08 novembre, 2020

 

Fichiers GPS 

ATTENTION : Les liens affichés dans les articles ne sont plus valides suite à un changement dans les sites et les blogs, effectué pratiquement sans préavis et en plein été par Mr Gougueulle. Ne nous plaignons pas, ce brave homme met à notre disposition gratuitement un espace de communication mondial en échange de quelques malheureuses données personnelles à peine exploitées par des publicitaires avides.

Je vais donc changer l'accès à ces fichiers : Vous pourrez désormais les télécharger depuis un seul article de blog (celui que vous êtes en train de lire), qui sera complété au fur et à mesure de ma bonne volonté et de mon temps libre...

Pour accéder aux fichiers, cliquer sur le lien puis sur "Télécharger" (n'utilisez pas la fonction de lecture "GPX Viewer"). Une fois bien rangé dans votre ordinateur, utilisez le logiciel de gestion de votre GPS et les instructions du Tutoriel

Or donc, voici les itinéraires, classés rigoureusement selon une logique non-Euclidienne et dans un ordre aléatoire et approximatif.

(Vous espériez un classement par ordre croissant de longitude du point de départ ou d'altitude du point culminant ?)

Balades en France

    Picardie :  

   

    Boucles de Seine :

 

    Vexin :

    

    Loire :

 

(la suite à ma prochaine crise de bonne volonté...)


14 mai, 2017



Les (Toutes) Petites Routes du Vexin

 
Aujourd'hui, une petite balade avec la XT, mais pas question de brusquer la mécanique, alors bien entendu pas de route en "A" ou en "E", pas plus de "N", tout au plus quelques "D" et surtout des "C".

C'est quoi les "C" ? Selon le Code de la Voirie routière, il s'agit des voies qui font partie du domaine public routier communal, autrement dit les routes qui se limitent au territoire d'une commune, éventuellement à la liaison entre deux communes limitrophes.

Autant dire qu'on est loin des grands axes routiers Européens caractérisés pour la plupart par un mur ininterrompu de camions sur la file de droite, qui ne laisse entrevoir le paysage que pour admirer les zones industrielles ou les plates-formes logistiques.

Non, là on est sur des bandes de bitumes qui datent à peu près de l'invention du Macadam, qu'on n’ose pas affubler d'une bande blanche de signalisation au sol, d'abord parce que la peinture masquerait une bonne largeur de la voie, et puis parce qu'il n'est pas utile d'interdire le dépassement alors que la largeur est à peine suffisante pour laisser passer une seule voiture.

En outre, ce qui ne vous aura pas échappé, ces routes sont soumises à l'article L141-9 de la Loi 89-413 1989-06-22 du 24 juin 1989, autant dire que le bitume précité présente la plupart du temps tous les symptômes de la desquamation, voire de l'épidermolyse bulleuse, parfois même du syndrome de Parry-Romberg, sans parler de l'hypertrichose qui se manifeste par de l'herbe qui pousse au milieu de la chaussée, comme quoi la nature reprend toujours ses droits.

Je sais, c'est pas beau à voir, mais sur une route ce n'est pas trop grave, on est là pour regarder le paysage, alors tant pis pour les déformations intempestives et les amas de gravillons en sortie de virage, je vous l'avais bien dit de ne pas prendre une hypersport de 200 CV pour aller sur mon terrain de jeu.

Non, là les 30 canassons de presque 40 ans d'âge du gros mono sont amplement suffisants, et même en 125 ça fera une jolie promenade.

Le but du jeu est donc de tourner autour du Vexin en empruntant les plus petites routes possible, prémisse pas plus idiote que celle de prendre l'A5 pour faire la course avec le TGV, avec une conclusion moins aléatoire.

Voilà mon trajet, à vous de l'agrémenter, d'autant qu'il recoupe un peu de l'itinéraire des Châteaux du Vexin



Départ de l'Isle-Adam, charmante cité balnéaire dont j'ai déjà cité le système féodal, on verra plus loin que ce n'est pas la seule bourgade du Val d'Oise à s'enorgueillir d'une telle oligarchie.

On passe ensuite de petites vallées à des espaces plus dégagés et agricolo-intensifs, mais le patchwork vert et jaune des champs de blé ou de colza de ce milieu de printemps fait un paysage plutôt sympathique, même si le parfum... délicat du colza peut rebuter un peu les fosses nasales des habitués des particules fines parisiennes.

