand même à tendre un peu plus l'oreille car le "Journaliste" annonce que la radio qui lui paye son salaire va diffuser l'arrivée des 24 Heures du Mans moto, je cite "A 15 heures cet après-midi car la course dure 24 heures et est partie hier samedi à 15 heures"
Fin du flash, on passe à autre chose.
Bien entendu, un esprit chagrin aurait pu regretter que cette intervention n'ait pas été ponctuée de quelques mots sur la situation en cours, voire même une petite notion du classement provisoire des 3 machines en tête de course, mais on ne peut quand même pas reprocher à un "journaliste", doué d'un tel goût pour les mathématiques et si soucieux de donner des notions précises de temporalité à son auditoire, de faire en plus de "L'Information".
Bon d'accord, ce n'est que les 24H du Mans Moto, tout le monde s'en fout, et moi le premier.
Reste que ce petit détail n'est malheureusement pas le seul qu'on puisse entendre, du moins, s'il m'a sauté aux yeux (aux oreilles) parce qu'il s'agissait d'un domaine qui présente pour moi un peu d'intérêt, je pense et je crains qu'il en soit de même pour d'autres domaines dans lesquels on s'attend à une information pas trop subjective car notre niveau de connaissance ou de compréhension ne nous permet pas de juger de la validité de ce qu'énonce le "journaliste" dans son micro.
Attention, il ne s'agit pas de tomber non plus dans le travers de la théorie du complot, mais on ne peut s'empêcher de penser que, au vu (à l'ouïe) du peu de rigueur de ceux qui la diffusent, une information livrée sur le vif, sans recul, que ce soit sur le degré de pollution, la situation économique ou tout autre sujet un peu sensible pour la race humaine en général et la société en particulier, si elle fait bondir et hurler d'indignation le professionnel de la profession (comme disait Jean-Luc Godard), n'éveillera aucune objection de la part du commun des mortels.
Vous, je ne sais pas, moi j'essaye de ne pas m'en tenir à une seule source d'information et de demander leur pédigrée aux couleuvres qu'on essaye de me faire avaler. Comme tout n'est pas mauvais dans les productions de la Maison Ronde, écoutez "le Vrai du Faux" sur France Info le matin vers 8h20, pas forcément pour les sujets abordés mais pour appréhender un peu mieux la façon dont certaines informations sujettes à caution sont diffusées et relayées, en particulier grâce à ce merveilleux et terrifiant média qu'est Internet.
Ceci dit, c'est mon écurie qui a gagné les 24 Heures cette année, ça c'est un fait vérifiable et avéré, mais je ne sais toujours pas si David a passé son permis...
22 janvier, 2017
Hommage
J'avais décidé de ne plus me miner le moral et de ne plus faire de rubriques nécrologiques dans ce blog, mais l'année passée a été trop lourde pour ne pas consacrer quelques lignes d'hommage à ceux qui m'ont quitté, ça me fait du bien, peut-être que ça peut aussi aider ceux qui se battent contre la connerie et les autres maladies mortelles.
En vrac, je citerai donc David Bowie, Gégé (Gérard Anthony), les spectateurs du feu d'artifice de Nice, ma frangine, Prince, Cheval (Alain Chevallier), Marcel Gotlib, Claude Lambert et puis je vais m'arrêter là, ça devient morose...
Vous avez tous eu de l'importance dans ma vie, je pense à vous, et dans ce blog je vais continuer à parler de moto, parce que c'était la passion de quelques-uns d'entre vous, et de balades et de voyages en espérant que ce ne seront pas les derniers pour ceux qui restent.
J'avais décidé de ne plus me miner le moral et de ne plus faire de rubriques nécrologiques dans ce blog, mais l'année passée a été trop lourde pour ne pas consacrer quelques lignes d'hommage à ceux qui m'ont quitté, ça me fait du bien, peut-être que ça peut aussi aider ceux qui se battent contre la connerie et les autres maladies mortelles.
