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09 juin, 2013



l'Oise

Ben non, l'Oise n'est pas un département triste et plat où les champs de betteraves à perte de vue sont seulement jalonnés de fermes délabrées où croupissent des à-peine-humains à côtés desquels Jacquouille La Fripouille ressemble à un prix Nobel de physique (préjugé largement répandu parmi une certaine élite qui n'a jamais passé les limites du périphérique parisien que pour aller se montrer au port de Saint Martin de Ré).

(J'exagère, mais à peine)

Pour vous prouver le contraire, je vous y emmène en balade. Au menu : Forêts, châteaux, vallons et petits villages bien préservés.

Ca, ce sont les plats principaux, comme assaisonnement : Nids de poules, gravillons, ralentisseurs, bref tout ce que l'esprit humain et la force implacable de la nature ont créé pour pimenter le déplacement d'un deux-roues motorisé.

Donc, si vous ne l'avez pas déjà revendue pour vous payer des stages de rattrapage de points de permis, laissez au garage votre CBGZ-YRR(R)-R au profit d'un véhicule plus maniable et mieux suspendu, votre postérieur vous en saura gré.

Pour l'itinéraire numérique, virtuel et assisté par satellite, c'est là :
Pierrefonds (format GDB)
Perrefonds (format GPX)


Pour l'itinéraire manuscrit sur papier assisté par carte routière, patientez un peu, c'est long à écrire !

En attendant le fichier, ci-dessous quelques points de repère :

On commence par Auvers sur Oise, ville célèbre depuis qu'un alcoolique génial s'y est coupé l'oreille, y'a pas de quoi en faire un plat, moi je fais ça à chaque fois que je me rase pourtant mes tableaux ne se vendent pas des millions de dollars. A part le côté "annexe de Montmartre" et ses pièges à touristes, on y trouve aussi des vrais artistes dans des petites galeries et le village mérite quelques minutes de visite.

Un coup d'oeil sur le château et on monte dans le Vexin, région très intéressante sur laquelle je reviendrai un de ces jours. Après quelques détours, on redescend dans la vallée de l'Oise à Boran, un des lieux de villégiature de la fin du 19ème siècle où les Parisiens venaient en train le dimanche respirer le bon air et faire trempette dans de l'eau moins polluée que l'égout à ciel ouvert qu'était la Seine à cette époque. Il en reste une surprenante piscine désaffectée au bord de la rivière (avec toboggan géant et porte-voix en béton pour les maîtres-nageurs) et des bistrots-guinguettes où le populo mange des glaces en regardant les Kékés faire le beau en ski nautique. Ambiance "Front populaire" garantie.

On repart en passant sur ce petit pont à sens unique, ne craignez rien, il n'a pas l'air solide mais ça fait 150 ans qu'il est là, y'a pas de raison qu'il s'écroule au moment où vous passez.

La route se continue en traversant la forêt de Chantilly, là l'ambiance est nettement plus bourgeoise, les grosses demeures se succèdent, on voudrait bien savoir ce qui se cache derrière ces hauts murs impénétrables... Passage au château de Chantilly, si vous avez 5 minutes allez le visiter, la collection de tableaux est magnifique.


Autre ville d'histoire à 10 km de là, Senlis, avec ses rues pavées et ses vieilles demeures, on se croirait au 18ème siècle, et d'ailleurs nombreux sont les films historiques qui ont été tournés ici.

Un petit bout de route à radars et on bifurque vers le château de Raray, dont la transparence s'apprécie encore plus au soleil couchant.

Mais bon, nous on n'est pas couchés, alors on poursuit à travers les plaines puis la forêt de Compiègne, jusqu'au château de Pierrefonds. Drôle de monument historique, qui est au chateau-fort médiéval ce que la Harley V-Rod est à la 750 latérale de l'armée américaine, ça ressemble vaguement mais c'est civilisé et fabriqué avec des techniques modernes. Ceci dit, c'est bien fait et c'est aussi très intéressant à visiter.

Les alentours sont très agréables, vous le constaterez en continuant la route qui serpente au milieu de la campagne, là encore quelques vestiges du passé jalonnent le trajet, voyez le château-fort de Montépilloy, un vrai celui-là, dont il ne reste qu'un morceau de tour, on se demande comment ça tient encore.

Un peu plus loin on arrive à Plailly, si vous voulez retourner à Paris en moins d'une heure vous abandonnez le parcours ici, mais vous allez louper le dessert du menu que je vous ai concocté.

En guise de dessert, donc, une dame blanche, ou plutôt le château de la Reine Blanche, qui a dû être largement utilisé comme rendez-vous galant par les princes de la région... La promenade autour des étangs est très agréable et détendra vos fessiers endoloris par les routes au revêtement douteux.