A propos de plaisir des sens, outre l'olfaction, la vue sera encore plus comblée si cette balade, assez courte (2 à 3 heures selon les pauses-pipi et pauses-photo), est faite le matin ou en fin d'après-midi pour bénéficier d'une belle lumière.

Outre les beautés de Dame Nature, on rencontre quelques petits villages nichés au creux de vallons ou à l'abri des bois et forêts, avec leurs vieilles pierres admirablement mises en valeur qui ont beaucoup de charme. D'accord, on n'est pas pour autant dans la "France Profonde", ça ne respire pas la pauvreté mais pour une fois que l'abondance de moyens ne se traduit pas par des fautes de goût on ne va pas s'en plaindre.

A noter le passage par Theuville, certainement le plus petit village et peut-être le plus grand lieu mythique du département, presque village-fantôme autour duquel la légende de "La Duchesse" va bon train.

Je n'ai pas pu vérifier les informations, la plupart des sites web reprenant peu ou prou le même texte, je vous engage donc à vérifier par vous-même.

L'un de ces sites présente l'avantage d'afficher quelques belles photos, dont une que j'ai honteusement volée pour illustrer cet article.



Retour à l'Isle-Adam, vous pouvez remettre les valises sur la GS 1200 sans risquer de les érafler de chaque côté de la route.

Si vous faites cette balade le matin, voici une bonne adresse, sur le retour, pour le repas du midi :

06 mai, 2017



Lacs et Cols - 1er épisode
Suisse, Italie

Bon ça y est, la moto est chargée, où on va ?

OK, on passe voir un copain à Genève, pour la suite on improvisera.

C'est pareil à chaque fois, le but du voyage n'est jamais clairement défini, tout au plus une vague idée de la direction à prendre, l'important c'est d'être en vacances, de préférence sur une moto, le reste on verra bien.

Comme le dit le proverbe chinois "Le vrai voyageur ne sait pas où il va" (à moins qu'il ne s'agisse d'un extrait d'un dialogue d'Audiard?)

Un bout d'A5, parce qu'il faut bien se sortir du bazar iledefrançais et qu'il n'y a jamais personne sur cette autoroute, et puis on commence à se promener en Bourgogne puis dans le Jura.

On passe quelques moments au bord du Lac des Rousses et du lac de Joux, histoire de supporter la température caniculaire de ces derniers jours et on redescend dans l'enfer surchauffé de la métropole Suisse : L’Helvétie n'est déjà pas le pays où je me sens le mieux, mais avec 40 degrés c'est encore moins supportable... C'est décidé, ces vacances seront dédiées à la recherche de la fraîcheur au bord des lacs et en haut de montagnes.

Pour nous suivre dans notre quête:

On s'enfuit de Genève la torride, en suivant le Léman sur sa rive méridionale et on remonte le Grand Saint-Bernard, en longeant le Lac des Toules, ça fait déjà quatre lacs au compteur.

Passé le col, on est Italie, ça va tout de suite mieux, c'est vrai l'air paraît plus léger !

L’Italie, tout le monde connaît, pas la peine de vous raconter la bonne bouffe et les gens rigolards : Selon Cocteau "Un Français est un Italien de mauvaise humeur", donc un Italien est un Français souriant.

En plus, (du moins en Italie du Nord) une part relativement importante de la population comprend le Français, et une part à peine plus réduite le parle. C'est bien simple, on se croirait en Belgique, avec le soleil en plus.

Et les montagnes.

Et les pâtes à la tomate.

Et les Flamands en moins (non, je rigole, ils sont sympas aussi, c'est juste qu'on les comprend moins quand ils parlent).

Pour les côtés pratiques, en Italie l'essence est un peu plus chère, on trouve des hôtels aux alentours de 5o Euros assez facilement, les restaurants sont très abordables et le pain n'est pas fameux, mais c'est une question de goût, faut dire que je suis assez difficile sur ce plan-là.

Depuis mes premières balades transalpines (voir les Cinq Terres), on commence à voir de plus en plus de radars automatiques, plus ou moins signalés. La méfiance est donc de rigueur, d'autant que le concept de libre circulation des personnes et des biens dans l'espace Européens commence à concerner aussi les contraventions...

Cependant, les routes que j'emprunte sont plus propices à la flânerie qu'au raclage de repose-pieds.