En vrac, je citerai donc David Bowie, Gégé (Gérard Anthony), les spectateurs du feu d'artifice de Nice, ma frangine, Prince, Cheval (Alain Chevallier), Marcel Gotlib, Claude Lambert et puis je vais m'arrêter là, ça devient morose...
Vous avez tous eu de l'importance dans ma vie, je pense à vous, et dans ce blog je vais continuer à parler de moto, parce que c'était la passion de quelques-uns d'entre vous, et de balades et de voyages en espérant que ce ne seront pas les derniers pour ceux qui restent.
21 mai, 2016
L'atelier est désert...
Après plusieurs mois de panne d'inspiration, j'avais repris un peu de moral et perdu un peu de dégout de la race humaine et me sentais à nouveau en veine littéraire, bien décidé à ne plus ponctuer mes notes de blog d'articles consacrés à une faucheuse avide ces derniers temps aussi bien d'artistes au talent mondialement apprécié que d'anonymes uniquement coupables d'avoir été au mauvais endroit et au mauvais moment face a des abrutis illuminés.
Padbol, Gégé nous a lâchés, lui qui avait parcouru toutes les pistes des quatre coins du globe, le voilà parti pour découvrir un nouveau terrain de jeu, mais il ne reviendra pas pour nous le raconter.
A sa façon, lui aussi était un artiste du gros mono mais aussi un déconneur infatigable : Ce gars-là rayonnait, pas seulement des roues mais aussi avec son sourire et sa bonne humeur.
L'atelier va être désert, tant pis pour les mauvais jeux de mots mais je sais qu'il adorait ça.
Je n'ai pas grand-chose de plus à écrire, bien que j'aurais tant à dire sur lui, alors je vais aller faire un tour avec mon 500 XT en sa mémoire, je lui dois bien ça.
In memoriam Gérard Anthony - L'Atelier du Désert
Après plusieurs mois de panne d'inspiration, j'avais repris un peu de moral et perdu un peu de dégout de la race humaine et me sentais à nouveau en veine littéraire, bien décidé à ne plus ponctuer mes notes de blog d'articles consacrés à une faucheuse avide ces derniers temps aussi bien d'artistes au talent mondialement apprécié que d'anonymes uniquement coupables d'avoir été au mauvais endroit et au mauvais moment face a des abrutis illuminés.
Padbol, Gégé nous a lâchés, lui qui avait parcouru toutes les pistes des quatre coins du globe, le voilà parti pour découvrir un nouveau terrain de jeu, mais il ne reviendra pas pour nous le raconter.
A sa façon, lui aussi était un artiste du gros mono mais aussi un déconneur infatigable : Ce gars-là rayonnait, pas seulement des roues mais aussi avec son sourire et sa bonne humeur.
L'atelier va être désert, tant pis pour les mauvais jeux de mots mais je sais qu'il adorait ça.
Je n'ai pas grand-chose de plus à écrire, bien que j'aurais tant à dire sur lui, alors je vais aller faire un tour avec mon 500 XT en sa mémoire, je lui dois bien ça.
In memoriam Gérard Anthony - L'Atelier du Désert
12 août, 2015
Ca suffit maintenant !
Ca y est, profitant de l'inertie d'un été torride incitant à l'effort minimal et au désintérêt de la chose informative, la Camarde, cette grosse s... a recommencé à sévir, au nom d'une égalité qui veut qu'elle frappe indifféremment les plus pourris comme les meilleurs d'entre nous.
Après son coup d'éclat du mois de janvier, elle a de nouveau prouvé son habileté à utiliser la gomme à effacer envers les dessineux et autres comiques graphiques, en nous privant de nouvelles aventures de Mammouth et son rat préféré Piston.
Coyote nous a quittés, ça fait chier.
Si vous voyez un nuage blanc taché de noir, c'est sa Harley qui a agrémenté de taches d'huile un paradis un peu trop propre, même si l'endroit doit commencer à être plutôt rigolo maintenant que Cabu, Wolinski et leurs copains ont refait la déco.
