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14 mai, 2017



Les (Toutes) Petites Routes du Vexin

 
Aujourd'hui, une petite balade avec la XT, mais pas question de brusquer la mécanique, alors bien entendu pas de route en "A" ou en "E", pas plus de "N", tout au plus quelques "D" et surtout des "C".

C'est quoi les "C" ? Selon le Code de la Voirie routière, il s'agit des voies qui font partie du domaine public routier communal, autrement dit les routes qui se limitent au territoire d'une commune, éventuellement à la liaison entre deux communes limitrophes.

Autant dire qu'on est loin des grands axes routiers Européens caractérisés pour la plupart par un mur ininterrompu de camions sur la file de droite, qui ne laisse entrevoir le paysage que pour admirer les zones industrielles ou les plates-formes logistiques.

Non, là on est sur des bandes de bitumes qui datent à peu près de l'invention du Macadam, qu'on n’ose pas affubler d'une bande blanche de signalisation au sol, d'abord parce que la peinture masquerait une bonne largeur de la voie, et puis parce qu'il n'est pas utile d'interdire le dépassement alors que la largeur est à peine suffisante pour laisser passer une seule voiture.

En outre, ce qui ne vous aura pas échappé, ces routes sont soumises à l'article L141-9 de la Loi 89-413 1989-06-22 du 24 juin 1989, autant dire que le bitume précité présente la plupart du temps tous les symptômes de la desquamation, voire de l'épidermolyse bulleuse, parfois même du syndrome de Parry-Romberg, sans parler de l'hypertrichose qui se manifeste par de l'herbe qui pousse au milieu de la chaussée, comme quoi la nature reprend toujours ses droits.

Je sais, c'est pas beau à voir, mais sur une route ce n'est pas trop grave, on est là pour regarder le paysage, alors tant pis pour les déformations intempestives et les amas de gravillons en sortie de virage, je vous l'avais bien dit de ne pas prendre une hypersport de 200 CV pour aller sur mon terrain de jeu.

Non, là les 30 canassons de presque 40 ans d'âge du gros mono sont amplement suffisants, et même en 125 ça fera une jolie promenade.

Le but du jeu est donc de tourner autour du Vexin en empruntant les plus petites routes possible, prémisse pas plus idiote que celle de prendre l'A5 pour faire la course avec le TGV, avec une conclusion moins aléatoire.

Voilà mon trajet, à vous de l'agrémenter, d'autant qu'il recoupe un peu de l'itinéraire des Châteaux du Vexin



Départ de l'Isle-Adam, charmante cité balnéaire dont j'ai déjà cité le système féodal, on verra plus loin que ce n'est pas la seule bourgade du Val d'Oise à s'enorgueillir d'une telle oligarchie.

On passe ensuite de petites vallées à des espaces plus dégagés et agricolo-intensifs, mais le patchwork vert et jaune des champs de blé ou de colza de ce milieu de printemps fait un paysage plutôt sympathique, même si le parfum... délicat du colza peut rebuter un peu les fosses nasales des habitués des particules fines parisiennes.

A propos de plaisir des sens, outre l'olfaction, la vue sera encore plus comblée si cette balade, assez courte (2 à 3 heures selon les pauses-pipi et pauses-photo), est faite le matin ou en fin d'après-midi pour bénéficier d'une belle lumière.

Outre les beautés de Dame Nature, on rencontre quelques petits villages nichés au creux de vallons ou à l'abri des bois et forêts, avec leurs vieilles pierres admirablement mises en valeur qui ont beaucoup de charme. D'accord, on n'est pas pour autant dans la "France Profonde", ça ne respire pas la pauvreté mais pour une fois que l'abondance de moyens ne se traduit pas par des fautes de goût on ne va pas s'en plaindre.

A noter le passage par Theuville, certainement le plus petit village et peut-être le plus grand lieu mythique du département, presque village-fantôme autour duquel la légende de "La Duchesse" va bon train.

Je n'ai pas pu vérifier les informations, la plupart des sites web reprenant peu ou prou le même texte, je vous engage donc à vérifier par vous-même.

L'un de ces sites présente l'avantage d'afficher quelques belles photos, dont une que j'ai honteusement volée pour illustrer cet article.



Retour à l'Isle-Adam, vous pouvez remettre les valises sur la GS 1200 sans risquer de les érafler de chaque côté de la route.

Si vous faites cette balade le matin, voici une bonne adresse, sur le retour, pour le repas du midi :

22 mai, 2016


Les boucles de Seine, épisode II

Bon, après ces derniers articles un peu déprimants, on va revenir aux fondamentaux et à ce qui, du moins pour moi, a remplacé 30 années de psychanalyse et m'a certainement évité de m'enrôler dans une secte, voire (c'est pire) d'adhérer à un parti politique : La balade moto.

J'appelle ça la moto-thérapie, essayez, vous verrez, c'est efficace, ça soigne à peu près tout, à part peut-être les affections des voies respiratoires si votre casque ne ferme pas bien et le mal de dos si vous fréquentez trop les routes du Vexin.

Aujourd'hui, toujours dans la grande série des bords de fleuve, je vous propose un parcours alternatif au best-seller de ce blog (voir http://baladadeuxroues.blogspot.fr/2013/08/les-boucles-de-la-seine.html ), qui suit les méandres de la Seine autour de Rouen.

On part toujours de Magny en Vexin, mais la route varie un peu ensuite et passe par le plateau avant de redescendre sur la Seine et passer devant le château de la Roche-Guyon, célèbre pour avoir vu sa tour "La Bove" figurer dans un album de Blake et Mortimer et surtout pour être une des étapes de mon tour des châteaux du Vexin (un autre best-seller de ce blog, allez voir http://baladadeuxroues.blogspot.fr/2013/07/les-chateaux-du-vexin.html )

Ensuite, quelques variantes par rapport à l'itinéraire initial, en gros là où on passait sur la rive gauche on passe sur la rive droite et réciproquement, mais pas toujours.

Un petit détour à noter en particulier, la montée à la côte des Deux-Amants, intéressante pour le point de vue sur le fleuve. Selon votre style de conduite, vous pourrez en profiter pour "Rouler sur la bande de peur", ou "Couper les bras de Bibendum", expressions imagées dont les auteurs se reconnaîtront et qui indique une tendance à ne pas user les pneus que sur le milieu de la bande de roulement.