Sauf dans certains cols, mais là vous allez vous faire tourner autour par les locaux, à moins de vous entraîner toute la semaine et de les attendre le dimanche matin : C'est pas dur, dès que vous voyez une horde de Multistrada, de GS1200 (sans les valises!) et de KTM Adventure, c'est eux, ne vous contentez pas de les suivre, passez devant eux sinon c'est vous que les Carabinieri vont choper en haut de la montée.

Bon, de toutes façons, avec la TDM, nous deux et nos bagages, on est loin de pouvoir jouer à ce petit jeu, et on ne répond même pas à la provocation, mais on fait gaffe quand même, pas la peine d'exploser le budget.

Bon, vous l'avez compris, j'aime bien l'Italie, alors on continue.

Depuis Aoste, on suit la vallée, les pressés prendront l'autoroute, et puis on passe à travers les derniers contreforts des Alpes, avec au loin vers le sud la plaine du Pô. On longe le lac d'Orta, puis pause au bord du lac de Mergozzo, sixième de la liste.

Au bord de ce petit lac loin des routes touristiques, je trouve un superbe hôtel au bord du lac, plage privée, décor fin 19ème siècle, garage pour la moto... et prix raisonnable !

Le village est à deux pas et il sent bon la douceur de vivre, avec ses petites ruelles fraîches, son petit port et les gosses qui jouent sur la place.

Ce sont des endroits comme ça où on se dit qu'il ferait bon y poser ses valises le jour venu...


La route de la Dolce Vita :

Mais le jour n'est pas venu (viendra-t-il ?), et la route nous emmène ensuite au lac Majeur jusqu'à Lugano. Là on commence à voir des demeures magnifiques, les lacs italiens sont depuis des siècles les lieux de villégiature des nantis des grandes villes du Nord. Par contre, difficile d'approcher l'eau, les plages sont réservées.

Le paysage est magnifique avec les montagnes qui encerclent le lac, comme pour la plupart des lacs du Nord de l'Italie. Dans ces régions assez fréquentées, il faut quand même regarder AUSSI la route : La circulation est parfois "Italienne", mais je trouve les autochtones à 4 roues beaucoup moins agressifs que leurs homologues helvètes : l'Italien donne parfois l'impression de faire n'importe quoi, mais en général il est beaucoup plus attentif à ce qui se passe sur sa trajectoire que les autres Européens.

Ceci dit, une fois qu'il a jugé qu'il pouvait passer, il DOIT passer, on est dans un pays latin, ne l'oublions pas. Donc, inutile de faire des appels de phare ou des coups de klaxon (à chaque fois, j'ai reçu un salut hilare, l'avertisseur étant destiné à dire bonjour à quelqu'un de sa connaissance), on se pousse un peu et ça passe.

La route serpente le long du lac, et puis on traverse les collines vers le lac de Lugano, repos à Ponte Tresa, dans une petite pension de famille au décor incroyablement kitsch, tenu par deux mamies incroyablement âgées mais incroyablement gentilles.

Huitième lac au compteur, mais pas de bain de minuit, les moustiques sont trop agressifs.

On est là :

(La suite dans un prochain article, soyez patients !)







22 avril, 2017


La Maison Ronde

Dimanche dernier, week-end des 24H du Mans moto.

Je n'ai pas un intérêt particulier pour la compétition, bien qu'ayant été en contact quelques années auparavant avec l'une des écuries habituellement présentes dans ces épreuves, avec une anecdote assez amusante qui me revient ; Un soir au cours du repas, alors que je discutais avec deux des pilotes de mon goût pour les voyages en moto, l'un d'eux me dit :

" Ca a l'air sympa, il faudrait que je passe mon permis moto un de ces jours "

Ce à quoi le second a répondu :

" T'es fou, c'est bien trop dangereux !"

Bref, j'étais donc en train de bricoler tranquillement lorsque la radio diffuse son flash d'informations de 11 heures ; Après la litanie des nouvelles relatives à la période électorale en cours, puis l'énoncé du résultat de tous les matches de ballon rond de la 1ère à la 25ème division, je me mets quand même à tendre un peu plus l'oreille car le "Journaliste" annonce que la radio qui lui paye son salaire va diffuser l'arrivée des 24 Heures du Mans moto, je cite "A 15 heures cet après-midi car la course dure 24 heures et est partie hier samedi à 15 heures"

Fin du flash, on passe à autre chose.