Aussi, avec Terry Pratchett pour le scénario et Leonard Nimoy (Mr Spock dans Star Trek), Patrick MacNee (John Steed dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir) et Christopher Lee (Dracula dans... Dracula) dans les rôles principaux, ça nous promet un sacré film pour la rentrée, avec des vrais morceaux de nostalgie dedans.
Pour peu que BB King se charge de la bande-son, on arriverait presque à trouver un côté sympa à ces mauvaises nouvelles.
Bon d'accord, madame la Faucheuse, mais faudrait voir à s'arrêter, ça va bien maintenant, on a compris que c'est toi qui auras toujours le dernier mot, mais au moins laisse-nous encore un peu de nos copains d'enfance (ou d'éternelle adolescence), tous ceux qui nous ont fait rire, ou claquer des doigts et battre la mesure, ce qui ont su nous émouvoir ou nous faire vibrer, voire même nous faire réfléchir, et dont je ne citerai pas le nom par peur d'attirer la malédiction sur leurs têtes...
Bien entendu, je suis triste, mais je vais relire toutes ses BD, pour rire un bon coup, et encore et toujours dénicher les allusions et références qui foisonnent à chaque coin de page, et qui montrent que ce nounours aux allures de voyou était un type cultivé, qui aimait les gens et se moquait des cons (pas méchamment, juste en les rendant ridicules, ce qui est peut-être la meilleure façon de les combattre), bref qui aimait la vie.
Salut, Coyote !
Ca y est, profitant de l'inertie d'un été torride incitant à l'effort minimal et au désintérêt de la chose informative, la Camarde, cette grosse s... a recommencé à sévir, au nom d'une égalité qui veut qu'elle frappe indifféremment les plus pourris comme les meilleurs d'entre nous.
Après son coup d'éclat du mois de janvier, elle a de nouveau prouvé son habileté à utiliser la gomme à effacer envers les dessineux et autres comiques graphiques, en nous privant de nouvelles aventures de Mammouth et son rat préféré Piston.
Coyote nous a quittés, ça fait chier.
Si vous voyez un nuage blanc taché de noir, c'est sa Harley qui a agrémenté de taches d'huile un paradis un peu trop propre, même si l'endroit doit commencer à être plutôt rigolo maintenant que Cabu, Wolinski et leurs copains ont refait la déco.
Aussi, avec Terry Pratchett pour le scénario et Leonard Nimoy (Mr Spock dans Star Trek), Patrick MacNee (John Steed dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir) et Christopher Lee (Dracula dans... Dracula) dans les rôles principaux, ça nous promet un sacré film pour la rentrée, avec des vrais morceaux de nostalgie dedans.
Pour peu que BB King se charge de la bande-son, on arriverait presque à trouver un côté sympa à ces mauvaises nouvelles.
Bon d'accord, madame la Faucheuse, mais faudrait voir à s'arrêter, ça va bien maintenant, on a compris que c'est toi qui auras toujours le dernier mot, mais au moins laisse-nous encore un peu de nos copains d'enfance (ou d'éternelle adolescence), tous ceux qui nous ont fait rire, ou claquer des doigts et battre la mesure, ce qui ont su nous émouvoir ou nous faire vibrer, voire même nous faire réfléchir, et dont je ne citerai pas le nom par peur d'attirer la malédiction sur leurs têtes...
Bien entendu, je suis triste, mais je vais relire toutes ses BD, pour rire un bon coup, et encore et toujours dénicher les allusions et références qui foisonnent à chaque coin de page, et qui montrent que ce nounours aux allures de voyou était un type cultivé, qui aimait les gens et se moquait des cons (pas méchamment, juste en les rendant ridicules, ce qui est peut-être la meilleure façon de les combattre), bref qui aimait la vie.
Salut, Coyote !
08 janvier, 2015
Les zéros et l'infini
Tristes journées, hier j'ai perdu un gros morceau de mon humanité et de mon sentiment d'appartenance à une civilisation.
