Affichage des articles dont le libellé est Divers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Divers. Afficher tous les articles

12 août, 2015

Ca suffit maintenant !

Ca y est, profitant de l'inertie d'un été torride incitant à l'effort minimal et au désintérêt de la chose informative, la Camarde, cette grosse s... a recommencé à sévir, au nom d'une égalité qui veut qu'elle frappe indifféremment les plus pourris comme les meilleurs d'entre nous.

Après son coup d'éclat du mois de janvier, elle a de nouveau prouvé son habileté à utiliser la gomme à effacer envers les dessineux et autres comiques graphiques, en nous privant de nouvelles aventures de Mammouth et son rat préféré Piston.

Coyote nous a quittés, ça fait chier.

Si vous voyez un nuage blanc taché de noir, c'est sa Harley qui a agrémenté de taches d'huile un paradis un peu trop propre, même si l'endroit doit commencer à être plutôt rigolo maintenant que Cabu, Wolinski et leurs copains ont  refait la déco.

Aussi, avec Terry Pratchett pour le scénario et Leonard Nimoy (Mr Spock dans Star Trek), Patrick MacNee (John Steed dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir) et Christopher Lee (Dracula dans... Dracula) dans les rôles principaux, ça nous promet un sacré film pour la rentrée, avec des vrais morceaux de nostalgie dedans.

Pour peu que BB King se charge de la bande-son, on arriverait presque à trouver un côté sympa à ces mauvaises nouvelles.

Bon d'accord, madame la Faucheuse, mais faudrait voir à s'arrêter, ça va bien maintenant, on a compris que c'est toi qui auras toujours le dernier mot, mais au moins laisse-nous encore un peu de nos copains d'enfance (ou d'éternelle adolescence), tous ceux qui nous ont fait rire, ou claquer des doigts et battre la mesure, ce qui ont su nous émouvoir ou nous faire vibrer, voire même nous faire réfléchir, et dont je ne citerai pas le nom par peur d'attirer la malédiction sur leurs têtes...

Bien entendu, je suis triste, mais je vais relire toutes ses BD, pour rire un bon coup, et encore et toujours dénicher les allusions et références qui foisonnent à chaque coin de page, et qui montrent que ce nounours aux allures de voyou était un type cultivé, qui aimait les gens et se moquait des cons (pas méchamment, juste en les rendant ridicules, ce qui est peut-être la meilleure façon de les combattre), bref qui aimait la vie.

Salut, Coyote !

29 octobre, 2014


Je vais faire mes valises et foutre le camp...

(I'm gonna pack my bags and make a getaway, Chuck Berry, "Saint Louis Blues")

Attention, les lignes qui vont suivre énoncent des évidences, des règles de bon sens vieilles comme le monde, voire des conseils bétifiants.

Si vous n'avez pas envie de lire ce genre de choses et que votre longue expérience vous assure un voyage sans encombre et une route sereine pavée de pétales de roses et bordée de radars automatiques en panne, passez votre chemin.

Sinon, j'ose espérer que ces simples conseils, à la lumière d'expériences personnelles plus ou moins heureuses, seront utiles à certains rencontrés en route  ...

D'abord, et c'est triste à dire, mais le motard français des années 70-80, avec ses affaires ficelées sur la selle et emballées dans des sacs-poubelles bleus, à malheureusement disparu. Le sac-poubelle est maintenant gris ou noir, tout fout le camp...

De plus, sa fragilité évidente, qui fait que la cohabitation avec les crochets des tendeurs ouvrait une brèche béante à l'humidification du sac de couchage à la moindre averse, l'a renvoyé en son domaine initial, sous l'évier ou au fond du garage.

Le motard du 21e siècle est maintenant équipé en plastique dur, voire en métal brut de fonderie. Tout ceci assure à la fois solidité et protection contre le malandrin voleur de petites culottes, mais ces derniers temps la tendance est un peu à l'embonpoint et cela donne rapidement à votre fine gazelle motorisée un aspect éléphantesque, certes statutaire, mais parfois gênant dans les embouteillages parisiens ou les rues étroites des petits villages des Asturies.

Donc, premier point, en termes de bagagerie, voyez un peu plus petit que vous ne pensez, ainsi vous serez obligé d'optimiser le remplissage.