Bien entendu, un esprit chagrin aurait pu regretter que cette intervention n'ait pas été ponctuée de quelques mots sur la situation en cours, voire même une petite notion du classement provisoire des 3 machines en tête de course, mais on ne peut quand même pas reprocher à un "journaliste", doué d'un tel goût pour les mathématiques et si soucieux de donner des notions précises de temporalité à son auditoire, de faire en plus de "L'Information".

Bon d'accord, ce n'est que les 24H du Mans Moto, tout le monde s'en fout, et moi le premier.

Reste que ce petit détail n'est malheureusement pas le seul qu'on puisse entendre, du moins, s'il m'a sauté aux yeux (aux oreilles) parce qu'il s'agissait d'un domaine qui présente pour moi un peu d'intérêt, je pense et je crains qu'il en soit de même pour d'autres domaines dans lesquels on s'attend à une information pas trop subjective car notre niveau de connaissance ou de compréhension ne nous permet pas de juger de la validité de ce qu'énonce le "journaliste" dans son micro.

Attention, il ne s'agit pas de tomber non plus dans le travers de la théorie du complot, mais on ne peut s'empêcher de penser que, au vu (à l'ouïe) du peu de rigueur de ceux qui la diffusent, une information livrée sur le vif, sans recul, que ce soit sur le degré de pollution, la situation économique ou tout autre sujet un peu sensible pour la race humaine en général et la société en particulier, si elle fait bondir et hurler d'indignation le professionnel de la profession (comme disait Jean-Luc Godard), n'éveillera aucune objection de la part du commun des mortels.

Vous, je ne sais pas, moi j'essaye de ne pas m'en tenir à une seule source d'information et de demander leur pédigrée aux couleuvres qu'on essaye de me faire avaler. Comme tout n'est pas mauvais dans les productions de la Maison Ronde, écoutez "le Vrai du Faux" sur France Info le matin vers 8h20, pas forcément pour les sujets abordés mais pour appréhender un peu mieux la façon dont certaines informations sujettes à caution sont diffusées et relayées, en particulier grâce à ce merveilleux et terrifiant média qu'est Internet.

Ceci dit, c'est mon écurie qui a gagné les 24 Heures cette année, ça c'est un fait vérifiable et avéré, mais je ne sais toujours pas si David a passé son permis...


22 janvier, 2017

Hommage

J'avais décidé de ne plus me miner le moral et de ne plus faire de rubriques nécrologiques dans ce blog, mais l'année passée a été trop lourde pour ne pas consacrer quelques lignes d'hommage à ceux qui m'ont quitté, ça me fait du bien, peut-être que ça peut aussi aider ceux qui se battent contre la connerie et les autres maladies mortelles.

En vrac, je citerai donc David Bowie, Gégé (Gérard Anthony), les spectateurs du feu d'artifice de Nice, ma frangine, Prince, Cheval (Alain Chevallier), Marcel Gotlib, Claude Lambert et puis je vais m'arrêter là, ça devient morose...

Vous avez tous eu de l'importance dans ma vie, je pense à vous, et dans ce blog je vais continuer à parler de moto, parce que c'était la passion de quelques-uns d'entre vous, et de balades et de voyages en espérant que ce ne seront pas les derniers pour ceux qui restent.

21 janvier, 2017


Mes motos (3)  - BMWR90S

( si vous avez loupé le début, allez lire l'épisode 1 et l'épisode 2 )

Quand j'étais petit (ou plutôt "plus jeune", car je disposais déjà d'un gabarit considérable), je découpais les photos de motos dans tous les journaux qui me tombaient sous la main, ce qui était facile car le deux-roues à moteur était passé du statut de monstre pétaradant semant la terreur dans toute la région au phénomène de mode grandissant et donc médiatisé, et Marlon Brando roulant à tombeau ouvert sur sa T6 accompagné de son équipée sauvage avait été remplacé dans l'esprit du français moyen par Brigitte Bardot, cheveux au vent sur une AT125 avec sa bande de copains sur les routes de Saint-Tropez.

A l'époque mes parents lisaient chaque jour un quotidien (ben oui) dont le nom évoquait l'habitant de la capitale d'un pays européen de langue française, même que ces années-là un qualificatif lui était adjoint, évoquant ce qui lui était arrivé le 25 Août 1944. Le journal existe toujours, sans le qualificatif et, de populaire, est devenu populiste...

