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25 avril, 2014


Vallée de la Loire
Nains de Jardin, Muddy Waters et loi Evin

Comme je vous disais dans l'article sur les boucles de la Seine, on aime bien suivre le cours des fleuves ; Ici je vous emmène suivre le plus long d'entre eux, rappelez-vous les cartes de géographie, cette grande virgule qui coupe la France en deux et qui, selon les présentateurs de la météo, sert de frontière entre le soleil du Sud et la grisaille du Nord.

La Loire n'est pas un fleuve comme les autres, elle peut être bouillonnante et impétueuse lors des crues de printemps, charriant dans ses eaux boueuses des airs de Mississippi, mais aussi indolente et paresseuse, se tortillant entre ses bancs de sable, laissant à nu une terre craquelée par le soleil d'Août, et on s'attend presque à voir quelques hippopotames bâiller dans un trou d'eau de ce Niger septentrional.

Les paysages sont aussi changeants que le fleuve, avec ses maisons et ses châteaux de pierre blanche qui prennent les couleurs du ciel, éclatants au soleil et nostalgiques sous la grisaille, ses vallons et ses plaines aux multiples couleurs du blé encore vert, du jaune explosif du colza, du rouge sang des coquelicots dans un pré ou du brun des terres labourées.

Un fleuve attachant, qu'il faut avoir vu à différentes périodes de l'année, et dont on ne se lasse pas.

Je vous propose aujourd'hui de descendre environ une moitié de son cours, jusqu'à l'estuaire et l'Océan Atlantique. La partie supérieure, on en parlera un autre jour.

Promenade un peu longue, qu'il est hors de question de parcourir en moins d'une semaine si on veut jouer les curieux, visiter les sites et savourer les produits locaux.

Car si l'eau coule en abondance (et parfois en excès) dans le lit parfois changeant (lui aussi) du fleuve, un autre liquide coule presque aussi abondamment sur ses berges, il s'agit d'une boisson à base de jus de raisin fermenté que la loi N° 91-32 du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme (dite "Loi Evin") interdit de promouvoir. Je me contenterai donc de citer des noms de villes comme Sancerre, Saint Nicolas de  Bourgeuil, Saumur, Chinon, Vouvray, qui savent mettre en valeur les produits de la terre et promouvoir l'artisanat local, à consommer avec modération.

Cependant mon but n'est pas d'aggraver votre cirrhose du foie, mais de vous faire découvrir quelques belles régions, ce qui n'empêche pas de se faire plaisir le soir à l'étape.

http://www.gitedesvignes-sancerre.com/Région.html

On commence donc à Sancerre, perchée sur son promontoire et qui vous donnera déjà un bel aperçu de la diversité des paysages et des plaisirs du fruit de la vigne. L'itinéraire suit ensuite, non pas le fleuve, mais le canal qui lui est parallèle, jusqu'à ce que celui-ci emprunte un pont bien connu à Briare, où l'eau passe au-dessus de l'eau.

En suivant le cours de la Loire, vous verrez à quel point celui-ci a pu évoluer au cours du temps, il en est pour preuve la longueur démesurée de certains ponts, dont une partie importante passe sur ce qui est actuellement des prés ou des friches, mais qui peuvent à tout moment se retrouver sous l'eau selon les caprices du fleuve ; C'est cela la magie de cette région, revenez 3 mois plus tard et l'aspect des lieux sera complètement différent.

D'autres endroits témoignent de la volonté de l'homme de contraindre un peu le fleuve à rester à sa place, il s'agit des digues ou "Levées", délimitant l'espace réservé à l'eau et celui dévolu à l'agriculture ; On est dans l'esprit des Polders hollandais mais, comme aux Pays-Bas, la bataille se joue jour après jour. Ces levées font de superbes routes suivant au plus près la Loire, et la dominant assez pour en donner un point de vue magnifique. La route entre Blois et Chaumont en est un excellent exemple.



A propos de Chaumont sur Loire, le joli petit château qui domine la vallée recèle en son parc une curiosité réputée des amateurs de verdure du monde entier, il s'agit du festival des Jardins, qui se déroule du milieu du printemps à la fin de l'été et qui présente les plus imaginatifs des créateurs d'espaces verts.

N'hésitez pas à passer une petite journée à découvrir des créations où la nature prend des allures déjantées, inattendues ou pour le moins originales.