Je suis d'une génération qui a grandi (intellectuellement parlant) sans beaucoup de moyens de communication, à part une télévision contrôlée par l'état, une radio sans grande indépendance non plus et une presse à l'apogée de sa puissance.
Il n'y avait que deux chaînes de TV et trois radios en "Grandes Ondes", mais une pléthore de journaux et de magazines qui ouvraient les yeux sur le monde tout en taquinant les neurones et en décrispant les zygomatiques.
Face à la grande presse, aux multiples titres d'opinions variées mais toujours servies par des vrais journalistes au talent rédactionnel sans conteste, on trouvait quelques organes plus ou moins confidentiels, trublions aux opinions tout aussi variées, un peu moins soucieux du respect des règles de l'écriture et de l'objectivité mais animés d'une réelle conviction et d'un enthousiasme débordant.
Quelques-uns, à l'esprit déjà un peu ouvert par Pilote, se souviendront de la Gueule Ouverte, du Monde Libertaire, de l'Enragé, et beaucoup ont connu le Canard, Hara-Kiri, Charlie Hebdo et l'Echo des Savanes.
Cavanna, Choron, Cabu, Wolinski, Fred, Gébé, Reiser et tant d'autres ont combattu sans relâche la bétise humaine, avec des crayons pour seules armes.
La camarde les a fait taire, soit avec l'aide de ses copines la maladie et la vieillesse, soit avec sa grande alliée du moment, la violence.
Mais outre l'intolérable carnage qui a essayé de réduire au silence Charlie Hebdo ce funeste jour de janvier 2015, c'est la réaction des autres humains qui me donne une nausée presque permanente depuis deux jours.
Un tel évènement, qui aurait suscité un recueillement digne il y a quelques années, comme on pleure en silence la disparition d'un copain d'enfance, sans larmes parce ce n'est pas ce qu'il aurait voulu, déclenche aujourd'hui, grâce aux merveilleux moyens de communication modernes, une avalanche, ou plutôt une diarrhée (car l'aspect blanc immaculé de l'avalanche ne décrit pas correctement le phénomène) verbale, au nom du droit d'expression. Ce droit se transforme ici en obligation de submerger d'opinions les réseaux "sociaux" ; On se demande d'ailleurs où est le "social" dans une activité que certains pratiquent dans leur coin sous le couvert de l'anonymat, en appelant à détruire les fondements de leur propre société.
C'est donc la grande foire de ceux qui n'ont rien à dire, de ceux qui répètent les idées toutes faites, de ceux qui sont incapables d'aligner trois mots de façon cohérente, de ceux dont le vocabulaire se limite à MDR, PTDR, LOL, de ceux qui défendent une religion sans la connaître, de ceux qui fustigent l'incapacité d'un président pour lequel ils n'ont pas voté (ben oui, puisqu'ils ne sont pas déplacés aux urnes), de ceux qui veulent jeter les étrangers dehors alors que leur grand-père italien ou polonais a subi les pires difficultés avant de finalement s'intégrer, de ceux qui mordent la main qui les nourrit mais lèchent la b... qui les enc...
Je deviens grossier, autant m'arréter là.
On entend (ou on lit) donc que c'est la faute des Juifs, des Francs-Maçons, du gouvernement, de l'opposition, des Arabes, des Français, des militaires et des coiffeurs pour dames.
On entend que c'est bien fait pour eux, qu'ils ont exagéré, que le droit d'expression ne donne pas le droit de tout dire, etc.
Mais justement, ces pourfendeurs du droit d'expression et ces chantres de la censure oublient que si on les entend, c'est grâce à ce droit d'expression, dont ils usent sans retenue pour vomir leurs idées extrémistes, au nom d'une démocratie qui n'accorderait le droit de vote qu'à leur partisans ou d'une religion dont les préceptes de tolérance, de générosité et de respect du prochain justifient des meurtres, des viols et des attentats.