L'un des rédacteurs devait être féru de motocyclisme, car il ne se passait pas une semaine sans que j'exerce mes talents de découpage, récupérant avec passion des photos dont la résolution typographique de 40X40 pixels me permettait quand même de rêver, comme quoi l'imagination peut suppléer à tout.

C'est ainsi qu'un beau jour de 1973, l'organe de presse pré-cité a affiché sur une demi-page une photo qui m'a mis sur le c.. et qui m'a fait dire "Quand je serai grand, j'en aurai une"

Le journal annonçait la présentation au salon de Paris de la BMW R90S.

(J'ai conservé la photo de l'époque, voir en tête de cet article !)

Durant des années, ce souvenir ne m'a pas quitté, jusqu'au jour où on m'a proposé une "Silver Smoke" de 1975 dans son jus, en échange d'un prix modique et de la promesse de continuer à donner de ses nouvelles à son ancien propriétaire.

Bien que, en 1973, cette moto voulait se donner une image "Hyper-Sport", le fait de monter deux carburateurs Dell'Orto en lieu et place des Bing n'avait quand même pas donné les ailes de Pégase au percheron Bavarois. Cependant, les 900cc assuraient un couple respectable qui, associé au poids raisonnable et au châssis rigoureux, permettait d'atteindre des vitesses honorables et de les tenir presque indéfiniment. On était plutôt derrière les bicylindres Italiens ou Anglais, mais dès que le trajet dépassait les 200 kilomètres, on était à peu près certain d'arriver à bon port.

C'était malheureusement la fin des usines britanniques et leurs produits souffraient d'une piètre qualité, due surtout à un désintérêt des constructeurs, et les nombreuses marques italiennes s'accordaient toutes pour n'offrir qu'un minimum de rigueur de fabrication. Les Japonais dominaient le lot question fiabilité et proposaient des produits attractifs et valorisants, et seule en Europe l'industrie germanique résistait aux puissantes firmes de l'empire du soleil levant.

La BMW en général, et la R90S en particulier, représentait donc en ces périodes de Giscardisme la seule alternative non japonaise pour les "Roule-Toujours" et à ce titre elle figurait à la place d'honneur dans mon Panthéon motocycliste.

Je n'ai pas été déçu, loin de là, car la machine a répondu à mes attentes. Moi aussi j'avais trouvé ma voie, fi du gros mono, le twin pour voyager c'était quand même autre chose.

Comme je l'ai dit, la machine était dans son jus, mais l'un des précédents propriétaires avait eu des velléités compétitives et avait demandé quelques aménagements à Claude Lambert, grand monsieur "sorcier" du side-car en général et des BM en particulier, qui sévissait dans le midi et faisait le bonheur des amateurs de course de côte en mal de performances (Pour en savoir plus, lisez donc cet article sur ce drôle de bonhomme )
 
La moto avait donc subi la greffe d'un cadre de R100-7, lui-même amélioré par le remplacement de la boucle arrière boulonnée par une vraie boucle en vrai tube costaud, soudée sur le cadre. Cette petite chirurgie s'est avérée très utile, que ce soit pour la rigueur de la tenue de route à des vitesses inavouables que pour assurer la solidité de l'ensemble une fois la moto chargée avec conducteur, passagère, armes et bagages. Avantage de l'opération, l'arbre de transmission a bénéficié d'un amortisseur, nouveauté des motos de la "Série 7" et qui a limité fortement les à-coups au passage des vitesses en attendant que je m'habitue à l'embrayage monodisque.

Autre greffe improbable, une fourche de Ducati trônait à l'avant, munie de freins Brembo largement plus efficaces que les ATE, mais là il y a eu rejet, l'aspect historique l'a emporté sur l'efficacité et j'ai remis la fourche d'origine. Tant pis pour le freinage, mais tant mieux pour la beauté de la chose.


La machine n'avait pas besoin de beaucoup d'accessoires pour être prête à sillonner les routes d'Europe : Deux valises, une sacoche de réservoir et zou, c'est parti, à la rigueur une paire de manchons pour l'hiver ; Pas besoin de plus d'équipement, à l'époque ma vue était assez bonne pour lire les cartes tout en roulant (de toute façon, en ces années de Miterrandisme déclinant, le GPS était réservé à l'armée étazunienne).