Il est indispensable aussi de répartir les masses, et un bon moyen pour cela, c'est la sacoche de réservoir. La fixation peut être aimantée, sur un tapis ou le bouchon de réservoir, selon les goûts. Le tapis fixé à demeure masque le réservoir mais le protège aussi des petits chocs. Attention, si vous roulez dans la poussière, il est impératif de nettoyer périodiquement l'intérieur du tapis sinon la poussière accumulée va se transformer en abrasif : Avec les vibrations et les petits mouvements du tapis sur le réservoir, ce dernier va se retrouver dépoli en un rien de temps...


Beaucoup de sacoches de réservoir peuvent se transformer en sac à dos, n'hésitez pas, c'est vraiment très pratique.

Attention, toutes ne sont pas aussi pratiques. Comme quoi il faut vérifier les dimensions avant d'acheter sur Internet.

Dernier point concernant la bagagerie, évitez de charger sur la fourche, ça donne peut-être un look "Easy Rider" mais ça n'est pas très optimal pour la conduite de la machine. A la rigueur une veste de pluie dans un paquet bien ficelé, mais pas une trousse à outils de 4 kilos...

Pour optimiser le contenu, quelques principes de base : Un peu de lessive ou de la petite monnaie (pour la laverie automatique) prennent beaucoup moins de place que du linge de rechange pour un mois. Bien entendu, cela n'est pas valable si vous envisagez de parcourir la piste allant de Dalanzagdad à Krasnokemensk en passant par le désert de Gobi, mais dans ce cas il se trouvera peu de gens pour vous reprocher votre tenue négligée..

De même, trois T-Shirts superposés font à peu près le même boulot qu'un pull moyen. Là aussi, si votre périple vous fait suivre la côte sud de l'Islande de Kirkjubaejarklaustur à Borgarfjörur Eystri au mois de mars, ça va être un peu juste, mais pour passer les cols des Alpes en redescendant sur la Côte d'Azur, ça suffira.

 Enfin, bon, même si il se met à faire plus chaud, ne retirez pas tout quand même...

Poursuivons dans l'optique de réduire les volumes tout en gardant l'indispensable, soyez un geek astucieux en choisissant vos jouets (téléphone, tablette, appareil photo, que sais-je) utilisant tous le même chargeur de batterie ; Le micro-USB commence a être une norme, mais certains constructeurs, dont un a repris le nom du label discographique des Beatles, s'assurent une originalité payante en personnalisant leurs connecteurs.

Si vous embarquez une "liseuse", avec la ferme intention de vous replonger dans La Recherche du Temps Perdu de Proust entre deux bastons avec les copains dans la montée du col de Tende, ajoutez à votre collection de romans policiers malgaches et vos poètes suédois le manuel d'atelier en PDF de votre moto, on trouve ça sur tous les forums dédiés à votre marque préférée et ça peut servir.

Toujours dans le domaine du numérique, téléchargez sur un site de partage de photos ou tout simplement envoyez-vous un mail avec les scans de vos documents d'identité, carte grise, et quelques photos de la moto. Sans être parano au point de craindre de vous faire détrousser de vos papiers et de votre pétoire par les indépendantistes berrichons de Nouan-le-Fuzelier, vous pourrez toujours montrer aux forces de l'ordre à quoi ressemblait votre chère B.. R1200CL avec sa peinture personnalisée.


 Le gendarme pourra ainsi vite vous rassurer, elle n'a pas été volée mais enlevée de la voie publique où elle était garée, pour outrage à l'esthétique.

Comme malgré mes conseils vous avez abusé un peu et rempli plus que de raison vos valises, vous n'avez peut-être pas remarqué, mais le couvercle ne joint plus très bien. Après 300 Km sous la pluie, votre espoir d'enfin enfiler des vêtements secs à l'étape va se transformer en cruelle désillusion. Redonnez un sens à l'existence des sacs-poubelle relégués sous l'évier (voir plus haut) en emballant dans iceux vos petites affaires avant de sauter à pieds joints sur la valise pour la fermer.