Chérissons ce droit d'expression, utilisons-le avec précaution comme un bien précieux, comme une coupe en cristal d'une extrême finesse qui peut se briser si on y boit sans retenue...
Respectons aussi toutes les croyances, en ce qu'elles offrent à certains des réponses à leurs interrogations sur la vie et des règles morales à ceux qui manquent de repères, mais respectons aussi le droit de ne pas croire et de se moquer des excès en tous genres.
Sinon, l'étendue infinie de la connerie humaine (comme le disait Einstein) verra encore ses limites repoussées par de sinistres zéros qui se prennent pour des héros...
15 juin, 2014
Des culottes, des bottes de moto, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos...
Cette semaine j'ai entendu à la radio une actualité sur une campagne d'information destinée aux conducteurs de deux-roues parisiens, sous la forme d'une lettre déposée sur la selle des motos et scooters.
La lettre relatait l'accident survenu à un jeune homme en scooter qui a été percuté par une voiture, alors qu'il roulait à faible allure et à qui l'équipement adapté et complet (casque, gants, blouson airbag) avait évité de finir ses jours dans une chaise roulante.
D'autres lettres narraient le même genre d'accident, à chaque fois l'équipement du conducteur du deux-roues avait permis de limiter les dégâts corporels.
Bon, jusqu'ici, d'accord, pourquoi pas, c'est vrai qu'il vaut mieux une paire de gants et des vêtements un peu solides pour éviter d'avoir la peau ressemblant à une pizza bitume-gravillons à la moindre gamelle, quant au casque, c'est une évidence.
Encore que, vu le nombre d'accidents relatés qui concernaient des chocs avec des voitures, qui semblaient toutes avoir une part de responsabilité non négligeable dans l'affaire, on se demande si il ne fallait pas aussi placer ces lettres sous les essuies-glaces des zotomobiles parisiennes.
Là où ça se corse et où il faut (une fois de plus) admirer l'esprit d'impartialité et le sens de l'information exhaustive qui animent nombre de frais diplômés des écoles de journalisme et de communication, la suite du sujet radiophonique présentait ce qu'on appelle un radio-trottoir, qui consiste en gros à demander leur avis à des gens pris au hasard au coin de la rue et dont les quelques banalités bafouillées sont immédiatement mises en onde pour diffuser la voix du peuple et du bon sens.
Il s'agit donc d'énoncer comme une vérité absolue un sondage effectué parmi un échantillon représentatif de trois personnes.
Nantie de sa longue expérience motocycliste (Boulevard Saint-Michel - Nation derrière son petit copain de l'époque en Mobylette un jour de grève du métro), une brave ménagère de moins de cinquante ans a donc clamé à la face du monde et aux oreilles des auditeurs du service public qu'elle approuvait chaudement cette campagne en ajoutant qu'elle allait illico montrer cette lettre à son adolescent boutonneux pour le dissuader de vouloir affirmer son indépendance au guidon d'un engin motorisé à deux roues.
Affirmation péremptoire et sans conteste : "C'est cause de moult tracas, il convient donc qu'il n'en aie point"
Bravo, ma grande, c'est aussi au nom de ce grand principe que tu l'amènes à l'école en voiture plutôt que de lui apprendre à regarder à droite et à gauche avant de traverser l'unique passage piéton jalonnant les trois cents mètres séparant le giron familial du groupe scolaire.
C'est aussi au nom de ce principe que pour ses quatorze ans, il n'aura pas un scooter mais un ordinateur avec lequel il pourra, depuis le cocon sécuritaire de sa chambre, surfer sur des sites néo-nazis, regarder des films pornos ou insulter ses petits camarades sur fesse-book, bien planqué derrière un anonymat rassurant.
Au nom de ce principe, la maman du premier gosse qui s'est brûlé avec le feu allumé par son pithécanthrope de mari aurait dû interdire à ce dernier de renouveler l'expérience au nom de la sécurité de sa progéniture.