Mais on s'éloigne de l'esprit de la balade, si vous voulez jouer à ça, roulez sur les circuits, vous y serez plus en sécurité ; En tous cas essayez de montrer à la populace locale que le motard moyen n'est pas forcément un abruti qui se déplace en bande de 20 énergumènes qui font des burns et des déclenchements de rupteur à chaque feu rouge de la route qui longe la Seine en-dessous de Rouen... Si c'est votre jeu préféré, ne venez pas vous plaindre de la répression sécuritaire et évitez de me faire un signe de main au passage, vous ne récolterez que des insultes en retour.

Bon, passons...

Les habituels fichiers pour votre GPS :

Boucles de Seine 2.gpx
Boucles de Seine 2.gdb

Bonne balade !










04 novembre, 2014



On ira où tu voudras, quand tu voudras...

Aujourd'hui, pas de digression oiseuse, pas de diatribe véhémente envers un des nombreux torts de notre monde moderne, non, juste une belle balade pour profiter de l'exceptionnelle météo qui pare ce mois d'octobre d'une lumière d'or.

Cette saison, chantée par un benêt strabique dont le seul point commun avec l'auteur de ces lignes est la date d'anniversaire (merci d'y penser la prochaine fois) et le goût pour les pains au chocolat (Ya-Ya Ya-Ya), est appelée été indien et présente en effet un contraste délicieux avec la saison précédente, appelée été français, aussi médiatisée sous le vocable d'été pourri.

Si c'est une conséquence du réchauffement climatique, j'en viendrais presque à dénoncer en mon nom le protocole de Kyoto afin de pouvoir profiter de la douceur automnale le plus longtemps possible avant de s'enfoncer dans les rigueurs hivernales.

Une jolie promenade donc, à travers les plaines et vallons du pays de Bray, presque frontière entre la Picardie et la Normandie, au point que les maisons en briques rouges se partagent l'espace avec les fermettes à colombages. Le labyrinthe ornant la nef de la cathédrale d'Amiens n'est pas sans rappeler l'entrelacs de petites routes vous conduira jusqu'à cette étape importante (mais non obligatoire) de cet itinéraire, depuis la station balnéaire mais néanmoins banlieusarde de L'Isle-Adam.

Profitez donc de la lumière douce de l'arrière-saison pour savourer les couleurs fauves des bois sillonnés par le premier itinéraire, et réservez votre première promenade du mois de juin à la seconde balade, variante de la précédente, qui évite Amiens et vous fera passer par Gerberoy, ville des roses. Telle qu'au début de 19è siècle, elle est le site de tournage de nombreux films et son charme suranné ne vous laissera pas indifférent, vous qui cachez votre coeur de midinette sous un tatouage Harley-Davidson du plus bel effet.

On est donc passé de l'Indian à l'Harley, belle transition sur laquelle je conclurai ce petit article...

Pour ne pas trop vous perdre, suivez le guide :

Itinéraire 1 : Amiens
Amiens - Pays de Bray (format gdb)
Amiens - Pays de Bray (format gpx)


Itinéraire 2 : Gerberoy
Gerberoy - Pays de Bray (format gdb)
Gerberoy - Pays de Bray (format gpx)

25 avril, 2014


Vallée de la Loire
Nains de Jardin, Muddy Waters et loi Evin

Comme je vous disais dans l'article sur les boucles de la Seine, on aime bien suivre le cours des fleuves ; Ici je vous emmène suivre le plus long d'entre eux, rappelez-vous les cartes de géographie, cette grande virgule qui coupe la France en deux et qui, selon les présentateurs de la météo, sert de frontière entre le soleil du Sud et la grisaille du Nord.

La Loire n'est pas un fleuve comme les autres, elle peut être bouillonnante et impétueuse lors des crues de printemps, charriant dans ses eaux boueuses des airs de Mississippi, mais aussi indolente et paresseuse, se tortillant entre ses bancs de sable, laissant à nu une terre craquelée par le soleil d'Août, et on s'attend presque à voir quelques hippopotames bâiller dans un trou d'eau de ce Niger septentrional.

Les paysages sont aussi changeants que le fleuve, avec ses maisons et ses châteaux de pierre blanche qui prennent les couleurs du ciel, éclatants au soleil et nostalgiques sous la grisaille, ses vallons et ses plaines aux multiples couleurs du blé encore vert, du jaune explosif du colza, du rouge sang des coquelicots dans un pré ou du brun des terres labourées.

Un fleuve attachant, qu'il faut avoir vu à différentes périodes de l'année, et dont on ne se lasse pas.

Je vous propose aujourd'hui de descendre environ une moitié de son cours, jusqu'à l'estuaire et l'Océan Atlantique. La partie supérieure, on en parlera un autre jour.

Promenade un peu longue, qu'il est hors de question de parcourir en moins d'une semaine si on veut jouer les curieux, visiter les sites et savourer les produits locaux.

Car si l'eau coule en abondance (et parfois en excès) dans le lit parfois changeant (lui aussi) du fleuve, un autre liquide coule presque aussi abondamment sur ses berges, il s'agit d'une boisson à base de jus de raisin fermenté que la loi N° 91-32 du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme (dite "Loi Evin") interdit de promouvoir. Je me contenterai donc de citer des noms de villes comme Sancerre, Saint Nicolas de  Bourgeuil, Saumur, Chinon, Vouvray, qui savent mettre en valeur les produits de la terre et promouvoir l'artisanat local, à consommer avec modération.

Cependant mon but n'est pas d'aggraver votre cirrhose du foie, mais de vous faire découvrir quelques belles régions, ce qui n'empêche pas de se faire plaisir le soir à l'étape.

http://www.gitedesvignes-sancerre.com/Région.html

On commence donc à Sancerre, perchée sur son promontoire et qui vous donnera déjà un bel aperçu de la diversité des paysages et des plaisirs du fruit de la vigne. L'itinéraire suit ensuite, non pas le fleuve, mais le canal qui lui est parallèle, jusqu'à ce que celui-ci emprunte un pont bien connu à Briare, où l'eau passe au-dessus de l'eau.

En suivant le cours de la Loire, vous verrez à quel point celui-ci a pu évoluer au cours du temps, il en est pour preuve la longueur démesurée de certains ponts, dont une partie importante passe sur ce qui est actuellement des prés ou des friches, mais qui peuvent à tout moment se retrouver sous l'eau selon les caprices du fleuve ; C'est cela la magie de cette région, revenez 3 mois plus tard et l'aspect des lieux sera complètement différent.