N'oubliez pas qu'on a TOUJOURS une bonne occasion de remplir encore plus ses bagages au cours du voyage : Le pique-nique du midi, un T-Shirt souvenir "Mes copains sont allés à Ambatofinandrahana et tout ce qu'ils m'ont ramené c'est ce T-Shirt idiot", le bidon d'huile acheté en route... Prévoyez donc de garder un peu de place vide, de préférence dans le top-case, la répartition des masses vous en sera reconnaissante.

(Pour les nuls en géographie, Ambatofinandrahana c'est sur la route numéro 35, un peu avant la bifurcation vers Ambohimanatahotra)

Ah, j'allais oublier, la moto ; Quelle est la meilleure moto pour voyager ? Réponse : La vôtre.

Celle que vous connaissez, qu'au fil du temps vous avez équipée pile-poil comme il faut, même si le résultat est parfois... surprenant (voir photo ci-dessus). et qui vous a appris que tout nouvel aménagement DOIT être essayé durant au moins 100 Km avant de partir faire la traversée du département de la Haute-Marne sans assistance.

Bien entendu, ce conseil est aussi valable pour votre équipement personnel : Rien de plus ennuyeux que de se rendre compte que les superbes gants qui étaient "un peu justes, mais ils vont se faire et puis en solde à ce prix c'est une affaire" vous font souffrir le martyre au bout de 50 bornes, ou qu'on avait oublié que le pantalon de pluie était déchiré précisément à l'endroit qui vous assure un bain de siège à la moindre averse. Parce que, évidemment, il vaut mieux faire cet essai un jour de pluie...


Rien de plus à dire, préparez-vous au mieux mais sachez que les meilleurs souvenirs sont aussi faits des petits tracas...


21 mars, 2014


Essai moto : Déraison et décomparaison (?)

Après ma faconde enthousiaste (voir l'article Comparaison n'est pas raison du mois de février) et l'unanime approbation des essayeurs dithyrambiques, il s'est agi d'opposer l'implacable rigueur mathématique à la subjectivité du motard moyen abusé par ses sens.

Le bicylindre Bavarois en question a donc été posé sur un banc d'essai par un magazine spécialisé dont je tairai le nom (qu'il vous suffise de savoir que son nom évoque le journalisme et la moto), à l'occasion d'un comparatif entre plusieurs machines qui revendiquent l'appellation "Maxi-trail" à cause d'une largeur de guidon, d'une hauteur de selle et d'une cylindrée déraisonnables.

Le résultat est sans conteste, les chiffres ne mentent pas (comme disait le patron de Lehman Brothers lors de la présentation de son bilan 2007) : 105 chevaux se pressent à la roue arrière.

Toujours soucieux d'une information impartiale, je me suis replongé dans l'article R311-1 du Code de la route qui précise qu'une motocyclette est un "véhicule de catégorie L3e ou L4e et dont la puissance n'excède pas 73, 6 kilowatts (100 ch)". De plus, l'article L317-5 de ce même code, que le monde entier nous envie par sa précision et sa limpidité, précise que "Le fait pour un professionnel de fabriquer, d'importer, d'exporter, d'exposer, d'offrir, de mettre en vente, de vendre, de proposer à la location ou d'inciter à acheter ou à utiliser un dispositif ayant pour objet de dépasser les limites réglementaires fixées en matière de vitesse, de cylindrée ou de puissance maximale du moteur d'un cyclomoteur, d'une motocyclette ou d'un quadricycle à moteur est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende"

On parle donc bien de la puissance MOTEUR qui est limitée à 100 canassons.

A cet instant, il convient pour moi de reconnaître mes torts et de rendre un vibrant hommage à un personnage injustement raillé dans mon message précité.

Herr Friedrich Kloncke n'a pas seulement inventé le train de pignons à deux dents de la boîte de vitesses de la K1600, il est aussi le seul être humain a avoir réussi à mettre au point la transmission à rendement positif.

Entre le vilebrequin entrainé par la poussée des grosses gamelles de 600 cc chacune mais bien entendu limité selon l'implacable législation française, et les sculptures caoutchouteuses du Tourance Next, 5 bourrins ont été gagnés, ce qui relève de l'exploit technologique.

D'autant qu'une quantité de Watts non négligeable est utilisée pour émettre une puissance acoustique et ferraillante qui rappelle l'embrayage à sec de certaines productions transalpines.