Retrouvez les André Le Nôtre du 21è siècle sur :
 http://www.domaine-chaumont.fr/festival_festival




Puisqu'on parle de châteaux, impossible de tous les énumérer, Blois, Villandry, Amboise, Saumur... Certains comme Chaumont ou Chambord proposent des visites hors des parcours habituels : Les salles richement décorées sont alors délaissées pour une découverte de l'envers du décor, des combles où logeaient les petites gens ou des cuisines reconstituées dans l'ambiance de l'époque. Mais il faut aussi voir les petites villes qui longent le parcours, avec les maisons de pierre blanche évoquées plus haut, qui s'alignent sur les berges dans un ensemble parfait.


A Tours, on quitte un peu la Loire pour suivre le Cher, plus civilisé et bucolique, puis on retrouve le fleuve un peu avant Langeais et son château à l'allure médiévale.

On arrive ensuite à Saumur, ville très vivante et terre promise des amateurs de chevaux, moi c'est pas mon truc, les chevaux je les préfère à la vapeur et en quantité suffisante à la roue arrière, mais il en faut pour tous les goûts.

Après Angers, la route fait un petit crochet sur l'ile de Chalonne, une des plus vastes de la Loire, et bien que séparée du "continent" par seulement quelques centaines de mètres, l'ambiance est particulière de par ses habitants farouchement attachés à leur bout de terre. Il faut dire que celle-ci est recouverte parfois par plus de 50 centimètres d'eau, cela favorise la solidarité entre les iliens.

On évite Nantes, mais rien ne vous empêche d'y faire un saut si les grandes villes vous plaisent. En fait, c'est surtout un prétexte pour contourner les grands ponts et passer par le bac du Pellerin : A partir de là, on est dans l'estuaire, la Loire s'épaissit, s'élargit, s'étale en zones marécageuses mais aussi se garnit d'industries plus ou moins fréquentables.

Alors tant pis, on s'éloigne un peu de la Loire pour traverser Saint Nazaire et retrouver plus loin ce qui n'est plus un fleuve et déjà l'Océan : L'endroit où se termine ce périple est particulier car chargé d'histoire et connu des cinéphiles du monde entier, il s'agit de Saint Marc sur Mer, lieu du tournage des "Vacances de Monsieur Hulot" de Jacques Tati.

Je sais, il y en a que les films de Tati agacent prodigieusement, mais selon moi c'est quelqu'un qui est au cinéma ce que Picasso est à la peinture, rien de moins.

Petit coup de nostalgie, placez-vous à côté de la statue de Mr Hulot qui domine l'Hôtel de la Plage (par malheur la spéculation immobilière a remplacé la maison de la jolie blonde à l'électrophone par des hideux "petits immeubles de grand standing") et contemplez l'endroit où les eaux dévalant les monts du Vivarais se perdent dans l'Atlantique.

Ici passent d'autres voyageurs, qui s'en vont vers des pays lointains et ne reviendront peut-être pas, mais vous, j'en suis certain, vous reviendrez sur les bords de ce fleuve.

Quelques adresses :
- Hôtel du Rempart à Sancerre www.hotel-du-rempart.com , rustique mais une bonne table et une vue magnifique sur le vignoble.
- Hôtel de France et de Guise à Blois www.franceetguise.com, très classique mais bien situé et avec possibilité de garage fermé pour la moto. Un bon point de chute pour un week-end au festival de Chaumont.
- Hôtel Le Canter à Saumur http://www.hotel-lecanter.fr/ , un peu à part, mais la ville étant assez animée, un hôtel central n'est pas de tout repos ; Accueil sympathique, bon marché et là aussi un coin tranquille pour garer la moto.
- La Route du Sel à Ingrandes http://routedusel.free.fr/accueil.htm , vue sur Loire et cuisine soignée, confort correct (bien que la douche soit vraiment microscopique !)

Ces adresses sont localisées sur l'itinéraire.

D'ailleurs, l'itinéraire le voici, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps :

Sancerre - Pornic (format gdb)
Sancerre - Pornic (format gpx)


A noter que cet itinéraire ne se termine pas avec Monsieur Hulot mais continue vers le sud, pour le plaisir de prendre le grand pont de Saint-Nazaire et pour rejoindre les stations balnéaires : Saint Brévin, Tharon-Plage, la pointe Saint-Gildas et Pornic (voir l'article sur Tharon-Plage)


22 mars, 2014

Espagne, côté Atlantique

Episode 5 : Galice

La côte Atlantique qui remonte au nord de Porto donne un aperçu de ce que l'industrialisation du loisir peut faire de pire dans un paysage, histoire de rajouter un peu d'amertume dans notre sentiment envers ce séjour au Portugal.