D'autres endroits témoignent de la volonté de l'homme de contraindre un peu le fleuve à rester à sa place, il s'agit des digues ou "Levées", délimitant l'espace réservé à l'eau et celui dévolu à l'agriculture ; On est dans l'esprit des Polders hollandais mais, comme aux Pays-Bas, la bataille se joue jour après jour. Ces levées font de superbes routes suivant au plus près la Loire, et la dominant assez pour en donner un point de vue magnifique. La route entre Blois et Chaumont en est un excellent exemple.



A propos de Chaumont sur Loire, le joli petit château qui domine la vallée recèle en son parc une curiosité réputée des amateurs de verdure du monde entier, il s'agit du festival des Jardins, qui se déroule du milieu du printemps à la fin de l'été et qui présente les plus imaginatifs des créateurs d'espaces verts.

N'hésitez pas à passer une petite journée à découvrir des créations où la nature prend des allures déjantées, inattendues ou pour le moins originales.

Retrouvez les André Le Nôtre du 21è siècle sur :
 http://www.domaine-chaumont.fr/festival_festival




Puisqu'on parle de châteaux, impossible de tous les énumérer, Blois, Villandry, Amboise, Saumur... Certains comme Chaumont ou Chambord proposent des visites hors des parcours habituels : Les salles richement décorées sont alors délaissées pour une découverte de l'envers du décor, des combles où logeaient les petites gens ou des cuisines reconstituées dans l'ambiance de l'époque. Mais il faut aussi voir les petites villes qui longent le parcours, avec les maisons de pierre blanche évoquées plus haut, qui s'alignent sur les berges dans un ensemble parfait.


A Tours, on quitte un peu la Loire pour suivre le Cher, plus civilisé et bucolique, puis on retrouve le fleuve un peu avant Langeais et son château à l'allure médiévale.

On arrive ensuite à Saumur, ville très vivante et terre promise des amateurs de chevaux, moi c'est pas mon truc, les chevaux je les préfère à la vapeur et en quantité suffisante à la roue arrière, mais il en faut pour tous les goûts.

Après Angers, la route fait un petit crochet sur l'ile de Chalonne, une des plus vastes de la Loire, et bien que séparée du "continent" par seulement quelques centaines de mètres, l'ambiance est particulière de par ses habitants farouchement attachés à leur bout de terre. Il faut dire que celle-ci est recouverte parfois par plus de 50 centimètres d'eau, cela favorise la solidarité entre les iliens.

On évite Nantes, mais rien ne vous empêche d'y faire un saut si les grandes villes vous plaisent. En fait, c'est surtout un prétexte pour contourner les grands ponts et passer par le bac du Pellerin : A partir de là, on est dans l'estuaire, la Loire s'épaissit, s'élargit, s'étale en zones marécageuses mais aussi se garnit d'industries plus ou moins fréquentables.

Alors tant pis, on s'éloigne un peu de la Loire pour traverser Saint Nazaire et retrouver plus loin ce qui n'est plus un fleuve et déjà l'Océan : L'endroit où se termine ce périple est particulier car chargé d'histoire et connu des cinéphiles du monde entier, il s'agit de Saint Marc sur Mer, lieu du tournage des "Vacances de Monsieur Hulot" de Jacques Tati.

Je sais, il y en a que les films de Tati agacent prodigieusement, mais selon moi c'est quelqu'un qui est au cinéma ce que Picasso est à la peinture, rien de moins.

Petit coup de nostalgie, placez-vous à côté de la statue de Mr Hulot qui domine l'Hôtel de la Plage (par malheur la spéculation immobilière a remplacé la maison de la jolie blonde à l'électrophone par des hideux "petits immeubles de grand standing") et contemplez l'endroit où les eaux dévalant les monts du Vivarais se perdent dans l'Atlantique.

Ici passent d'autres voyageurs, qui s'en vont vers des pays lointains et ne reviendront peut-être pas, mais vous, j'en suis certain, vous reviendrez sur les bords de ce fleuve.

Quelques adresses :
- Hôtel du Rempart à Sancerre www.hotel-du-rempart.com , rustique mais une bonne table et une vue magnifique sur le vignoble.
- Hôtel de France et de Guise à Blois www.franceetguise.com, très classique mais bien situé et avec possibilité de garage fermé pour la moto. Un bon point de chute pour un week-end au festival de Chaumont.
- Hôtel Le Canter à Saumur http://www.hotel-lecanter.fr/ , un peu à part, mais la ville étant assez animée, un hôtel central n'est pas de tout repos ; Accueil sympathique, bon marché et là aussi un coin tranquille pour garer la moto.
- La Route du Sel à Ingrandes http://routedusel.free.fr/accueil.htm , vue sur Loire et cuisine soignée, confort correct (bien que la douche soit vraiment microscopique !)

Ces adresses sont localisées sur l'itinéraire.

D'ailleurs, l'itinéraire le voici, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps :

Sancerre - Pornic (format gdb)
Sancerre - Pornic (format gpx)


A noter que cet itinéraire ne se termine pas avec Monsieur Hulot mais continue vers le sud, pour le plaisir de prendre le grand pont de Saint-Nazaire et pour rejoindre les stations balnéaires : Saint Brévin, Tharon-Plage, la pointe Saint-Gildas et Pornic (voir l'article sur Tharon-Plage)


08 janvier, 2014


Espagne, côté Atlantique

Episode 4 :
Le Portugal

Aujourd'hui, on est toujours en Ibérie mais du côté lusitanien ; Autant dire qu'on est passés dans une faille du continuum spatio-temporel, à plus d'un titre : Déjà, il y un décalage d'une heure avec l'Espagne, ce qui est logique car le temps de l'extrémité occidentale du continent ne doit pas être identique à celui du bout oriental de l'Autriche-Hongrie.

Imaginez, quand le soleil se couche à 8 heures, pendant que vous dégustez des Hortobágyi Palacsinta au restau de la gare de Kispàlad, il reste encore quelques bon moments pour profiter de la douceur de la plage à Figueira do Guincho, donc l'horloge affiche une heure en moins, c'est logique.


Par contre, le décalage d'ambiance est assez déroutant. Pour tout dire, autant on s'est sentis à l'aise en Espagne, autant on n'a pas compris ou perçu le Portugal.