A moins que ce ne soit le mécanisme secret de Mr Kloncke qui produise ces bruits intempestifs ?

Je rends donc grâce à l'ingéniosité teutonne qui a trouvé un moyen astucieux de contourner une loi par ailleurs castratrice : Pour donner au motard moyen les sensations d'une machine non bridée tout en respectant à la lettre la loi, il suffit de munir la moto d'une transmission qui rajoute des chevaux à un moteur légalement limité.

Quand on pense à ces idiotes de motos de la concurrence qui sont encore équipées d'une transmission qui perd bêtement 10 à 20 % de la puissance du moteur !

Quant à l'affiche qui orne cet article, bien évidemment il n'y a aucune allusion, c'est un film que j'aime bien,c'est tout...

03 février, 2014


Essais moto : Comparaison n'est pas raison...



Ces deux derniers week-ends, j'ai eu l'occasion d'essayer deux machines d'une marque concurrente à ma marque préférée. Un diplômé d'une école de commerce aurait appelé ça du "Benchmarking", moi j'appelle ça "Ne pas mourir idiot".

Bien entendu, j'ai signé un pacte avec mon sang par une nuit de pleine lune et donc je n'ai pas le droit de révéler le nom des motos en question, qu'il vous suffise de savoir que la marque en trois initiales fait référence à la Bavière et que les modèles sont destinés au GelandeSport.

La première comporte devant une roue à rayons, au milieu un twin parallèle de 800 cc, au-dessus une selle perchée à une hauteur déraisonnable et derrière un garde-boue dont l'appellation est une hyperbole, voire un adynaton, en tout cas une manifestation d'ironie de la part des concepteurs.

Le tout se propulse à des vitesses appréciables, dans un confort relatif mais accompagné de vibrations qui m'ont fait craindre de retrouver mes ongles de doigts de pieds au fond de mes bottes. On peut dire que le moteur a du caractère, mais dans le sens "caractériel" du terme : J'ai eu plus l'impression d'avoir un twin 500 qui trépigne sur place qu'un bon gros 800 coupleux et rond qui vous pousse gentiment au derrière.

Pas de quoi s'extasier donc, mais quand même une bonne efficacité sur petites routes à condition d'avoir le pied gauche pas fainéant. La tenue de route est celle d'un trail, ça gigote et se tortille mais ça passe quand même. le freinage est correct mais lui aussi sans grandes sensations, même si l'efficacité est là.

L'équipement est pléthorique, du moins dans la version luxueuse du produit, avec ABS, ESP, ESA, et toutes ces petites choses qui font grimper le TTC. Le pare-brise est parfait et multifonctions : Il protège de la pluie et du vent, il renvoie ces derniers sur les mains et il permet de contrôler le fonctionnement des clignotants avant qui adorent se refléter dans icelui.

Toujours dans la série "Peut mieux faire", le compteur est illisible même si il regorge d'informations, pas pratique en ces temps de répres...sécurité routière. Le réservoir sous la selle, outre le fait qu'il empêche de disposer de valises d'une largeur raisonnable, présente l'intéressante particularité de refouler du goulot, et d'asperger soigneusement d'essence la selle et la main de celui qui tient le pistolet.

Pour la baston sur petites routes le dimanche après-midi ou les pistes du Maroc, ça ne doit pas être trop mal, mais pour aller bosser tous les jours dans les embouteillages si vous culminez à moins d'1,80 m ou pour faire Paris-Marseille dans la journée, je ne conseille pas.


Bon, on oublie, ce qui est assez facile, et on passe à la grande soeur de 1200cc, désormais refroidie par eau.


Ouf !


Oh, nom de D... !


P... de B... de M... !


(et toutes ces sortes de choses)


Alors ça, je ne suis pas près d'oublier.


Une fois comprise la façon de s'en servir, j'ai eu l'impression que PERSONNE ne pouvait rouler plus vite que moi.


Sur mon terrain de jeu préféré (voir les épisodes précédents, en particulier Balade en Pays de Bray ), j'ai pu rouler partout 30 à 40 Km/h plus vite que ce que j'imaginais possible. Je ne suis normalement pas un furieux de la poignée de gaz, mais là j'étais gonflé d'un souffle diabolique, j'étais hanté par toutes les succubes motardes sorties droit de l'enfer, le père Lankester Merrin n'aurait pas pu exorciser le démon qui m'habitait.