Le confort était excellent, la position de conduite parfaite et les kilomètres pouvaient défiler sans fatigue.Le moteur se contentait d'un peu (au début...) de super, bien que plombé, et d'une quantité d'huile non négligeable mais disponible dans n'importe quelle boutique du coin de la rue, puisque la boîte séparée et l'embrayage à sec permettaient de remplir le carter moteur avec autre chose que de l'huile spéciale moto.

Pour bien faire les choses, une vidange moteur tous les 5000 km et un remplacement des toutes les huiles  (moteur, boîte, cardan) et filtres tous les 10000 m'ont permis de conserver un moteur en bonne forme, et c'est une procédure que j'applique à toutes mes machines, la tranquillité vaut bien quelques litres d'huile.

Au chapitre bricolage, l'entretien courant se limitait à peu de choses, mais les plus grosses interventions (embrayage, joints de boîte, etc.) nécessitaient quelques outils spéciaux à faire perruquer par le tourneur-fraiseur du bout de la rue en échange d'une bonne bouteille, car on trouvait encore des officines qui travaillaient à l'ancienne, avec des machines datant du début de la révolution industrielle, sans les normes qui imposent maintenant à l'ouvrier de se tenir à plus de 25 mètres du moindre outil coupant, commandant toute opération via un ordinateur.

Maintenant, il faut faire sauter 12 sécurités pour accéder à la pièce en cours d'élaboration afin de pouvoir contrôler une cote, et pour refaire vite fait une passe d'un demi-millimètre il faut reprogrammer toute la machine, autant dire que pour faire tourner la plus simple des entretoises il faut prévoir un budget équivalent au PIB du Burkina Faso... Bon, passons et continuons sur les bricoleries effectuées sur cette moto.


Avec le temps, les carburateurs italiens cités plus haut présentaient quand même quelques défauts : Outre les pompes de reprise qui n'offraient qu'un léger surcroit d'accélération, peu sensible en raison de la surcharge pondérale du pilote, en échange de nombreux litres de combustible, l'usure des boisseaux et de la butée rendaient le réglage du ralenti et la synchronisation difficiles, impliquant là aussi une augmentation non négligeable des besoins en carburant. La suppression des pompes a permis d'améliorer un peu la situation au détriment d'une insignifiante perte de caractère, mais il a quand même fallu procéder au remplacement des carburateurs vers les 120000 Km. Pas de bol, les Dell'Orto de 38 étaient spécifiques à la BMW, donc un peu difficiles à trouver mais bien moins onéreux que les Bing.

Autre amélioration notable, un allumage électronique a remplacé les rupteurs au réglage délicat, assurant là aussi une meilleure régularité de fonctionnement.

Les années nonante touchant à leur fin, il a bien fallu abandonner le plomb dans l'essence, car on vivait une époque d'alchimistes qui transformaient ce vil métal en or pur, certains en imposant des taxes faramineuses face au super non plombé, d'autres en proposant des additifs à rajouter à chaque plein, et enfin quelques-uns en remplaçant les sièges et les soupapes pour des pièces adaptées aux exigences écologiques.

C'est cette dernière solution que j'ai fini par adopter, et bien m'en a pris car le moteur, fatigué par plus de cent mille kilomètres de bons et loyaux services, en a profité pour reprendre un petit coup de jeune. Et c'est reparti pour 60 000 Km, à partir desquels j'ai décidé d'accorder au flat-twin un retraite bien méritée, réservant son usage à la balade nostalgique du dimanche.

En résumé, la 90S méritait (et mérite toujours) l'auréole dont elle était parée, rompant l'image austère de "Moto de flic" du bicylindre teuton tout en gardant un côté "roule-toujours". Même si sa cote auprès des collectionneurs égale celle des tableaux de Van Gogh, elle ne mérite pas de rester dans un musée !

Si vous cherchez à en acheter une, envoyez-moi un mail pour avoir quelques conseils...

baladadeuxroues@gmail.com



11 septembre, 2016


MT07 Tracer, la petite soeur

Bien que se situant dans la série MT, Mr Yamaha a oublié qu'il avait un côté obscur et a délaissé l'image de Darth Vador pour proposer sa déclinaison "Tourisme" de son bicylindre de 700 cm3.

En effet, la MT07 se montre plus volontiers en train d'effectuer le parcours de maniabilité pour le permis qu'un concours de stunt , à qui reste le plus longtemps avec la plus grande différence d'altitude entre la roue avant et la roue arrière, idée associée d'habitude à sa grande soeur la MT09.