Comment ne pas s'étonner que, à notre époque opaque, on exalte ce genre de mentalité en interdisant tout ce qui peut troubler le bien-être des être humains ?
Je roule en moto car je sais que je suis VULNERABLE : Le prix à payer peut être élevé, mais la volonté de maîtriser son destin et d'être responsable de soi-même est ce qui a, de tout temps, fait avancer la civilisation et différencié l'Homo Sapiens de la larve du concombre de mer.
(Vous qui passez le bac philo demain, vous pouvez me citer, mais je ne suis pas certain de faire partie des grands penseurs humanistes agréés par la Fédération Française des Correcteurs de Copie)
Bien entendu, ça ne me plait pas du tout d'être bousculé par un abruti qui conduit tout en répondant à ses mails, mais je ne pense pas que l'interdiction de se servir du téléphone au volant va bouleverser l'évolution alors que je suis persuadé que Mozart ou Pierre Curie n'auraient pas eu la même influence sur le monde si leur mère leur avait interdit de sortir au risque d'attraper un rhume.
(d'autant qu'il est notoire que Pierre Curie fut écrasé par un fiacre que le cocher conduisait tout en répondant à ses mails sur son smartphone)
Bon, fini de râler, un peu de culture maintenant :
L'anecdote du pithécanthrope est une réminiscence d'un excellent bouquin sur la préhistoire, très drôle et très instructif à la fois : "Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis
Ensuite, on ne peut évoquer "l'Homme à la Moto" chanté par Edith Piaf sans parler de la version de la chanteuse Juliette, fille spirituelle (dans les deux sens du terme) de Bobby Lapointe et de Magali Noël (inoubliable interprète des chansons de Boris Vian). Ca se trouve sur Ioutioube ou des Lits Mochion, cherchez un peu...
Ceci dit, même en moto, sortez (bien) couverts ! !
21 mars, 2014
Essai moto : Déraison et décomparaison (?)
Après ma faconde enthousiaste (voir l'article Comparaison n'est pas raison du mois de février) et l'unanime approbation des essayeurs dithyrambiques, il s'est agi d'opposer l'implacable rigueur mathématique à la subjectivité du motard moyen abusé par ses sens.
Le bicylindre Bavarois en question a donc été posé sur un banc d'essai par un magazine spécialisé dont je tairai le nom (qu'il vous suffise de savoir que son nom évoque le journalisme et la moto), à l'occasion d'un comparatif entre plusieurs machines qui revendiquent l'appellation "Maxi-trail" à cause d'une largeur de guidon, d'une hauteur de selle et d'une cylindrée déraisonnables.
Le résultat est sans conteste, les chiffres ne mentent pas (comme disait le patron de Lehman Brothers lors de la présentation de son bilan 2007) : 105 chevaux se pressent à la roue arrière.
Toujours soucieux d'une information impartiale, je me suis replongé dans l'article R311-1 du Code de la route qui précise qu'une motocyclette est un "véhicule de catégorie L3e ou L4e et dont la puissance n'excède pas 73, 6 kilowatts (100 ch)". De plus, l'article L317-5 de ce même code, que le monde entier nous envie par sa précision et sa limpidité, précise que "Le fait pour un professionnel de fabriquer, d'importer, d'exporter, d'exposer, d'offrir, de mettre en vente, de vendre, de proposer à la location ou d'inciter à acheter ou à utiliser un dispositif ayant pour objet de dépasser les limites réglementaires fixées en matière de vitesse, de cylindrée ou de puissance maximale du moteur d'un cyclomoteur, d'une motocyclette ou d'un quadricycle à moteur est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende"
On parle donc bien de la puissance MOTEUR qui est limitée à 100 canassons.
A cet instant, il convient pour moi de reconnaître mes torts et de rendre un vibrant hommage à un personnage injustement raillé dans mon message précité.
Herr Friedrich Kloncke n'a pas seulement inventé le train de pignons à deux dents de la boîte de vitesses de la K1600, il est aussi le seul être humain a avoir réussi à mettre au point la transmission à rendement positif.