Bref, ça pousse, ça déménage, ça envoie, c'est du lourd, du costaud.


Et ça tient par terre.

Et ça freine qu'on a l'impression d'avoir un bâton dans la roue avant.


La génération d'avant (refroidie par air/huile) était déjà pas mal, mais alors là...

Bon, il y a des détails énervants, la selle est VRAIMENT trop haute, la béquille centrale n'est VRAIMENT pas pratique, aussi bien à cause de son ergot qui coince le talon quand on chausse un peu plus que du 36 et qu'on se met sur la pointe des pieds en roulant, qu'à cause de ce même ergot qu'il est impossible de trouver à l'arrêt (la béquille latérale n'est pas mieux), les commodos sont VRAIMENT trop compliqués (seul le code-phare est génial). Le compteur n'est pas non plus un modèle de lisibilité, mais de toute façon il faut partir du principe qu'il indique une vitesse égale au double de ce qui est normalement légal et raisonnable, alors...

Autre point à signaler, c'est une bonne nouvelle pour lui mais pas pour nous, l'usine a ré-embauché Herr Friedrich Kloncke, qui avait fini par prendre sa retraite après avoir achevé son oeuvre suprême, la boîte de la K1600 (celle qui a poussé à son apogée le principe du pignon à 2 dents) : Les bruits de boîte et de transmission sont insupportables. Enfin, avec un peu d'imagination, on se croirait à bord d'un V-Twin italien à embrayage à sec, c'est peut-être voulu par le marketing.

Dommage, les Air/Huile étaient exemplaires sur ce point, c'était onctueux comme du Nutella nappé de Chantilly, servi avec une sauce au miel... Là on est plutôt "Cracotte avec des éclats d'amande, saupoudré de gros sel". Ceci dit, ça fait du bruit mais pas d'à-coups, pas comme un six-cylindres cité plus haut.


Ici aussi, équipement avec des initiales partout, les possibilités offertes par la suspension à réglage électrique sont très larges et vraiment sensibles (ce qui n'était pas tout à fait le cas sur la 800). Le phare à LED est...éblouissant, le pare-brise réglable est bien conçu, le confort est excellent, sans grever la tenue de route, du moins dans les situations courantes, pour les grandes courbes de l'autoroute (allemande) au-dessus de 200 Km/h, il faudra sans doute faire des compromis.

Alors, supposons que j'aie un billet de 20 KE qui me brûle la poche, qu'est-ce que je fais ?

Eh bien, je n'hésite pas une seconde.

Je prends six mois de congés sans solde et je pars en vadrouille avec ma moto actuelle.

Parce que, franchement, même si j'ai rigolé durant une journée entière avec cet engin, je ne vois pas à quoi ça peut servir : C'est trop, too much, déraisonnable, insensé. A moins d'avoir 5 permis munis de 12 points chacun, de posséder une bonne étoile qui permette de se prémunir de l'automobiliste oublieux du rétroviseur, d'avoir besoin de faire Brest-Strasbourg une fois par semaine et de disposer d'un compte en banque (suisse) largement dimensionné, je ne me vois pas travailler, partir en vacances ou en week-end avec ça.

Ok, le moteur accepte d'enrouler gentiment, et n'est même pas désagréable à bas régimes, mais la tentation est grande, avec ce tube en caoutchouc noir lové au creux de la main droite qui vous susurre à l'oreille "Tourne-moi, tourne-moi".

Mes chroniques de blog finiront par ressembler au compte-rendu des chronos des manches du TT de l'Ile de Man (pas facile de regarder le paysage qui borde une petite route quand on la parcourt à 180), et ça je n'ai pas envie.

Enfin, il faut avoir connu ça, ça reste quand même une sacrée machine.

Après m'avoir lu, j'espère que vous saurez voir cette moto d'un oeil pragmatique et résister à la tentation.

Non ?

Si ?

Oh M...






27 octobre, 2013


Octobre 2013 : C'est l'Automne...