C'est d'ailleurs la grande difficulté dans les familles comme dans le monde de la moto que de naître après son ainée, et la moindre allusion à l'une implique immédiatement une comparaison avec l'autre.

La version Tracer ne déroge pas à la règle, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser à son exubérante soeur à 3 cylindres au moment d'enfourcher le petit twin de 700 cm3. Bien qu'encensée de nombreux commentaires dythirambiques, j'ai voulu vérifier par moi-même, me disant que, de toutes façons, cette moto était faite pour moi comme des chaussons de danse conviennent à un bûcheron.

La suite des évènements allait me donner tort, même si les premières impressions ne furent pas très positives.

D'abord, au moment de poser mon auguste postérieur sur la selle, j'avoue avoir pensé à une expression célèbre parlant d'un batracien très laid juché sur une boîte contenant des buchettes en bois destinées à allumer un feu, impression justifiée par le gabarit réduit de la machine et mon profil de déménageur de pianos.

Ensuite il a fallu poser les mains sur le guidon, ce qui se fait très naturellement mais impose de poser aussi le regard sur les commodos, ce qui se fait moins naturellement, surtout si on envisage de poser un chèque sur le bureau du concessionnaire. Ces commandes sont certainement adaptées au maniement par des mains graciles d'adolescente recevant en cadeau un scooter pour ses bonnes notes au collège, mais pas à un gros poilu équipé de gants d'hiver et ayant actionné avec ses mains calleuses les boutons équipant depuis 50 ans de nombreuses motos anglaises, italiennes, allemandes, espagnoles et même (et surtout) japonaises.

Après avoir connu les faux-contacts britanniques, les courts-circuits ibères, les illogismes teutons et les défaillances transalpines, je n'imaginais pas voir une production japonaise du 21ème siècle s'affubler de pareils excroissances. Bon, ça marche, c'est fonctionnel et c'est un détail, mais c'est un peu dommage de voir ça sur une moto, fut-elle de milieu de gamme.

Passons sur les commodos, et utilisons-les pour démarrer.

Aie, deuxième désillusion : Qui m'a piqué le bicylindre de 700 cc pour le remplacer par un moteur de scooter 125 ? Au ralenti, c'est un peu désolant ; Le bruit, certes très discret, n'est vraiment pas valorisant, voire franchement triste. On est loin des symphonies JoeBarTeamesques, même si il faut maintenant faire profil bas quand on roule à deux-roues pour limiter la croissance exponentielle de l'arsenal répressif et sécuritaire.

(Ce que n'ont pas compris les ahuris qui animaient, à grand coups de burns et autres ruptures, la grande place de la ville près de chez moi, un samedi après-midi au milieu des passants)

Bon, passons aussi sur l'impression sonore. Première, là, pas de surprise sur une Yamaha, c'est ferme, un peu bruyant, mais rien de bien gênant.

On tourne la poignée, et instantanément toutes les récriminations éructées précédemment par un esprit aigri et hostile disparaissent, c'est rigolo ce machin-là.

La moto est facile, sans esbrouffe mais agile et volontaire, le twin répond plutôt bien, gentiment en-dessous de 4000 tours puis de plus en plus généreusement, et en profite pour distiller un son plus sympathique. Au fur et à mesure de l'utilisation, cette moto se montre vraiment bonne à tout faire, pas exceptionnelle, mais digne de succéder à une machine un peu boudée de la marque aux trois diapasons, la XJ6. Cette moto-là était aussi une moto très polyvalente, pas chiante en ville, confortable et suffisamment rapide sur route, pas gourmande et bien foutue.

La MT07-Tracer est du même tonneau, avec un peu plus de vivacité, là ou la XJ demandait à tirer un peu dedans, la MT part mieux et atteint même facilement des vitesses que la morale réprouve. A ces allures, la position est confortable, le pare-brise réglable soulage grandement vos épaules et vos oreilles de par son absence de turbulences, et la tenue de route est un régal : La suspension est ferme, ce qui nuit un peu au confort, mais elle assure en toutes circonstances de garder le châssis, la roue avant, la roue arrière et l'axe longitudinal de la route sur la même ligne.

Sur les petites routes du Vexin, on arrive presque à s'autoriser quelques c...nneries qui n'auraient pas été compatibles avec l'état de la chaussée, ça secoue, ça rebondit mais on reste là ou il faut sans aller visiter le champ de betteraves adjacent.