Pourtant, lors d'un arrêt dans un petit village qui devait se composer il y a quelques années d'une dizaine de baraque de pêcheurs et qui se résume maintenant à un alignement de blocs de béton le long d'une voie rapide, on trouve un restau agréable, des gens aimables, toute une famille qui fait là sa réunion dominicale et nous accueille avec des grands sourires en voyant notre plaque d'immatriculation française ; La moitié des convives vient de Normandie et est rentrée passer ses vacances au pays.

Pas dupes sur notre enthousiasme mitigé, ils sont néanmoins contents que quelques touristes viennent dans leur région sans que des attaches familiales ou historiques ne les y invitent. On comprend alors que le maintien du lien affectif et la volonté d'assurer à leurs aïeux un logement décent priment sur l'esthétique des villes.

Plus au nord, on retrouve le paysage des rias avec l'embouchure du Rio Lima, surplombé par l'imposant rocher et la basilique de Viana Di Castelo, puis on longe les 20 kilomètres de l'estuaire du Rio Mihno, frontière naturelle entre le Portugal et l'Espagne, que l'on franchit entre Valença et Tui par un curieux pont mixte : Les voitures en-dessous, les trains au-dessus.



Une route vallonnée redescend ensuite sur un large ria, où se niche le port de Vigo, hier point de départ de l'immigration d'une part importante de l'Espagne vers les Etats-Unis, aujourd'hui ville animée et riche, où on replonge vite dans l'ambiance espagnole...

On repart le lendemain, avec pour se réveiller un menu épicé composé de paysages spectaculaires, de routes qui dévalent les montagnes pour suivre les rias, le tout servi bien chaud. Notre route s'infléchit et la boussole cesse de pointer vers le nord pour indiquer l'ouest, direction le bout du monde.

Enfin, pas vraiment le bout du monde, en réalité le cap Finisterre n'est pas le bout du continent Européen (c'est le Cabo da Roca au nord-ouest de Lisbonne), mais c'était le bout ultime du voyage pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. On fait un genre de pèlerinage nous aussi, alors nous voilà à une étape symbolique.

Par contre, on n'imitera pas les pèlerins et on ne laisse pas nos chaussures attachées à l'antenne qui domine le rocher, elles peuvent encore servir.

Curieusement, alors qu'à la boutique du Cap, au milieu des huit cent cinquante deux mille variations "Artistiques" autour du thème (et à base de) coquilles Saint-Jacques, une bouteille de 50 cl d'eau minérale (Française !) coûte un demi-mois de salaire, il est possible de se loger pour un prix très modique à deux pas du Cap, au bord de la plage de la Sardine. Une bonne nuit (pour une fois tranquille, les lieux ne sont pas très propices à la Movida...) et on repart, avec le même menu qu'hier mais on ne s'en lasse pas.

Au bout d'une journée à en prendre plein les yeux de mer et de montagne, de petits villages et de côte découpée aux recoins infinis, on tombe un peu par hasard sur un petit port.

Ca y est, on a trouvé, on ne va pas plus loin, c'est là qu'on va rester. Ca s'appelle O Vincendo, le village comporte 400 habitants au maximum, un hôtel à 30 Euros la nuit et des sites de rêve (voir photo en haut de l'article.

On ne sait pas si on repartira un jour.


Mieux que la NSA et le FBI réunis, espionnez nos péripéties Galiciennes  :

Porto - Cap Finisterre - Ovincedo.gdb
Porto - Cap Finisterre - Ovincedo.gpx


Bonnes adresses :
- Hôtel Nicola, à Sardineiro de Abajo (la Sardine !), sur la route du Cap. A noter, chez eux une seule assiette de spaghetti "Frutti di Mare" nourrirait une famille de 4 personnes durant une semaine.
- Pension Remo, rue Rosalio de Castro à O Vicendo. L'unique hôtel du coin marche avec l'unique restau du coin, un peu plus bas dans le village : L'accueil est chaleureux et le restau est sans prétention mais délicieux.