Un séjour à Lisbonne il y a quelques années nous avait donné un aperçu du charme de la vie portugaise, et les nombreux témoignages d'amis voyageurs nous avaient incités à retourner dans ce pays, mais là, j'avoue que le courant n'est pas passé. Non pas que l'accueil ait été mauvais, loin de là, aucun désagrément n'est venu entacher notre périple, mais simplement on est passés à côté du pays.


Quelques explications à cela, afin de ne pas vous ôter l'envie d'aller y voir par vous-même : Déjà, le Nord du Portugal ce n'est pas le Sud, c'est bizarre mais dans tous les pays c'est comme ça, le sud de la Suède a un côté nonchalant que n'a pas le Nord de l'Italie.

Ensuite, le pays ne semble pas être au mieux de sa forme économiquement parlant ; D'accord, 99% des pays de l'Europe sont à peu près dans le même état, mais c'est là qu'intervient la mentalité des habitants : Pour caricaturer, face à une telle situation, l'italien se débrouille, le français râle sur le gouvernement, l'espagnol s'en fout et fait la fête et le portugais travaille dur.


Parce qu'on sent que les gens ne sont pas là pour rigoler, à priori la crise de 2008 a touché durement la population active, qui est allée voir à l'autre bout de l'Europe si il n'était pas possible de se faire un peu d'argent... Moralité, peu de jeunes (en dehors de Porto), pas de mise en valeur ni d'entretien du patrimoine et une ambiance un peu tristounette.


Enfin, un épisode peut expliquer ces impressions : Le premier soir de notre arrivée dans le pays, à Bragancia,  pendant qu'on goûtait à la Bacalhao, une télé tonitruait dans le restaurant. Soudain, un type à l'air sombre est venu annoncer un autre type à l'air encore plus sombre qui s'est mis à débiter des sombritudes derrière un pupitre gouvernemental. Au fur et à mesure, les gens prenaient le même air sombre... Le débat qui s'en est suivi parmi les clients du restau nous a indiqué sans équivoque que les mois qui allaient suivre pour eux et le reste de la population n'allaient pas être de la tarte, ni même du Pasteis de Nata (un genre de petit flan, délicieux).

Seconde déception, les informations ont continué et malgré le brouhaha (il n'y a pas que les Français qui râlent après le gouvernement), on a compris que le zone où sévissaient des terribles incendies de forêt était justement celle où on comptait commencer à suivre la vallée de la Douro, site incontournable selon la majorité des visiteurs de ce pays.


Donc, on a décidé d'abord de ne plus regarder la télé durant les vacances, puis d'aller voir plus bas et rejoindre la Douro plus en aval vers Porto.



Troisième déception, ce n'est sans doute pas la plus belle partie de la vallée : Même si les vignobles accrochés à flanc de coteau témoignent, s'il en était besoin, de la ténacité du portugais à exploiter au mieux la terre aride de son pays, le paysage finit par manquer de variété, d'autant que, comme évoqué précédemment, le patrimoine n'est pas mis en valeur : Pas de possibilité de visite malgré la présence de noms prestigieux du vin de Porto, les lieux d'histoire sont délaissés au profit de bâtiments récents et fonctionnels. Enfin, le climat est vraiment dur à supporter, le soleil tape fort et l'ombre est aussi parcimonieuse que la charcuterie dans un sandwich TGV.





Arrivés à Porto, on décide de rester un peu. Certes, la ville est plutôt agréable mais on sent ici aussi un manque de moyens : La décrépitude ce n'est pas la même chose que le charme surranné... Les contrastes sont étonnants, sur les "Champs-Elysées" de la ville les immeubles des compagnies bancaires côtoient un immense hôtel aux fenêtres murées, un terrain vague avec quelques maisons effondrées jouxte un centre commercial flambant neuf, sur des rues entières des maisons décorées d'Azulejos (carreaux de décoration en faïence, aux tons bleus) sont aussi couvertes de tags. Tout ce bric-à-brac donne l'impression d'un choix délibéré de laisser les choses à l'abandon et de reconstruire du neuf, plutôt que de conserver les vestiges du passé.


Il est vrai que c'est beaucoup plus simple, et que ça coûte moins cher. C'est aussi symptomatique d'un pays qui se tourne vers le futur et renie son passé, ce qui peut se comprendre étant donné l'histoire récente de ce peuple.


Désolé, j'ai gâché l'ambiance, mais le but d'un article de blog est aussi de donner un point de vue, fut-il à l'encontre des autres opinions.

Cependant, je répète que les gens sont accueillants, le coût de la vie n'est pas très élevé et il y a quand même beaucoup de choses à voir, et je suis convaincu que ce pays mérite de s'y attacher, mais cette fois-ci on n'y est pas arrivés; Donc, allez-y, faites-vous votre propre opinion, regardez le Portugal avec d'autres yeux et un autre esprit et partagez votre expérience.

En regardant les photos et en replongeant dans nos souvenirs pour écrire cet article, finalement on se dit qu'on était pas si mal au Portugal, c'est juste qu'on avait peut-être pas assimilé le décalage d'une heure...

Dans le prochain article, on retourne en Espagne, en Galice pour être précis, et là on va retrouver le sourire (qu'on avait pas vraiment perdu, d'ailleurs).


Pour nous suivre :
Bragancia-Porto (format gdb)
Bragancia-Porto (format gpx)

Mais la vallée de la Douro commence bien plus haut, donc voici la route théorique, qu'on aurait pu emprunter si le pays n'était pas en feu... (Sans garantie, c'est une route compilée d'après les cartes et les infos glanées ici ou là, mais on n'a pas pu y passer et donc la vérifier)
Bragancia-Porto par la vallée de la Douro (format gdb)
Bragancia-Porto par la vallée de la Douro (format gpx)

Deux adresses plutôt bonnes :

Le seul hôtel de Lamego, à peu près à mi-chemin, assez luxueux mais pas trop cher : http://www.hotellamego.pt/en/

L'auberge Vice-Rei, un hôtel sans prétention mais bon marché et assez proche du centre de Porto :
http://www.hotelvicerei.com/index.php?run=presentation&l=2

Ces deux hôtels sont indiqués sur l'itinéraire.

30 août, 2013

 


Les boucles de la Seine.

La balade en moto, au hasard, c'est bien, mais ce qui est sympa aussi c'est de se fixer un thème et décliner autour.

Par exemple, on a un thème depuis plusieurs années, c'est de suivre les fleuves. Que ce soit pour une journée ou pour toutes les vacances, on a suivi ainsi les quatre grands fleuves français, mais aussi une bonne partie du Danube, un peu le Rhin et la Douro (au Portugal).