Les jours raccourcissent, on vient de passer à l'heure d'hiver, mais une accalmie dans la tempête nocturne laisse apparaître un beau coin de ciel bleu, alors en route pour une petite promenade (pour ceux que ça intéresse, voir l'article sur les châteaux du Vexin ).

Mon terrain de jeu habituel étant pourvu d'un nombre beaucoup plus important de chênes centenaires que de relais GSM, et les fermes étant plus nombreuses que les zones commerciales, quelques précautions de circulation s'imposent.

En effet, pour paraphraser Prévert, un motard se ramasse des pelles sur les feuilles mortes (à cause des arbres précités), surtout avec le coup de vent de la nuit précédente, mais il suffit d'intégrer le fait qu'être dans une forêt implique ce genre de désagrément et on arrive à survivre.

Beaucoup plus désagréables, les exploitants agricoles ont tendance à manifester une volonté d'expansion des terres cultivables, concrétisée par des tentatives de transformation de la route bitumée normale en un limon fertile, en y apposant une couche de boue grasse.

Bien entendu, ce phénomène peu propice à l'adhérence est localisé de préférence en sortie de virage ou après le sommet d'une côte (et avant un virage). A certains moments, les effets bénéfiques conjugués de ma bonne étoile, de pneus en bon état, d'un poil d'anticipation, d'une vitesse raisonnable et d'une méfiance maladive, voire paranoïaque, m'ont évité de poser mon digne postérieur au milieu d'un océan de gadoue infâme qui garnissait la route comme le Nutella sur la tartine du goûter de l'écolier gourmand affamé.

(Vous noterez que, malgré ma répugnance envers le matériau et mon agacement envers ces pratiques agricoles, j'ai utilisé une métaphore plutôt appétissante, bien qu'une autre idée me soit venue en tête à ce moment-là, mais il faut savoir garder de la tenue et de l'élégance même dans les circonstances les plus délicates)

Heureusement, certains fermiers dignes de ce nom et plus citoyens que la moyenne avertissent du danger avec des panneaux plus ou moins adéquats, dont le moins poétique n'est pas celui-ci :


Etant fragile du nez, je ne suis pas allé constater si le chantier d'ensilage en question était vilipendé par les riverains auteurs du panneau (la pestilence des végétaux en décomposition expliquant le "Bouh ! ", mal orthographié), ou s'il s'agissait bien d'un panneau d'avertissement de l'agriculteur concernant la "boue" générée par les engins du chantier, mal orthographiée également.

Ca aura eu le mérite de nous faire sourire...

En résumé, vivement l'hiver, les routes auront été lavées par les pluies de novembre et il n'y aura que le verglas à redouter...

24 juin, 2013



"La carte n'est pas le territoire"


D'accord, mais ça donne déjà une bonne idée... Quand on sait que cet aphorisme, énoncé par Alfred Korzybski, est considéré comme un jalon important dans le mouvement épistémologique moderne, une critique du système aristotélicien et une analyse de son substrat étiologique et pathologique, et l'émergence d'une méthode non-linéaire, on se dit qu'il ne devait pas souvent se balader en moto, l'Alfred.

(Tiens, vous aussi vous connaissez Wikipédia ?)

Moi, j'aime les cartes routières, c'est beau une carte, c'est un peu abstrait, il y a du constructivisme là-dedans, ou du Mondrian qui aurait perdu sa règle et son équerre..


Dépliez une carte et commencez à rêver : A côté du trait rouge, épais, qui file à travers la plaine, il y a le serpentin jaune, chemin des écoliers à moteur, qui se borde de vert en suivant la vallée de la petite rivière, qui va de Sainte-Beuve-en-Rivière à Ernemont-Boutavent, en passant par Beaubec-La-Rosière, rien que ça on a envie d'y aller.

Parenthèse : Repliez une carte et commencez à vous énerver. D'après Goscinny et Gotlib, on reconnait un mutant à sa capacité à replier une carte routière du premier coup. J'ajouterai qu'on reconnaît un motard à sa capacité à plier une carte routière de façon à laisser son parcours visible et de façon à ce qu'elle rentre dans la pochette supérieure de sa sacoche de réservoir.

Peine perdue, les pochettes supérieures des sacoches de réservoir sont TOUJOURS un poil trop petites pour y laisser entrer une carte routière, fût-elle pliée par un mutant.