22 décembre, 2013

Espagne, côté Atlantique

Episode 3 :
Leon et Province de Zamora

On arrive donc à Leon, non sans quelques "Duels" avec les semi-remorques dévalant à toute berzingue la route du col du Pajares.

Après les sueurs froides, les sueurs chaudes, il fait 38 °C et la recherche d'un hôtel au milieu de la circulation, avec l'air chaud gentiment brassé par le ventilateur de la TDM qui remonte le long des jambes, ça tourne un peu au calvaire. Ici, pas de petite brise côtière, en plus on est sur un plateau à 800 mètres d'altitude, donc plus près du soleil.

A la limite du point de fusion de mon cerveau, j'entrevois une enseigne "Hôtel" sur un bâtiment un peu moins haut que la tour Eiffel, avec sur la façade un nombre d'étoiles dont n'osait même pas rêver un général soviétique. Tant pis pour le prix, on sature, alors on pose la moto et j'entre, et les deux cents mètres (environ) à parcourir entre la porte et le comptoir d'accueil me permettent de profiter durant quelques minutes d'une climatisation bienfaitrice qui me ferait presque abandonner mes convictions quant aux économies d'énergie.

En frissonnant un peu, non pas à cause du froid mais en imaginant le trou abyssal dans notre budget provoqué par notre besoin de passer une nuit reposante dans une chambre fraîche à deux pas du centre historique de la ville, je demande le prix de la chambre à une charmante hôtesse.

Celle-ci m'ayant répondu dans un français impeccable, pas d'erreur sur le montant : A 50 Euros, vu le nombre d'étoiles, si je calcule bien ça fait l'étoile à 12,50 Euros, ce qui place l'endroit en première position devant les établissements de la chaîne d'hôtels automatiques dont le nom évoque une compétition automobile (et la vitesse de course des cafards sur les murs...), ceux habituellement coincés entre le fond de la zone industrielle et l'autoroute.

Le frémissement me reprend quand on me précise que les déjeuners ne sont pas compris, mais coûtent 7 Euros par personne pour un buffet qui s'avérera gargantuesque. Bon, le café était un peu tiède, mais ça ira quand même.

Une promenade dans la vieille ville à la fraîche nous fait découvrir des merveilles d'architecture et une ambiance très agréable.


Tout en savourant un repas en terrasse pour un prix modique, nous faisons un bilan de ces derniers jours, et on confirme nos impressions sur ce pays :
- L'ambiance est sympa, le tout est d'attendre la fraîcheur du soir pour que les gens sortent et que les rues s'animent. Une fois la nuit tombée, il y a foule dehors, de 3 à 103 ans, et les restaurants et les bars se remplissent. Conséquence, les nuits sont parfois courtes...
- Les gens sont accueillants, et la plupart du temps, dès qu'on parle français, on tombe sur quelqu'un qui essaye ses rudiments de la langue de Molière. Il faut dire que les chemins que nous avons parcourus jusqu'alors ne sont pas ceux les plus fréquentés par les touristes (du moins ceux qui viennent du nord des Pyrénnées), alors les autochtones ont une certaine bienveillance envers ceux qui ont choisi leur région.
- Les prix sont attractifs, l'épisode de l'hôtel 4 étoiles qui coûterait le triple dans n'importe quelle ville moyenne en France n'est qu'un exemple parmi d'autres. L'essence aussi est bon marché, et on mange comme quatre dans les restaurants pour 10 euros chacun.
- La conduite sur route ne s'apparente pas à une corrida, les Espagnols respectent plus les autres usagers que les limitations de vitesse, mais c'est toujours à bon escient. On est loin du parisien moyen qui klaxonne au carrefour quand le feu vert sur l'autre voie COMMENCE à s'éteindre, et qui se met debout sur les freins au moindre virage sur une petite route de campagne.
- La moto est intégrée à la vie de tous les jours et considérée comme les autres moyens de transport et pas comme un jouet de voyou ou un outil pour cadre surbooké impatient d'arriver à l'heure à son rendez-vous. Attention quand même aux remontées de files, ce n'est pas encore totalement rentré dans les moeurs, le tout est de faire ça gentiment et pas façon "T-Max sur le périphérique à 6 heures du soir". De même, ne pas se garer n'importe où, mais tout ça ce sont des préceptes de base valables partout où on ne veut pas s'attirer des ennuis.