Pourquoi les fleuves ? La réponse est sans appel : Parce que.

Parce que c'est le long des fleuves que le patrimoine est le plus riche, l'eau ayant été de tout temps un axe de communication pour les hommes et les marchandises. Je ne sais pas ce qu'on lèguera comme patrimoine aux générations futures le long des autoroutes, mais à mon avis ça sera moins agréable à l'oeil.

Parce qu'il se dégage souvent une certaine ambiance au bord de l'eau, que ça fait ressurgir les souvenirs des cours de géo, où on découvrait avec émerveillement les beautés de la France, que Saint-Brieuc était au bord de la Garonne et que la Seine fut la voie de communication privilégiée pour le transport du charbon des mines de Vendée vers la Méditerranée.

(J'étais au fond de la classe et le prof ne parlait pas fort, en tous cas il ne couvrait pas nos bavardages, faut m'excuser si je commets encore quelques erreurs).

Donc, aujourd'hui, c'est la Seine.

Plus précisément en aval de Paris, donc les Ile-De-Français peuvent faire la balade dans la journée et être à l'heure pour ne pas louper les embouteillages de fin de week-end.

Pour se faire guider par les géostationnaires, c'est là :

Boucles de Seine (Format GDB)

Boucles de Seine (Format GPX)


On commence à Magny en Vexin, petite commune au nord-ouest de Paris et pas du tout au bord de la Seine. Pourquoi ? Parce que c'est près de chez moi et qu'il faut bien commencer quelque part, mais surtout pour chauffer les pneus avec une route extrêmement sympathique, qui rejoint les bords de Seine à Vernon. Les Parisiens intra-muros pourront toujours prendre l'autoroute pour rallier Vernon, mais louperont quelque chose. Pour les autres, attention pour rejoindre Magny, la route est radarisée et 3 points en moins ça gâcherait la journée.

A ce sujet, pour une fois je ne jetterai pas l'anathème sur les hyper-sports, qu'ils viennent les aficionados du slider, les fondus du GSCBRRZX1-R(R), ceux qui ont vendu leur âme au Diablo Rosso Corsa, ils vont rigoler.

Pas tout le temps, mais ils vont rigoler.

On met donc la poignée dans le coin en sortant de Magny, on laisse à gauche la route qui mène à La Roche-Guyon, objet d'une autre balade (voir l'article sur les Châteaux du Vexin ) et on passe devant les jardins de Claude Monet à Giverny. La maison du peintre présente une belle collection d'estampes japonaises, c'est à mon sens l'un des seuls attraits de la visite : Pour les jardins, personnellement j'ai du mal à imaginer la vision de l'artiste peignant "Les Nymphéas" en voyant une horde de touristes déambulant au milieu des rosiers, mais bon... On passe donc notre chemin et on arrive à la vallée de la Seine et ses falaises de craie.

On longe (plus ou moins près, ce n'est pas toujours facile) ensuite le fleuve vers Les Andelys. Si vous voulez faire le détour, le Chateau-Gaillard qui domine la ville est impressionnant, sinon vous en aurez une belle vue après être passé sur la rive gauche à Gaillon. A noter que la balade peut aussi bien longer la Seine à toucher l'eau ou en haut d'une falaise de 60 mètres, cela donne des routes viroleuses et rigolotes.

La route prend parfois des allures de chemin muletier, si vous roulez en BMW GS avec l'option valises larges, priez pour qu'un de vos collègues n'ait pas eu l'idée de suivre l'itinéraire en sens inverse, vous aurez du mal à vous croiser...

C'est là que vous verrez des petits hameaux tranquilles au bord de l'eau, des chaumières où on se dit qu'il doit faire bon vivre, on ne se croirait pas à 1 heure de Paris. A ce sujet, évitez de suivre cet itinéraire à 10 motos en pot piste, les gens du coin on droit à un peu de calme...

Petite halte à Portejoie, c'est l'heure du pique-nique !


Après la sieste, on continue. Arrivés à Orival, on va éviter de passer par Rouen, d'autant que le route qui va suivre et nous emmener au château de Robert le Diable (on parle beaucoup du Malin, ces derniers temps, hum, hum...) vaut le détour. Une fois les reposes-pieds bien râpés, on souffle un peu en haut de la côte et on redescend vers La Bouille. A partir de là, on remarque que la Seine a pris de l'embonpoint : Le trafic des bateaux n'est plus le même, c'est du lourd, du transatlantique.

De même, la route est plus large, les terrains de maisons sont plus vastes, mais le point de vue est toujours aussi plaisant, voire majestueux.


Malheureusement on ne peut pas suivre comme ça très longtemps, dommage pour le point de vue mais tant mieux pour l'agrément de la route qui remonte en virolant sur le plateau.

On parlait des cours de géo tout à l'heure, maintenant je vous convoque pour passer le bac. 

Ben oui, avec la largeur du fleuve, les rives qui sont sont à 60 mètres de haut d'un côté et au ras de l'eau de l'autre, difficile de poser un pont, alors c'est parti pour une micro-croisière de 2 minutes pour changer de bord. Pas d'inquiétude, c'est gratuit et les traversées sont fréquentes, du moins le week-end et en saison "touristique".

Il y a parfois un peu d'attente, juste assez pour constater avec dépit que la sale manie qui consiste à mettre en route son moteur le matin et ne pas l'éteindre jusqu'au soir gagne de plus en plus, même chez les deux-roues... Si ça vous intéresse, c'est vrai que, pour un arrêt de courte durée, ça consomme plus d'éteindre et de rallumer un moteur que de le laisser tourner.

Seulement, ce n'est vrai que pour un arrêt inférieur à 20 secondes pour un moteur à essence et 40 secondes pour un diesel. Pour un arrêt de plus longue durée, c'est du bruit, de la fumée et du carburant brûlé pour rien. Alors quand je vois des voitures tourner 10 minutes pendant que leur conducteur est parti chercher des clopes et discute avec le buraliste, ça me donne envie d'emmener la bagnole 1 kilomètre plus loin.

Bon, on ne s'énerve pas, mais le pique-nique ayant un peu duré, il est temps de retourner à la maison. A la descente du bateau on tourne donc à droite en direction de Rouen, et normalement après Saint-Martin de Bocherville vous devriez vous faire tourner autour par tous les furieux Rouennais motorisés.