Ca va mieux ? Alors, on repart ; On rejoint la vallée de l'Oise en passant devant l'Abbaye de Royaumont, là aussi un beau lieu à visiter, mais aussi à fréquenter pour l'intéressante programmation de sa saison musicale.

http://www.royaumont.com/fondation_abbaye/

Si vous avez le temps, faites un crochet par le petit "port" de Noisy sur Oise, sur un ancien bras de la rivière, avant d'arriver sur les villes plus peuplées de la vallée. A Beaumont sur Oise, une curiosité pour les plus de 40 ans, le cinéma Beaumont-Palace et sa façade de style années 50, qui a servi de générique à l'émission "la Dernière Séance" d'Eddy Mitchell entre 1982 et 1998. A noter que le décor intérieur est en harmonie avec la façade, avec ses fauteuils en velours rouge et son grand rideau. L'ambiance aussi est restée au siècle dernier, ici pas d'ados bouffant du pop-corn et discutant au téléphone avec leur copain deux rangées plus bas...


La promenade se termine : On passe à L'Isle-Adam, puis on rejoint Auvers sur Oise par une route offrant un beau point de vue sur l'église peinte par Van Gogh.

En résumé, près de 200 Km, avec les pauses variées et nécessaires, le pique-nique et les visites, comptez une bonne journée pour tout cela.


Pour finir la balade à table : 
   - L'Auberge Ravoux (où Van Gogh a vécu) est hors de la portée de toutes les bourses mais valait le détour il y a quelques années, je ne sais pas si c'est toujours le cas.

Pour des budgets plus raisonnables :
  - Le Palais d'Auvers (en bas du château) est un chinois plutôt correct
  - Le marocain "La Menara" (en face de la gare), les meilleures pastillas de la région !

Un peu plus loin (à peine), sur la route de Pontoise :
  - Crèperie "La Swanalea", cuisine inventive et soignée, d'excellents produits bien mis en valeur

Encore un peu plus loin sur cette même route, mais ça vaut le trajet :
  - Restaurant italien "la Halte de Chaponval", délicieux et accueillant...


Voilà, j'espère que cette balade vous aura permis de changer d'air et de point de vue sur les "bouseux"...


21 mai, 2013


Les Cinq Terres

Il y a des endroits comme ça, où on reste sur le c..

Au détour d'une route de montagne, on a la vue qui tombe à pic dans la mer et puis on voit, tout en bas, une petite ville rouge, bleue, jaune et des bateaux de la même couleur. C'est magique.

Alors, faut couper le moteur, retirer le casque et puis ouvrir grand les yeux, et là on reste suspendu, sans rien dire, le temps s'est arrêté.

On venait d'arriver aux Cinque Terre (les 5 terres, vous aviez pigé, c'est sympa l'italien, on comprend presque tout).

Pour vous situer, c'est là : http://goo.gl/maps/BZ5Vn

Un des sites ouaibe : http://www.cinqueterre.it/info.php

Après avoir longé la Riviera Italienne et son ambiance qui fait imaginer ce que devait être la Côte d'Azur dans les années 50, passez Gènes et suivez la côte jusqu'à Sestri Levante. Là, au bout d'une zone industrielle, vous tombez sur une file de voitures arrêtées, avec les conducteurs qui discutent entre eux ou lisent le journal en regardant nonchalamment vers un chronomètre affiché au-dessus de l'entrée d'un tunnel.

http://goo.gl/maps/cD44t

Le chronomètre se rapproche du zéro, plus aucune voiture ne vient en face, les petites minettes en scooter enfilent une veste alors qu'il fait 35°, les moteurs démarrent et gentiment, tout ce petit monde rentre dans la "Galleria". Et c'est parti pour un tunnel où il fait vraiment très froid (par comparaison avec l'extérieur, on comprend les minettes en anorak au mois de juillet), et où on pourrait toucher les bords en étendant les bras.

Tout d'un coup, le tunnel ressort à l'air libre pour 100 mètres, en plein éblouissement on a le temps de voir une petite plage avec 5 parasols et un marchand de gelatti, et on replonge dans les entrailles des Apennins. Rien que ça c'est déjà magique, on voudrait continuer ainsi durant des heures.

Au bout d'une dizaine de kilomètres de trou noir et de mini-stations balnéaires, on retrouve le ciel bleu, la route redevient normale et pas d'autre choix que de remonter dans la montagne et de suivre la crête. Enfin, c'est l'apparition miraculeuse, on est aux Cinque Terre.

Il s'agit d'un groupe de cinq villages coincés entre mer et montagne, qui vivent depuis des siècles de la vigne et de la pêche, répartis le long d'une côte abrupte qui va jusqu'à La Spezia. Pour chacun, une seule minuscule route pour accéder, en voiture il faut se garer à des kilomètres, heureusement en moto on peut arriver à l'entrée du village, ensuite c'est des petites rues fraîches, des places ensoleillées et des escaliers comme en Italie, on dirait le sud, avec du linge étendu sous les fenêtres et c'est joli...