Cependant, j'ai cru comprendre que, du côté de la Méditerranée ou des villes touristiques du centre, cette jolie musique n'est pas la même, mais je laisse à ceux qui y sont allés le droit de nous contredire sur ces points.

Le lendemain, on repart (un peu tard !) vers le sud-ouest, pour rejoindre le Portugal par la Province de Zamora.

Le début du trajet n'est pas passionnant, on est sur un plateau écrasé de soleil, ça ressemble à la Beauce en période de canicule... Heureusement, les longues lignes droites permettent au Twin de se dégourdir les bielles, d'autant que la route est un vrai billard.

Insensiblement, le paysage et la végétation changent, les virages se resserrent ; Passé Castrocontigro, on attaque la montagne et là, la Beauce est devenue Causse. On est dans un désert de cailloux et d'arbres rabougris, seuls quelques villages abandonnés jalonnent la route (j'ai oublié, faites le plein en quittant Leon, si vous avez une autonomie un peu faible vous risquez des mauvaises surprises). J'ai un faible pour ce genre d'endroits (je vous raconterai le Causse Méjean un autre jour), alors je ralentis et on profite, d'autant que la température est redevenue raisonnable.

Une longue halte au joli village de Puebla de Sanabria, puis on aborde le Portugal par une route à virolos rigolos qui redescend ensuite sur Bragancia.

Ca y est, on est au pays de Magellan, de Vasco de Gama et de Christiano Ronaldo (cherchez l'intrus), et ça fera l'objet d'un prochain récit.


En attendant, les rubriques habituelles :

Magellan en aurait rêvé, Aristide Garmin et Thomas Gépéhesse (surnommé Tom-Tom par ses copains de lycées) l'ont fait, et vous pouvez les télécharger, ce sont les fichiers de l'itinéraire :

Leon - Bragancia.gdb (format GDB)
Leon - Bragancia.gpx (format GPX)

Une bonne adresse :
- Hôtel Eurostar, Calle de Velázquez, 18 ( http://www.eurostarsleon.com/FR/hotel.html )





27 octobre, 2013



Espagne, côté Atlantique

Episode 2 :
Cantabrie et Asturies

On continue à longer la côte Atlantique de l'Espagne, mais d'abord une mise au point : En racontant notre périple au-delà des Pyrénées, on m'a parfois rapporté des situations de "racket" de la part des autorités envers tout ce qui n'était pas muni d'une immatriculation ibérique, et qui faisaient moins penser à la mission d'un représentant de l'ordre et de la sécurité routière et plutôt à la façon d'agir du juge Roy Bean :


 (Un immense merci à Messieurs Goscinny et Morris pour un des meilleurs albums de Lucky Luke à mon goût)

Bien que je ne nie pas que de telles choses puissent être arrivées à certains, je peux dire qu'en plus de 3000 Km en Espagne et au Portugal, que ce soit sur autoroute ou sur route à peine revêtue, en stationnant en ville ou en m'amusant un peu sur les routes de montage, je n'ai jamais été confronté à ce genre de situation.
(Qu'on ne verrait jamais dans notre beau pays à nous, non ?)

Je dois dire aussi que mes seuls contacts avec l'autorité ont été à l'occasion de la recherche de mon chemin, et là ça s'est plutôt bien passé. De plus, j'ai pu constater que les Espagnols ont un respect très relatif des limitations de vitesse, et en suivant le même rythme qu'eux je n'ai pas eu le moindre souci.

On m'avait juste indiqué qu'il fallait posséder un gilet jaune par personne à bord d'un véhicule, et au cas où cette prescription vaut aussi pour les motos j'avais emporté deux vestes de pluie bardées de jaune, qui auraient pu passer pour la version française du gilet de sécurité. Ceci dit, ça n'est pas inutile d'être vu si les aléas de la mécanique vous stoppent au bord d'une route, depuis lors j'ai rangé un vrai gilet jaune sous ma selle (mais je ne conduis pas avec, je suis convaincu que ce n'est pas la solution à l'accidentologie des deux-roues !)

Bref, je garde mon excellente impression de mon périple motocycliste et ibérique.

Et l'office de tourisme espagnol ne m'a pas rétribué pour cette publicité.

Donc, protégés de la prévarication policière par notre bonne étoile, on passe en Cantabrie.

Insensiblement, depuis Bilbao, le paysage s'adoucit, les montagnes s'éloignent du littoral, remplacées par des collines verdoyantes.