Ou pas, si vous êtes vous-même muni de l'outil adéquat et chaussé de slicks.

Après ça, on redescend sur Rouen ; Un petit moment de détente au pub de la place du général de Gaulle, en face de l'abbatiale et il faut songer au retour.

Plusieurs possibilités : Si vous visez le centre de Paris et êtes pressé, l'autoroute vous tend les bras, à vous les joies de l'interfile pendant 20 kilomètres pour peu que la balade ait eu lieu le dimanche. Si vous êtes plutôt au nord et pressé, la route directe vers Cergy-Pontoise vous fera connaître les plaisirs de la ligne droite et plate (à part un ou deux endroits rigolos mais courts), avec en prime les incessants changements de limitation de vitesse et les pièges à points de permis qui vont avec.

Si il vous reste un peu d'énergie et pas trop de douleurs fessières, on va continuer un petit peu à longer la Seine puis la vallée de l'Andelle. A remarquer, sur la gauche entre Caleville et Radepont, ce qui ressemble aux vestiges d'une cathédrale anglaise mais qui est tout ce qui reste d'une étonnante filature créée au 19è siècle par un industriel illuminé.


On continue ensuite à travers la campagne en passant par Les Andelys, une belle montée nous emmène ensuite sur le bout du plateau du Vexin où l'on rejoint la route de Magny. Si vous voulez encore une petite dose d'adrénaline, continuez directement par la route du début de l'itinéraire, sinon échappez-vous sur la gauche pour continuer à explorer les (toutes) petites routes.

Une fois à Magny, y'à plus qu'a rentrer à la maison, avec (j'espère!) des images plein la tête...

Vous voyez, le coup des rivières et des fleuves, ça permet de se trouver des itinéraires en partant de l'idée de suivre le cours, puis on s'aperçoit que ça n'est pas toujours possible (sinon en vélo sur les chemins de halage), mais tant pis, on s'éloigne, on traîne dans des coins sympas, on surplombe et puis on retrouve l'eau au détour d'une petite route.

Qu'il s'agisse de de suivre le Doulon de Saint-Germain l'Herm à Vals le Chastel ou La Loire du Puy à Nantes, l'important c'est la balade et la découverte...


Mise à jour : Un parcours alternatif vous attend à l'adresse ci-dessous
http://baladadeuxroues.blogspot.fr/2016/05/Bouclesdeseine2.html

Bonne promenade !


24 août, 2013

Les châteaux du Vexin



Les châteaux du Vexin

Le Vexin est une région de l'Ile de France située environ à 30 Km au nord-ouest de Paris, connue pour son relief vallonné, ses routes en piteux état et ses petits villages pleins de charme.

Je vous invite aujourd'hui à découvrir les châteaux nichés au creux des troisièmes en parcourant le premier sur les deuxièmes. Je ne sais pas si tout le monde a suivi, mais je me comprends.

A propos des deuxièmes (les routes en piteux état...), j'ai déjà évoqué l'inadéquation totale des motos hypersports sur le type de terrain que j'ai l'habitude d'emprunter, mais vous faites ce que vous voulez, c'est vos vertèbres à vous.

Pour le rodbouc satellisé, c'est par là :

Chateaux vexin (Format GPX)
Chateaux vexin (Format GDB)


Ce sont plus de 30 châteaux ou grosses demeures qu'on va apercevoir au cours d'une balade de 160 Km environ, soit une bonne journée au rythme des pauses photos ou autres besoins naturels.

Pourquoi les châteaux ? Parce qu'il faut bien un prétexte pour griller du pétrole en ces temps de disette énergétique et de bien-pensance écologique, donc, on prétend qu'on fait du culturel et du patrimoine et ça passe. Et puis c'est joli, ces vieilles pierres, y'a de l'histoire là-dedans, du ci-devant qu'a perdu la tête fin 18ème et du bourgeois qui se fait une particule... Je plaisante, j'en connais, il y a aussi des gens comme vouzémoi qui aiment leur région et qui se battent pour lui conserver une esthétique bafouée à coup de HLM à l'horizontale et de zones commerciales panneautées à outrance.

Bon, fini de râler, on commence à Pontoise, au 10 de l'avenue Gabriel Delarue pour être précis. Pourquoi ce rendez-vous à une endroit qui ressemble à une ancienne station-service (d'ailleurs, C'EST une ancienne station-service) ? C'est que vous allez certainement pique-niquer en cours de route, et cet établissement est, mine de rien, la meilleure boulangerie à 50 Km à la ronde, et surtout, on trouve ici le meilleur pain d'épices de tout l'univers connu (celui de Denib VII est pas mal non plus, mais il ne faut pas oublier de prendre son Koks avant de striker).

Une fois la provision de calories gourmandes effectuée, on part vers les bords de l'Oise, d'ailleurs, une fois au pont de Pontoise, tournez à droite pour aller acheter de quoi mettre sur les tartines à la boucherie-charcuterie située à deux pas du rond-point, de l'autre côté du pont, la terrine de sanglier vaut le détour.

On continue vers le premier site de cette balade, le château d'Hérouville, qu'on a un peu de mal à apercevoir depuis la route, mais qui est un lieu chargé d'histoire, et pas si ancienne que ça puisque c'est là qu'était situé un studio d'enregistrement qui fut fréquenté par le gratin de la musique rock des années 70 et 80, de Pink Floyd à Nina Hagen en passant par Higelin et Bavid Bowie... On repart sur la route de briques jaunes (Elton John y est passé aussi) jusqu'à Auvers sur Oise, un des rares châteaux que l'on peut visiter.

La route nous mène vers Méry sur Oise (en passant sur le pont d'Auvers, retournez-vous pour apercevoir l'église peinte par Van Gogh), une autre château un peu caché derrière l'église, mais si vous avez le temps faites un tour dans le parc, il y a des arbres remarquables. La route longe ensuite l'Oise vers l'Isle-Adam en passant devant le château de Stors, bien endommagé mais en cours de restauration.

A l'Isle-Adam, on passe devant le château des ducs de Conti, puis on quitte la vallée de l'Oise pour Labbeville, où on aperçoit un petit castel au fond d'un parc.

A ce propos, une petite remarque : L'itinéraire que je vous propose est à effectuer de préférence dans le sens indiqué, car certains châteaux ne sont visibles qu'en suivant cette direction. A moins de vous retourner toutes les cinq minutes, le sens inverse est à éviter, et vous risquez de louper la moitié des sites.