Même pour un mois d'été, l'ambiance n'est pas trop touristique, il y a toujours des vrais gens qui habitent ici et vous parlent gentiment, et sont plutôt contents quand on leur dit qu'il sont dans le plus bel endroit du monde.

Chaque village a sa particularité, d'abord c'est Monterosso, la seule vraie station balnéaire avec sa plage à parasols ; Détail amusant, il y a une voie ferrée qui longe la côte et la gare est placée à deux pas de la plage.

Quand je dis deux pas, c'est deux pas : Entre le quai de gare et le sable, il y a un trottoir où on ne marche pas à trois de front. On voit donc les locaux descendre du wagon avec la serviette sur l'épaule, à la limite ils sont déjà en maillot, et sauter dans l'eau alors que le train est à peine reparti.


Ensuite il y a Vernazza et son petit port, Corniglia accrochée à la corniche et ses millions de marches pour descendre sur la mer, Manarola et enfin Riomaggiore où le port est si petit que les barques sont rangées dans les rues.



Tous les villages sont reliés par une voie ferrée, je l'ai dit plus haut, mais aussi par un sentier de randonnée où on découvre encore mieux ces paysages fabuleux.

Pour l'hébergement, à mon avis il faut réserver deux ans à l'avance ou payer le prix fort, on a trouvé un hôtel à 30 Km de la côte (5 Km à vol d'oiseau...), à Borghetto Di Vara, à côté de la station de bus.

http://goo.gl/maps/Gsuky

On aurait peut-être pu trouver plus près, mais c'était sympa, bon marché et refait à neuf, et la route était assez amusante pour aller aux Cinque Terre, même si on se faisait prendre 5 secondes au tour par les mômes en scooter, en chemisette et sans casque.

Dans les villages on trouve de quoi se restaurer sans problèmes,depuis l'épicerie pour le pique-nique jusqu'au restau *****, en passant par l'honnête pizzeria aux prix raisonnables.

Une fois dans votre vie, allez aux Cinque terre, c'est inoubliable, c'est l'Italie, que vous dire encore pour vous inciter à y aller ? Découvrez-les vous-même, chacun y trouvera son petit goût de paradis.

Je ne peux cependant pas parler de ce site sans évoquer une catastrophe survenue en octobre 2011, des terribles inondations ont ravagé la région, des villages ont été dévastés par des torrents de boue de près de 2 mètres de hauteur. J'ai même vu que l'hôtel cité plus haut avait été endommagé (il est près d'un pont sur une petite rivière qui n'était qu'un filet d'eau à chaque fois qu'on est passés par là), j'espère qu'ils ont pu s'en sortir, les proprios avaient fait des gros travaux dans l'un des bâtiments.

A priori, le courage et la ténacité des habitants ont permis de reconstruire au mieux, alors, ne serait-ce que pour rendre hommage à leur volonté de préserver ces sites, allez-y...







09 mai, 2013


Tharon-Plage, Mai 2013

En jonglant avec les ponts et les jours fériés, cette année en prenant 1/2 journée de RTT on arriverait presque à passer le mois de mai en vacances (j'exagère, mais presque pas).

Donc, on oublie de regarder le site de Météo-France et on part faire un tour sur les bords de Loire, promenade presque habituelle sur laquelle je reviendrai dans un futur message.

A force de descendre le cours du fleuve, on finit par arriver à son embouchure, forcément, et après l'estuaire on arrive sur le littoral, logique.

Icelui est muni de petites villes appelées "Stations Balnéaires", en plein essor depuis qu'un gouvernement progressiste a autorisé en 1936 le bas peuple à bénéficier de congés payés.

Au sud de l'estuaire, majestueusement gardé par le pont de Saint-Nazaire, on trouve des petits bijoux au charme suranné et aux rues défoncées par les racines des pins maritimes. En les parcourant, on découvre un échantillonnage complet de l'architecture représentative d'un lieu de villégiature, depuis la cabane de pêcheur jusqu'au bloc de béton que n'aurait pas renié le créateur de Brasilia, monsieur Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares, aussi appelé Nini par ses copains de bistrot.

Une promenade dans ces villages est aussi une balade dans le temps, et en hors-saison les locaux ont la parole facile et la fierté de leur contrée.

Découvrez donc Saint Brévin, Tharon-Plage, la pointe de Saint-Gildas, Préfailles et, dans un autre genre, le joli port de Pornic.

http://goo.gl/maps/CWwCU

Quelques adresses :

* Hôtel de la Côte de Jade à Tharon-Plage : La patronne est une artiste au style un peu surprenant et à l'éloquence remarquable, mais le lieu est sympathique et convivial
* Restaurant Le Bois Flotté, à 100m de l'hôtel : Pizzas originales et délicieuses, le secret c'est la pâte faite avec de la farine de sarrrasin, mais ne le dites à personne !