Je précise "Verdoyantes" : Le nord de l'Espagne est aussi appelé "l'Espagne Verte", n'oublions pas qu'on est directement exposé à un vaste océan, face aux vents du Nord qui ne sont pas réputés pour être les plus chauds, et que les nuages véhiculés par ceux-ci sont facilement bloqués par les montagnes.

Tout ceci ne favorise pas la sècheresse, et j'ai cru comprendre que notre bonne étoile ne nous pas seulement protégé des ripous mais aussi de la pluie...

Par contre, on a constaté un phénomène assez curieux, constaté jusque sur les côtes portugaises : En plein milieu de journée, il n'est pas rare de voir arriver depuis la mer un nuage épais qui occulte le soleil quelques instants.
Niembro, 13 H 16
 La température chute de quelques dizaines de degrés, on sort les moufles et les polaires et on attend, ça finit par s'en aller.

J'exagère, mais à peine.

Niembro, 13 h 20
Toujours la faute au petit vent qui souffle imperceptiblement, et qui rafraîchit l'atmosphère. Au-delà de ce phénomène brumeux, cela signifie surtout que le lézardage risque vite de se transformer en cauchemar, la sensation de brûlure solaire étant masquée par le souffle d'Eole.

Mais reprenons notre chemin : On continue plus ou moins à longer la côte, avec le joli port de Castro Urdiales, puis la route s'éloigne un peu de la mer avant d'arriver à Laredo. Après le passage au milieu de la lagune sur une digue, la petite ville de Santona présente quelques curiosités : D'abord ce qui est peut-être la plus large "promenade" de bord de mer, qui borde ce qui est certainement la plage la plus étroite de toute la côte (moins d'un mètre). Le ratio entre les deux (du moins à marée haute) est assez amusant... On comprend que la plupart des baigneurs rejoignent les chaises-longues en béton armé disposées le long de l'allée principale.


L'autre centre d'intérêt est que Santona est la ville de l'anchois, n'y passez pas sans goûter les filets en boîte, d'une délicatesse extrême.

On rejoint ensuite la baie de Santander, mais la ville est à éviter pour des raisons de circulation intense et/ou d'asociabilité croissante de ma part, à vous de voir. Notre chemin passe ensuite par Comillas et San Vicente de la Barquera, les paysages deviennent de plus en plus doux, et au loin les Pics de L'Europe sont coiffés de blanc.


On passe dans les Asturies, courte visite dans la jolie ville de Llanes et son petit port en plein milieu de la ville, puis, le temps passant un peu trop vite, on choisit de prendre l'autoroute pour s'avancer un peu : Si on fait le compte depuis qu'on a passé la frontière, on doit rouler à une vitesse moyenne de 40 km/h, à ce train-là il va nous falloir 3 mois de vacances pour explorer le nord de la péninsule ibérique. Moi, je ne suis pas contre, il nous plaît bien ce pays, mais l'impitoyable oppression du capitalisme libéral sur les masses prolétariennes exploitées, vous savez ce que c'est...

On oblique donc vers le sud, mais pour monter vers la Castille on abandonne l'autoroute et ses tunnels pour prendre la route du col, impressionnante avec ses points de vue et ses passages à 17%.

Par contre, la descente vers le haut plateau de la Castille nous a fait un peu trop penser au film "Duel" avec les camions lancés à pleins gaz et acrobatiques à doubler. On est quand même arrivés à Leon, mais je vous raconterai ça une prochaine fois.


Pour vous laisser guider par les voix célestes :
Cantabrie.gpx
Cantabrie.gdb

Quelques adresses :
 * Hôtel Solatorre à la sortie de Comillas, sur la route de St Vincente, calme et à 2 pas de la ville
 * Toujours à Comillas, évitez les restaurants de la Plaza del Coro del Campios (LA place touristique de la ville), il y en a plein d'autres plus sympas dans les rues adjacentes, mais par contre allez au glacier de cette place, elles sont monstrueuses ! !




21 mai, 2013


Les Cinq Terres

Il y a des endroits comme ça, où on reste sur le c..

Au détour d'une route de montagne, on a la vue qui tombe à pic dans la mer et puis on voit, tout en bas, une petite ville rouge, bleue, jaune et des bateaux de la même couleur. C'est magique.

Alors, faut couper le moteur, retirer le casque et puis ouvrir grand les yeux, et là on reste suspendu, sans rien dire, le temps s'est arrêté.