On poursuit notre exploration des petits villages du Vexin par Frouville, on traverse ensuite un bout de campagne, puis, par l'un des seuls bouts de route à 6 mois de retrait de permis, on arrive à Hénonville.

On remonte sur le plateau (quand je vous disais que le relief était vallonné!), Neuville-Bosc puis La Villetertre. Ensuite, demi-tour vers Saint-Cyr, une route à peine carrossable mais la surprise est au bout du chemin... Quand je vous conseillais de parcourir l'itinéraire dans le sens indiqué, vous allez comprendre pourquoi.


On continue ensuite vers Neuilly-en-Vexin, contraste saisissant avec le précédent, tout le monde n'a pas les moyens d'entretenir une grande demeure... La route serpente et monte et descend en passant par Nucourt, Magnitot, Aveny, Ecos, avant de rejoindre la vallée de la Seine, frontière naturelle du Vexin.

On arrive au château de la Roche-Guyon, intéressant pour ses visites souterraines et nocturnes et connu pour la Bove qui le domine et fut le décor d'un épisode des aventures de Blake et Mortimer. On remonte ensuite sur les falaises de craie pour dominer la vallée, pause photo presque obligatoire...

On rejoint les deux châteaux de Villarceaux, puis ce sont Villiers en Arthies, Maudétour, Guiry et Gadancourt. La prochaine étape n'est pas un château, bien qu'il y en ait un à deux pas, mais la brasserie du Vexin, qui vous permettra de rafraîchir vos gosiers asséchées (avec modération, bien entendu), d'autant que les liquides dispensés sont tout à fait dignes d'intérêt.

Faites quelques mêtres à pieds pour aller voir le château de Théméricourt, ça fera passer la bière et vous pourrez certainement admirer quelques oeuvres d'art disseminées dans le parc et en apprendre un peu plus sur la région à la Maison du Parc, installée dans la demeure.

On repart, en se promettant de revenir avec un véhicule plus adapté afin de remplir le coffre avec quelques caisses des productions régionales, et on arrive au château de Vigny, curieuse bâtisse, dont on ne voit que le côté féodal depuis la route alors que l'autre face, malheureusement plus accessible depuis que les visites ont cessé, présente un aspect Renaissance très spectaculaire.

Ensuite il va falloir être attentif : On remonte sur le plateau, on passe le village du Perchay, on redescend et on prend à droite la route d'Us. Un peu  plus loin, juste avant le hameau de Dampont, regardez au loin à gauche et vous pourrez voir un château dans le style baroque-Disneyland. On ne le voit bien que depuis cette route, ne le loupez pas !

On continue à longer la vallée, en remontant quelques instants pour admirer le joli petit château de Montgeroult.


La balade se termine ensuite par Osny, où vous pourrez vous délasser les jambes en faisant un petit tour dans le parc histoire de taquiner les cygnes, puis enfin le château de Marcouville à Pontoise.

Ouf, ça y est, vous avez votre compte de vieilles pierres et de sous-bois bucoliques ? Vous pouvez maintenant retourner à Paris par l'autoroute, quand vous verrez les tours de la Défense, tournez à gauche, c'est là...

09 juin, 2013



l'Oise

Ben non, l'Oise n'est pas un département triste et plat où les champs de betteraves à perte de vue sont seulement jalonnés de fermes délabrées où croupissent des à-peine-humains à côtés desquels Jacquouille La Fripouille ressemble à un prix Nobel de physique (préjugé largement répandu parmi une certaine élite qui n'a jamais passé les limites du périphérique parisien que pour aller se montrer au port de Saint Martin de Ré).

(J'exagère, mais à peine)

Pour vous prouver le contraire, je vous y emmène en balade. Au menu : Forêts, châteaux, vallons et petits villages bien préservés.

Ca, ce sont les plats principaux, comme assaisonnement : Nids de poules, gravillons, ralentisseurs, bref tout ce que l'esprit humain et la force implacable de la nature ont créé pour pimenter le déplacement d'un deux-roues motorisé.

Donc, si vous ne l'avez pas déjà revendue pour vous payer des stages de rattrapage de points de permis, laissez au garage votre CBGZ-YRR(R)-R au profit d'un véhicule plus maniable et mieux suspendu, votre postérieur vous en saura gré.

Pour l'itinéraire numérique, virtuel et assisté par satellite, c'est là :
Pierrefonds (format GDB)
Perrefonds (format GPX)


Pour l'itinéraire manuscrit sur papier assisté par carte routière, patientez un peu, c'est long à écrire !

En attendant le fichier, ci-dessous quelques points de repère :

On commence par Auvers sur Oise, ville célèbre depuis qu'un alcoolique génial s'y est coupé l'oreille, y'a pas de quoi en faire un plat, moi je fais ça à chaque fois que je me rase pourtant mes tableaux ne se vendent pas des millions de dollars. A part le côté "annexe de Montmartre" et ses pièges à touristes, on y trouve aussi des vrais artistes dans des petites galeries et le village mérite quelques minutes de visite.

Un coup d'oeil sur le château et on monte dans le Vexin, région très intéressante sur laquelle je reviendrai un de ces jours. Après quelques détours, on redescend dans la vallée de l'Oise à Boran, un des lieux de villégiature de la fin du 19ème siècle où les Parisiens venaient en train le dimanche respirer le bon air et faire trempette dans de l'eau moins polluée que l'égout à ciel ouvert qu'était la Seine à cette époque. Il en reste une surprenante piscine désaffectée au bord de la rivière (avec toboggan géant et porte-voix en béton pour les maîtres-nageurs) et des bistrots-guinguettes où le populo mange des glaces en regardant les Kékés faire le beau en ski nautique. Ambiance "Front populaire" garantie.

On repart en passant sur ce petit pont à sens unique, ne craignez rien, il n'a pas l'air solide mais ça fait 150 ans qu'il est là, y'a pas de raison qu'il s'écroule au moment où vous passez.

La route se continue en traversant la forêt de Chantilly, là l'ambiance est nettement plus bourgeoise, les grosses demeures se succèdent, on voudrait bien savoir ce qui se cache derrière ces hauts murs impénétrables... Passage au château de Chantilly, si vous avez 5 minutes allez le visiter, la collection de tableaux est magnifique.


Autre ville d'histoire à 10 km de là, Senlis, avec ses rues pavées et ses vieilles demeures, on se croirait au 18ème siècle, et d'ailleurs nombreux sont les films historiques qui ont été tournés ici.