Fin de la parenthèse, qui vous a laissé le temps d'aller commander en urgence la collection complète des "Rubrique-à-Brac" des auteurs précités.

Une carte routière, c'est comme un dictionnaire, on la consulte d'abord pour une raison précise puis on se laisse entraîner, dans un dico c'est par les autres mots de la page ou des renvois aux autres définitions, avec une carte ce sont les points remarquables ou les sites historiques que l'on voit du coin de l'oeil à proximité de la route que l'on doit suivre.

Essayez de faire ça avec une carte de GPS, vous n'y arriverez pas, c'est pas fait pour.

" Le GPS n'est pas la carte"

Selon moi, les deux sont complémentaires : Une balade se prépare avec une carte, sur un coin de table, on repère les coins sympas, les routes touristiques, les points de vue et on reporte tout ça dans la boîte grise. Comme ça, on ne se perd plus au coin de la départementale 235 et de la départementale 325, à moins que ce ne soit la départementale 535, ou on n'hésite plus entre la Ville-des-Bois et BoisVille ou La Ville-Forêt.

Je n'exagère pas, près de chez moi il y a plusieurs villages dans un rayon de 20 Km dont les noms se terminent tous en "Ville" et ont pratiquement la même prononciation, à une lettre près. Impossible de faire confiance uniquement à sa mémoire...


L'inverse est également possible : On part au hasard tout en enregistrant son trajet, que l'on reporte ensuite sur une carte, ou que l'on suit sur Google Earth : C'est là qu'on voit que le chemin est passé à côté d'un petit lac sympa ou d'un village intéressant.

Mais le GPS en moto, c'est un non-sens, on ne peut pas passer son temps avec le nez dessus (en voiture non plus d'ailleurs, du moins il me semble) et on ne peut pas entendre la voix suave et néanmoins impersonnelle vous inviter à "Tour - ner àdroite dandeussan cinq - ant'mètres". Alors, faut bricoler un peu, dans un prochain message je vous donnerai quelques astuces pour vous équiper à moindres frais...

En attendant, à l'ancienne, faites-vous un itinéraire avec des cartes, du papier et un crayon, avec un peu de chance vous découvrirez les Indes à l'ouest de l'océan Atlantique.

Comme je le disais à Alfred au bar des 4 Chemins alors qu'on discutait du substrat étiologique de ses histoires de carte et de territoire :

"Le trajet n'est pas la route"

(Je vous laisse réfléchir là-dessus, dans deux heures je ramasse les copies)


25 mai, 2013



Alors voilà

Aujourd'hui, pas de moto, pas de voyages, pas de restau, rien, juste l'envie de faire partager une bonne adresse, virtuelle.

Parce que le monde est moche, parce qu'il est beau, parce qu'il est pourri par le pognon ou ensoleillé par un môme qui rigole, mais qu'il est composé de gens avec des vrais morceaux d'humanité dedans, allez voir :

http://alorsvoila.centerblog.net/

Non, je veux dire, allez VRAIMENT voir ce blog.

Après ça je me dis que j'ai l'air un peu futile d'encombrer le WWW à raconter mes souvenirs à deux balles, mais bon, il en faut aussi du futile et du léger de temps en temps...

A ce propos, tant qu'on parle de bonnes adresses du net, moi j'aime bien :

http://www.mozinor.com/
et
http://vidberg.blog.lemonde.fr/

Parce que faut pas non plus trop se prendre au sérieux !

09 mai, 2013





Les Hôtels

Au début, le camping c'était sympa, pas cher, un peu aventureux et convivial.

Et puis j'ai remarqué qu'à l'instant précis où je ficelais la tente sur le porte-bagages de la moto, les nuages commençaient à s'accumuler au-dessus de nos têtes pour ne plus nous lâcher jusqu'à la fin des vacances (j’exagère, mais à peine).

Ensuite, avec l'âge, il a fallu rajouter un matelas pneumatique dans les bagages, parce que les silex et les taupinières rendent le confort de plus en plus précaire. En plus, avec le matériel de cuisine et tout le fourbi, ça laissait finalement assez peu de place pour les vêtements, d'autant qu'il fallait quand même en changer de temps en temps pour avoir un minimum de sensation d'être au sec (voir paragraphe précédent).