On venait d'arriver aux Cinque Terre (les 5 terres, vous aviez pigé, c'est sympa l'italien, on comprend presque tout).

Pour vous situer, c'est là : http://goo.gl/maps/BZ5Vn

Un des sites ouaibe : http://www.cinqueterre.it/info.php

Après avoir longé la Riviera Italienne et son ambiance qui fait imaginer ce que devait être la Côte d'Azur dans les années 50, passez Gènes et suivez la côte jusqu'à Sestri Levante. Là, au bout d'une zone industrielle, vous tombez sur une file de voitures arrêtées, avec les conducteurs qui discutent entre eux ou lisent le journal en regardant nonchalamment vers un chronomètre affiché au-dessus de l'entrée d'un tunnel.

http://goo.gl/maps/cD44t

Le chronomètre se rapproche du zéro, plus aucune voiture ne vient en face, les petites minettes en scooter enfilent une veste alors qu'il fait 35°, les moteurs démarrent et gentiment, tout ce petit monde rentre dans la "Galleria". Et c'est parti pour un tunnel où il fait vraiment très froid (par comparaison avec l'extérieur, on comprend les minettes en anorak au mois de juillet), et où on pourrait toucher les bords en étendant les bras.

Tout d'un coup, le tunnel ressort à l'air libre pour 100 mètres, en plein éblouissement on a le temps de voir une petite plage avec 5 parasols et un marchand de gelatti, et on replonge dans les entrailles des Apennins. Rien que ça c'est déjà magique, on voudrait continuer ainsi durant des heures.

Au bout d'une dizaine de kilomètres de trou noir et de mini-stations balnéaires, on retrouve le ciel bleu, la route redevient normale et pas d'autre choix que de remonter dans la montagne et de suivre la crête. Enfin, c'est l'apparition miraculeuse, on est aux Cinque Terre.

Il s'agit d'un groupe de cinq villages coincés entre mer et montagne, qui vivent depuis des siècles de la vigne et de la pêche, répartis le long d'une côte abrupte qui va jusqu'à La Spezia. Pour chacun, une seule minuscule route pour accéder, en voiture il faut se garer à des kilomètres, heureusement en moto on peut arriver à l'entrée du village, ensuite c'est des petites rues fraîches, des places ensoleillées et des escaliers comme en Italie, on dirait le sud, avec du linge étendu sous les fenêtres et c'est joli...


Même pour un mois d'été, l'ambiance n'est pas trop touristique, il y a toujours des vrais gens qui habitent ici et vous parlent gentiment, et sont plutôt contents quand on leur dit qu'il sont dans le plus bel endroit du monde.

Chaque village a sa particularité, d'abord c'est Monterosso, la seule vraie station balnéaire avec sa plage à parasols ; Détail amusant, il y a une voie ferrée qui longe la côte et la gare est placée à deux pas de la plage.

Quand je dis deux pas, c'est deux pas : Entre le quai de gare et le sable, il y a un trottoir où on ne marche pas à trois de front. On voit donc les locaux descendre du wagon avec la serviette sur l'épaule, à la limite ils sont déjà en maillot, et sauter dans l'eau alors que le train est à peine reparti.


Ensuite il y a Vernazza et son petit port, Corniglia accrochée à la corniche et ses millions de marches pour descendre sur la mer, Manarola et enfin Riomaggiore où le port est si petit que les barques sont rangées dans les rues.



Tous les villages sont reliés par une voie ferrée, je l'ai dit plus haut, mais aussi par un sentier de randonnée où on découvre encore mieux ces paysages fabuleux.

Pour l'hébergement, à mon avis il faut réserver deux ans à l'avance ou payer le prix fort, on a trouvé un hôtel à 30 Km de la côte (5 Km à vol d'oiseau...), à Borghetto Di Vara, à côté de la station de bus.

http://goo.gl/maps/Gsuky

On aurait peut-être pu trouver plus près, mais c'était sympa, bon marché et refait à neuf, et la route était assez amusante pour aller aux Cinque Terre, même si on se faisait prendre 5 secondes au tour par les mômes en scooter, en chemisette et sans casque.

Dans les villages on trouve de quoi se restaurer sans problèmes,depuis l'épicerie pour le pique-nique jusqu'au restau *****, en passant par l'honnête pizzeria aux prix raisonnables.

