Quarante mille kilomètres.
C'est la distance à parcourir pour faire le tour du monde en suivant l'équateur. Comment se fait-il que certains, en affichant 130 000 bornes au compteur, n'en soient qu'à la moitié ?
C'est la question à laquelle à refusé de répondre Trevor, rencontré cette semaine ; Il n'en avait pas la moindre idée, de même qu'il ne savait pas encore si il en était vraiment à la moitié, de même qu'il ne savait pas non plus si il allait réussir à faire les 30 kilomètres suivants.
C'est un des nombreux tourdumondistes qui sillonnent les quatre coins du globe (c'est ça qu'on appelle la géométrie variable), parti il y a exactement 2 ans de Washington après avoir lâché son boulot d'ingénieur, parce qu'il s'était dit qu'à 57 balais il n'allait pas attendre d'être à la retraite pour faire sa balade (surtout dans un pays réputé pour ses prestations sociales assez peu généreuses), et que c'était maintenant ou jamais.
Ce n'est pas un acharné du tour du monde en 80 jours, lui c'est plutôt en 80 mois qu'il va boucler la boucle, parce que la ligne droite n'est pas toujours le meilleur chemin d'un point à un autre (1er axiome de la géométrie variable).
Qu'on en juge plutôt (cliquez sur l'image pour l'agrandir) :
Vous voyez, là, en bas à droite de l'image, y'a pas de traits rouges, et puis il en manque un bout, vers l'est, où y'a rien non plus...
Un peu dubitatif pour traverser directement du Nord au Sud le continent africain, chaque pays présentant d'intéressantes spécificités dans le domaine du décès prématuré de l'être humain, que ce soit à coup de politique, de croyance religieuse ou de virus Ebola, il envisage maintenant de rejoindre son Walhalla personnel (l'Afrique du Sud) en passant par la Pologne, l'Ukraine, la Turquie, l'Iran et L'Arabie Saoudite.
On a eu beau lui expliquer que Georges-Marie Haardt, colonisateur franco-belge sponsorisé par Citroën et inventeur du rallye Paris-Alger-Le Cap en autochenille, avait choisi un chemin bien plus court, il n'en démord pas, arguant que la Super-Ténéré ne mérite pas complètement son nom et est plus à l'aise sur les routes en dur que sur le sable (faut dire, il n'a pas vraiment tort), donc qu'un "léger" détour est à envisager pour bénéficier de conditions de circulation plus tranquilles (?).
Leurs routes fussent-elles convenablement macadamisées, je ne suis pas certain que l'Ukraine, l'Iran et l'Arabie Saoudite soient des pays très fréquentables pour quelqu'un en provenance des Zétazunis, fût-il muni d'un passeport Australien, mais bon...
A peine troublé par la sournoise défection d'un tendeur de chaîne de distribution qui aurait pu mettre à mal ses projets et ses soupapes d'échappement, il envisageait déjà de rejoindre Le Cap par les transports en commun, se trouver une pétoire quelconque sur place et remonter en France en attendant la réparation de sa Yamaha.
Coup de bol, malgré 4 dents sautées sur l'arbre à cames d'admission, pas de dégâts sur le haut-moteur, un tendeur neuf et c'est reparti, pour une chaîne neuve on attendra le prochain concessionnaire, à Przeworsk, Dogubayazit ou peut-être même Bandhar-E-Ganaveh, où la plage est sympa mais on y voit peu de jolies filles en string.
Partant du principe que la Super-T ne lui avait causé aucun souci en 78000 Miles jusqu'à ce qu'un malheureux tendeur vienne à faire défection, il ne voyait pas de raison à ce que la machine ne continue pas comme ça, et qu'au moins il avait largement passé le cap des éventuels défauts de jeunesse.
Bonne chance, Trevor, et bon courage surtout, malgré ton tapis de selle en billes de bois, taillé dans le couvre-siège d'un chauffeur de taxi New-Yorkais, tu n'as pas fini de te tanner le derrière... Mais on te souhaite surtout des belles rencontres et des souvenirs plein la tête.
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Bons plans, beaux sites, bonnes adresses... et mauvaises surprises ! Sur ce blog je vais essayer de partager tout ce que j'ai accumulé au fil de mes voyages et balades. J'espère que vous apprécierez ces promenades !
04 septembre, 2014
15 juin, 2014
Des culottes, des bottes de moto, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos...
Cette semaine j'ai entendu à la radio une actualité sur une campagne d'information destinée aux conducteurs de deux-roues parisiens, sous la forme d'une lettre déposée sur la selle des motos et scooters.
La lettre relatait l'accident survenu à un jeune homme en scooter qui a été percuté par une voiture, alors qu'il roulait à faible allure et à qui l'équipement adapté et complet (casque, gants, blouson airbag) avait évité de finir ses jours dans une chaise roulante.