Entre le vilebrequin entrainé par la poussée des grosses gamelles de 600 cc chacune mais bien entendu limité selon l'implacable législation française, et les sculptures caoutchouteuses du Tourance Next, 5 bourrins ont été gagnés, ce qui relève de l'exploit technologique.
D'autant qu'une quantité de Watts non négligeable est utilisée pour émettre une puissance acoustique et ferraillante qui rappelle l'embrayage à sec de certaines productions transalpines.
A moins que ce ne soit le mécanisme secret de Mr Kloncke qui produise ces bruits intempestifs ?
Je rends donc grâce à l'ingéniosité teutonne qui a trouvé un moyen astucieux de contourner une loi par ailleurs castratrice : Pour donner au motard moyen les sensations d'une machine non bridée tout en respectant à la lettre la loi, il suffit de munir la moto d'une transmission qui rajoute des chevaux à un moteur légalement limité.
Quand on pense à ces idiotes de motos de la concurrence qui sont encore équipées d'une transmission qui perd bêtement 10 à 20 % de la puissance du moteur !
Quant à l'affiche qui orne cet article, bien évidemment il n'y a aucune allusion, c'est un film que j'aime bien,c'est tout...
27 octobre, 2013
Octobre 2013 : C'est l'Automne...
Les jours raccourcissent, on vient de passer à l'heure d'hiver, mais une accalmie dans la tempête nocturne laisse apparaître un beau coin de ciel bleu, alors en route pour une petite promenade (pour ceux que ça intéresse, voir l'article sur les châteaux du Vexin ).
Mon terrain de jeu habituel étant pourvu d'un nombre beaucoup plus important de chênes centenaires que de relais GSM, et les fermes étant plus nombreuses que les zones commerciales, quelques précautions de circulation s'imposent.
En effet, pour paraphraser Prévert, un motard se ramasse des pelles sur les feuilles mortes (à cause des arbres précités), surtout avec le coup de vent de la nuit précédente, mais il suffit d'intégrer le fait qu'être dans une forêt implique ce genre de désagrément et on arrive à survivre.
Beaucoup plus désagréables, les exploitants agricoles ont tendance à manifester une volonté d'expansion des terres cultivables, concrétisée par des tentatives de transformation de la route bitumée normale en un limon fertile, en y apposant une couche de boue grasse.
Bien entendu, ce phénomène peu propice à l'adhérence est localisé de préférence en sortie de virage ou après le sommet d'une côte (et avant un virage). A certains moments, les effets bénéfiques conjugués de ma bonne étoile, de pneus en bon état, d'un poil d'anticipation, d'une vitesse raisonnable et d'une méfiance maladive, voire paranoïaque, m'ont évité de poser mon digne postérieur au milieu d'un océan de gadoue infâme qui garnissait la route comme le Nutella sur la tartine du goûter de l'écolier gourmand affamé.
(Vous noterez que, malgré ma répugnance envers le matériau et mon agacement envers ces pratiques agricoles, j'ai utilisé une métaphore plutôt appétissante, bien qu'une autre idée me soit venue en tête à ce moment-là, mais il faut savoir garder de la tenue et de l'élégance même dans les circonstances les plus délicates)
Heureusement, certains fermiers dignes de ce nom et plus citoyens que la moyenne avertissent du danger avec des panneaux plus ou moins adéquats, dont le moins poétique n'est pas celui-ci :
Etant fragile du nez, je ne suis pas allé constater si le chantier d'ensilage en question était vilipendé par les riverains auteurs du panneau (la pestilence des végétaux en décomposition expliquant le "Bouh ! ", mal orthographié), ou s'il s'agissait bien d'un panneau d'avertissement de l'agriculteur concernant la "boue" générée par les engins du chantier, mal orthographiée également.
Ca aura eu le mérite de nous faire sourire...
En résumé, vivement l'hiver, les routes auront été lavées par les pluies de novembre et il n'y aura que le verglas à redouter...
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