Une fois dans votre vie, allez aux Cinque terre, c'est inoubliable, c'est l'Italie, que vous dire encore pour vous inciter à y aller ? Découvrez-les vous-même, chacun y trouvera son petit goût de paradis.

Je ne peux cependant pas parler de ce site sans évoquer une catastrophe survenue en octobre 2011, des terribles inondations ont ravagé la région, des villages ont été dévastés par des torrents de boue de près de 2 mètres de hauteur. J'ai même vu que l'hôtel cité plus haut avait été endommagé (il est près d'un pont sur une petite rivière qui n'était qu'un filet d'eau à chaque fois qu'on est passés par là), j'espère qu'ils ont pu s'en sortir, les proprios avaient fait des gros travaux dans l'un des bâtiments.

A priori, le courage et la ténacité des habitants ont permis de reconstruire au mieux, alors, ne serait-ce que pour rendre hommage à leur volonté de préserver ces sites, allez-y...







09 mai, 2013





Les Hôtels

Au début, le camping c'était sympa, pas cher, un peu aventureux et convivial.

Et puis j'ai remarqué qu'à l'instant précis où je ficelais la tente sur le porte-bagages de la moto, les nuages commençaient à s'accumuler au-dessus de nos têtes pour ne plus nous lâcher jusqu'à la fin des vacances (j’exagère, mais à peine).

Ensuite, avec l'âge, il a fallu rajouter un matelas pneumatique dans les bagages, parce que les silex et les taupinières rendent le confort de plus en plus précaire. En plus, avec le matériel de cuisine et tout le fourbi, ça laissait finalement assez peu de place pour les vêtements, d'autant qu'il fallait quand même en changer de temps en temps pour avoir un minimum de sensation d'être au sec (voir paragraphe précédent).

Enfin, toute une foule de petites choses (prix et propreté des campings dès que le lieu est un peu touristique, accueil des motards, etc.) nous ont décidés de laisser tomber l'association Camping&Moto.

Ma philosophie du voyage étant de surtout ne rien planifier et d'aller à mon rythme, il fallait que l'hébergement soit quand même assuré malgré l'abandon de la tente. Depuis plus de 10 ans maintenant on fonctionne avec les petits hôtels de ville, et ça marche plutôt bien.

Le principe est de commencer à chercher dès 17H00 et de suivre les panneaux dans les villes (en évitant les hôtels de chaînes, immanquablement situés au milieu des zones commerciales qui plombent l'entrée de 95% des villes de plus de 10000 habitants). Si le patelin dispose d'une gare, il y a des chances qu'un hôtel du même nom jouxte l'édifice...

Sinon, mister GPS peut aussi donner un coup de main, mais l'inscription étant payante, j'estime que 20% des hôtels n'y figurent pas, surtout parmi ceux à prix modique. Pensez aussi aux offices du tourisme, ils peuvent même chercher à votre place !

Avec cette méthode, on trouve de tout :
- La petite dame qui tient l'établissement depuis 40 ans et vous dorlote
- Les nouveaux propriétaires qui auraient dû être ébénistes, comptables ou charcutiers, mais jamais hôteliers
- Le bon couple de bistroquets moyens, papy à bedaine et mémère à chien-chien mais qui sillonne l'Europe en Harley dès la fin de la saison
- L'artiste allumée qui a décidé de refaire à sa façon la déco des chambres

Mais aussi des chambres immenses, des minuscules coincées sous les toits, un panorama exhaustif du papier peint ringard de 1950 à nos jours, un petit déjeuner assurant la survie pour trois jours, etc.

Bref, une bonne dose de découverte et d'aventure, toujours riche d'enseignement sur la race humaine.

Mais une ombre se profile sur ce petit monde, c'est le spectre hideux et tentaculaire de la NORME.

Une telle impose que les portes coupe-feu fussent munies de ressorts, une autre oblige les accès handicapés à n'en point être munis, une troisième règlemente la taille des verres à dents et les organismes de contrôle pour la sécurité incendie font régler les détecteurs de façon à déclencher l'alarme dès qu'on oublie une tranche de pain dans le grille-pain... Tout ceci coûtant un bras à chaque nouvelle règlementation.

Moralité, tous ces petits hôtels vont disparaître un jour au profit des chaînes précédemment évoquées ; Alors, si vous avez l'occasion, tentez votre chance à l'hôtel du coin de la rue, avec un peu de chance une bonne surprise vous attend !