D'autres lettres narraient le même genre d'accident, à chaque fois l'équipement du conducteur du deux-roues avait permis de limiter les dégâts corporels.
Bon, jusqu'ici, d'accord, pourquoi pas, c'est vrai qu'il vaut mieux une paire de gants et des vêtements un peu solides pour éviter d'avoir la peau ressemblant à une pizza bitume-gravillons à la moindre gamelle, quant au casque, c'est une évidence.
Encore que, vu le nombre d'accidents relatés qui concernaient des chocs avec des voitures, qui semblaient toutes avoir une part de responsabilité non négligeable dans l'affaire, on se demande si il ne fallait pas aussi placer ces lettres sous les essuies-glaces des zotomobiles parisiennes.
Là où ça se corse et où il faut (une fois de plus) admirer l'esprit d'impartialité et le sens de l'information exhaustive qui animent nombre de frais diplômés des écoles de journalisme et de communication, la suite du sujet radiophonique présentait ce qu'on appelle un radio-trottoir, qui consiste en gros à demander leur avis à des gens pris au hasard au coin de la rue et dont les quelques banalités bafouillées sont immédiatement mises en onde pour diffuser la voix du peuple et du bon sens.
Il s'agit donc d'énoncer comme une vérité absolue un sondage effectué parmi un échantillon représentatif de trois personnes.
Nantie de sa longue expérience motocycliste (Boulevard Saint-Michel - Nation derrière son petit copain de l'époque en Mobylette un jour de grève du métro), une brave ménagère de moins de cinquante ans a donc clamé à la face du monde et aux oreilles des auditeurs du service public qu'elle approuvait chaudement cette campagne en ajoutant qu'elle allait illico montrer cette lettre à son adolescent boutonneux pour le dissuader de vouloir affirmer son indépendance au guidon d'un engin motorisé à deux roues.
Affirmation péremptoire et sans conteste : "C'est cause de moult tracas, il convient donc qu'il n'en aie point"
Bravo, ma grande, c'est aussi au nom de ce grand principe que tu l'amènes à l'école en voiture plutôt que de lui apprendre à regarder à droite et à gauche avant de traverser l'unique passage piéton jalonnant les trois cents mètres séparant le giron familial du groupe scolaire.
C'est aussi au nom de ce principe que pour ses quatorze ans, il n'aura pas un scooter mais un ordinateur avec lequel il pourra, depuis le cocon sécuritaire de sa chambre, surfer sur des sites néo-nazis, regarder des films pornos ou insulter ses petits camarades sur fesse-book, bien planqué derrière un anonymat rassurant.
Au nom de ce principe, la maman du premier gosse qui s'est brûlé avec le feu allumé par son pithécanthrope de mari aurait dû interdire à ce dernier de renouveler l'expérience au nom de la sécurité de sa progéniture.
Comment ne pas s'étonner que, à notre époque opaque, on exalte ce genre de mentalité en interdisant tout ce qui peut troubler le bien-être des être humains ?
Je roule en moto car je sais que je suis VULNERABLE : Le prix à payer peut être élevé, mais la volonté de maîtriser son destin et d'être responsable de soi-même est ce qui a, de tout temps, fait avancer la civilisation et différencié l'Homo Sapiens de la larve du concombre de mer.
(Vous qui passez le bac philo demain, vous pouvez me citer, mais je ne suis pas certain de faire partie des grands penseurs humanistes agréés par la Fédération Française des Correcteurs de Copie)
Bien entendu, ça ne me plait pas du tout d'être bousculé par un abruti qui conduit tout en répondant à ses mails, mais je ne pense pas que l'interdiction de se servir du téléphone au volant va bouleverser l'évolution alors que je suis persuadé que Mozart ou Pierre Curie n'auraient pas eu la même influence sur le monde si leur mère leur avait interdit de sortir au risque d'attraper un rhume.
(d'autant qu'il est notoire que Pierre Curie fut écrasé par un fiacre que le cocher conduisait tout en répondant à ses mails sur son smartphone)
Bon, fini de râler, un peu de culture maintenant :
L'anecdote du pithécanthrope est une réminiscence d'un excellent bouquin sur la préhistoire, très drôle et très instructif à la fois : "Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis
Ensuite, on ne peut évoquer "l'Homme à la Moto" chanté par Edith Piaf sans parler de la version de la chanteuse Juliette, fille spirituelle (dans les deux sens du terme) de Bobby Lapointe et de Magali Noël (inoubliable interprète des chansons de Boris Vian). Ca se trouve sur Ioutioube ou des Lits Mochion, cherchez un peu...
Ceci dit, même en moto, sortez (bien) couverts ! !
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