Un petit bout de route à radars et on bifurque vers le château de Raray, dont la transparence s'apprécie encore plus au soleil couchant.

Mais bon, nous on n'est pas couchés, alors on poursuit à travers les plaines puis la forêt de Compiègne, jusqu'au château de Pierrefonds. Drôle de monument historique, qui est au chateau-fort médiéval ce que la Harley V-Rod est à la 750 latérale de l'armée américaine, ça ressemble vaguement mais c'est civilisé et fabriqué avec des techniques modernes. Ceci dit, c'est bien fait et c'est aussi très intéressant à visiter.

Les alentours sont très agréables, vous le constaterez en continuant la route qui serpente au milieu de la campagne, là encore quelques vestiges du passé jalonnent le trajet, voyez le château-fort de Montépilloy, un vrai celui-là, dont il ne reste qu'un morceau de tour, on se demande comment ça tient encore.

Un peu plus loin on arrive à Plailly, si vous voulez retourner à Paris en moins d'une heure vous abandonnez le parcours ici, mais vous allez louper le dessert du menu que je vous ai concocté.

En guise de dessert, donc, une dame blanche, ou plutôt le château de la Reine Blanche, qui a dû être largement utilisé comme rendez-vous galant par les princes de la région... La promenade autour des étangs est très agréable et détendra vos fessiers endoloris par les routes au revêtement douteux.



Ca va mieux ? Alors, on repart ; On rejoint la vallée de l'Oise en passant devant l'Abbaye de Royaumont, là aussi un beau lieu à visiter, mais aussi à fréquenter pour l'intéressante programmation de sa saison musicale.

http://www.royaumont.com/fondation_abbaye/

Si vous avez le temps, faites un crochet par le petit "port" de Noisy sur Oise, sur un ancien bras de la rivière, avant d'arriver sur les villes plus peuplées de la vallée. A Beaumont sur Oise, une curiosité pour les plus de 40 ans, le cinéma Beaumont-Palace et sa façade de style années 50, qui a servi de générique à l'émission "la Dernière Séance" d'Eddy Mitchell entre 1982 et 1998. A noter que le décor intérieur est en harmonie avec la façade, avec ses fauteuils en velours rouge et son grand rideau. L'ambiance aussi est restée au siècle dernier, ici pas d'ados bouffant du pop-corn et discutant au téléphone avec leur copain deux rangées plus bas...


La promenade se termine : On passe à L'Isle-Adam, puis on rejoint Auvers sur Oise par une route offrant un beau point de vue sur l'église peinte par Van Gogh.

En résumé, près de 200 Km, avec les pauses variées et nécessaires, le pique-nique et les visites, comptez une bonne journée pour tout cela.


Pour finir la balade à table : 
   - L'Auberge Ravoux (où Van Gogh a vécu) est hors de la portée de toutes les bourses mais valait le détour il y a quelques années, je ne sais pas si c'est toujours le cas.

Pour des budgets plus raisonnables :
  - Le Palais d'Auvers (en bas du château) est un chinois plutôt correct
  - Le marocain "La Menara" (en face de la gare), les meilleures pastillas de la région !

Un peu plus loin (à peine), sur la route de Pontoise :
  - Crèperie "La Swanalea", cuisine inventive et soignée, d'excellents produits bien mis en valeur

Encore un peu plus loin sur cette même route, mais ça vaut le trajet :
  - Restaurant italien "la Halte de Chaponval", délicieux et accueillant...


Voilà, j'espère que cette balade vous aura permis de changer d'air et de point de vue sur les "bouseux"...


20 mai, 2013



Pays de Bray, mai 2013

Le seul rayon de soleil du week-end pointe le bout de son nez, vite on part en balade pour quelques heures.

Au bout de mon jardin, il y a le Pays de Bray, à la limite entre la Picardie et la Normandie. Les routes sont jolies et en bon état, le paysage est vallonné et les villages sont plutôt bien conservés.

Attention, quand je dis que les routes sont jolies, leur largeur est parfois équivalente à celle d'une BMW 1200 GS avec les valises d'aventurier et elles sont agrémentées de branches tombées, gravillons, trous divers et animaux variés à plumes et poils (plus rarement à écailles). Si vous voulez rouler gaz à fond sur un billard de 30 mètres de large, arrêtez-vous là et lisez plutôt le blog du mec qui fait la course avec le TGV sur l'autoroute...

On est donc partis partis pour un petit tour de trois heures, soit environ 150 Km. Ben oui (voir plus haut), on est là pour se promener et profiter du paysage. Et encore, quand je dis trois heures, faut compter le temps de la pause-café, des pauses-pipi et des pauses-photos.


Pour vous situer, ça se passe dans ce coin-là :

http://goo.gl/maps/O6fZ3


J'ai trouvé le moyen de mettre des liens vers des fichiers GPS (Merci à Zythom pour son article à ce sujet), vous les trouverez ci-dessous ; Je ne garantis pas la compatibilité absolue avec votre équipement, mais ça marche avec Google Earth et ça vous donnera une première idée.

Pays de Bray (format GDB)
Pays de Bray (format GPX)

On part de l'Isle-Adam dans le Val d'Oise (40 Km au nord-ouest de Paris, suivre la direction A16) et on arrive à Pontoise (retour à Paris par l'A15, environ 30 minutes).

L'itinéraire proposé passe par Méru dans l'Oise, et suit ensuite (plus ou moins) les panneaux "Promenade en Pays de Bray", selon une boucle vers le nord. Il y a une variante un peu plus longue qui part plus vers la Normandie, dès que j'ai bricolé les fichiers je les ajoute sur cette page.

Quelques adresses :

- Restaurant "Histoire de Famille" à l'Isle Adam, pas donné mais original et de qualité.
- Pour quelque chose de plus traditionnel et abordable, la pizzeria "Il Paradiso", planquée dans une petite rue derrière le cinéma, italien jusqu'au bout des ongles
- Les bistrots de la place Jeanne Hachette à Beauvais, ambiance provinciale !

A noter, pour ceux qui aiment les vieilles pierres et les paysages bucoliques :
Abbaye de St-Germer de Fly
- Gerberoy , magnifique village célèbre pour ses roses, tellement bien conservé que de nombreux films y ont été tournés

- Eglise de Saint-Sulpice, avec un beau point de vue sur la région (dommage que l'autoroute A16 passe en plein milieu...)
- Château de Troissereux




Bonne promenade ! !