Enfin, toute une foule de petites choses (prix et propreté des campings dès que le lieu est un peu touristique, accueil des motards, etc.) nous ont décidés de laisser tomber l'association Camping&Moto.

Ma philosophie du voyage étant de surtout ne rien planifier et d'aller à mon rythme, il fallait que l'hébergement soit quand même assuré malgré l'abandon de la tente. Depuis plus de 10 ans maintenant on fonctionne avec les petits hôtels de ville, et ça marche plutôt bien.

Le principe est de commencer à chercher dès 17H00 et de suivre les panneaux dans les villes (en évitant les hôtels de chaînes, immanquablement situés au milieu des zones commerciales qui plombent l'entrée de 95% des villes de plus de 10000 habitants). Si le patelin dispose d'une gare, il y a des chances qu'un hôtel du même nom jouxte l'édifice...

Sinon, mister GPS peut aussi donner un coup de main, mais l'inscription étant payante, j'estime que 20% des hôtels n'y figurent pas, surtout parmi ceux à prix modique. Pensez aussi aux offices du tourisme, ils peuvent même chercher à votre place !

Avec cette méthode, on trouve de tout :
- La petite dame qui tient l'établissement depuis 40 ans et vous dorlote
- Les nouveaux propriétaires qui auraient dû être ébénistes, comptables ou charcutiers, mais jamais hôteliers
- Le bon couple de bistroquets moyens, papy à bedaine et mémère à chien-chien mais qui sillonne l'Europe en Harley dès la fin de la saison
- L'artiste allumée qui a décidé de refaire à sa façon la déco des chambres

Mais aussi des chambres immenses, des minuscules coincées sous les toits, un panorama exhaustif du papier peint ringard de 1950 à nos jours, un petit déjeuner assurant la survie pour trois jours, etc.

Bref, une bonne dose de découverte et d'aventure, toujours riche d'enseignement sur la race humaine.

Mais une ombre se profile sur ce petit monde, c'est le spectre hideux et tentaculaire de la NORME.

Une telle impose que les portes coupe-feu fussent munies de ressorts, une autre oblige les accès handicapés à n'en point être munis, une troisième règlemente la taille des verres à dents et les organismes de contrôle pour la sécurité incendie font régler les détecteurs de façon à déclencher l'alarme dès qu'on oublie une tranche de pain dans le grille-pain... Tout ceci coûtant un bras à chaque nouvelle règlementation.

Moralité, tous ces petits hôtels vont disparaître un jour au profit des chaînes précédemment évoquées ; Alors, si vous avez l'occasion, tentez votre chance à l'hôtel du coin de la rue, avec un peu de chance une bonne surprise vous attend !

Introduction 

Bonjour à toutes et tous.

Depuis 40 ans, je roule en moto et j'ai toujours eu l'envie de faire partager mes découvertes, mes bonnes adresses, mes coups de cœur et mes coups de gueule.

Selon mon temps disponible, je publierai sur ce blog mes balades récentes, mais je remonterai aussi dans mes souvenirs ; La chronologie ne sera donc pas la caractéristique principale de ce blog !

Pour cette raison, certaines adresses ne seront peut-être plus aussi bonnes que lors de mon passage, voire les lieux n'existeront plus, les montagnes auront été déplacées pour laisser passer une autoroute, que sais-je...  Merci de votre indulgence si les informations ne sont plus valides, libre à vous de les actualiser dans vos commentaires.

De même, la photo n'est pas ma préoccupation principale lors de mes déplacements, je préfère en prendre plein les yeux, alors l'illustration de mes articles risque d'être un peu pauvre. Par contre, dans la mesure du possible, je posterai des liens vers les sites Web, sur les cartes Google et (si je trouve comment ça marche) je mettrai à disposition en téléchargement des fichiers d'itinéraire pour les GPS.

Et puis, comme il m'arrive aussi de m’arrêter de rouler, on pourra aussi discuter de choses et d'autres, selon l'humeur du moment et vos commentaires...

Amicalement, Joël

Si vous ne voulez pas publier un commentaire, vous pouvez aussi m'envoyer directement un mail : Retrouvez-moi sur mon profil et cliquez sur "E-Mail"