Aidées par le faible poids de la machine et l'excellent étagement de la boîte de vitesses, les accélérations sont remarquables et on n'hésite pas à doubler dans des circonstances où une XJ6 serait restée prudemment derrière la file de camions.

Ceci dit, cette moto n'est pas pour autant un pousse-au-crime, on peut aussi rouler sans risquer ses points de permis : Puisqu'on a tendance à la comparer à sa grande soeur, il ne faut pas dire que la MT07 est une 09 qui n'en fait pas assez, mais plutôt que la 09 est une 07 qui en fait trop.

Vous l'aurez compris, l'engin est assez enthousiasmant, mais cet éloge doit quand même être un peu nuancé par quelques remarques liées au côté pratique.

D'abord le confort ; Si on oublie cet aspect lors des arsouilles sur les petites routes, au bout d'une centaine de kilomètres de nids-de-poule, de ralentisseurs, de raccords de bitume et autres irrégularités de la chaussée, on a le postérieur qui demande grâce. Plus que la selle un peu dure, ce sont les suspensions raides qui provoquent cet inconfort : A moins d'avoir des grands débattements, une cinématique élaborée ou des éléments amortisseurs très performants (voire les trois à la fois comme sur un gros trail d'outre-Rhin bien connu), il n'est pas facile d'avoir en même temps un grand confort et une tenue de route irréprochable, surtout si on veut garder un prix raisonnable à la machine.

Corollaire au confort du conducteur, celui du (de la) passager(e) : A moins que l'élu(e) de votre coeur ou votre compagnon de route ne soit très épris(e) ou masochiste, le duo n'est pas recommandé : La selle est encore plus inconfortable qu'aux places avant et les poignées de maintien sont vraiment mal placées.

A noter que, en poursuivant le petit jeu des comparaisons, la frangine n'est pas beaucoup mieux lotie sur ces deux derniers sujets. Point positif, la position des reposes-pieds, pas trop typée sport, permet quand même à un conducteur de grande taille (et de souplesse limitée) de ne pas trop souffrir d'avoir les jambes repliées.


La conduite de nuit n'est pas non plus à l'avantage de la 700, mais, sans valoir les fabuleux phares LED de la 850, l'éclairage est très correct, et les ingénieurs ont eu l'intelligence de placer l'optique du "code" du côté droit, au moins on continue à distinguer le bord de la route quand on doit couper le plein phare.

Dernière comparaison, le petit twin (tout est relatif, au moment de mes premiers émois motocyclistes, une moto de 700 cm3 était une grosse machine, la Norton Commando affolait la populace en ne délivrant pas plus de 60 CV), a tendance à se montrer un peu plus gourmand que le trois-pattes : Pour des sensations supérieures et un temps de trajet inférieur, la MT09 se contentera d'un quart de litre de SP95 de moins que la 07, forcément plus sollicitée. Rien de bien méchant cependant, la dernière-née de chez Yamaha engloutit 5,5 litres de combustible pour effectuer 100 Km de routes variées à une allure pas toujours raisonnable, malgré une indication au tableau de bord un peu plus pessimiste.

Enfin, puisque c'est quand même le but de mes essais, quid de son aptitude au voyage ?

La MT07 Tracer, telle qu'elle est, est très plaisante mais n'est certes pas la meilleure moto pour bouffer du kilomètre ; Cependant, grâce à un tarif réduit qui autorise de se payer quelques extras, certains accessoires devraient la rendre plus adaptée : Une selle refaite, une bagagerie arrière (top-case, porte-bagages) permettant au passager d'être plus à l'aise et des valises dignes de ce nom (oubliez les valises semi-rigides, c'est une hérésie à la contenance ridicule et l'étanchéité douteuse) seront les piliers de base de cette personnalisation. On ajoute un pare-brise haut (il était monté sur ma moto d'essai, malgré son esthétique discutable c'est un excellent investissement) et on arrive à peu près au prix de la MT09 toute nue.

Ou bien on attend le modèle "Ténéré", promis pour le printemps 2017 ?







25 mai, 2016

Tutoriel - Charger un itinéraire sur votre GPS

Vous l'attendiez tous avec impatience, le voili le voilà, tout ce que vous vouliez savoir sur le chargement d'un itinéraire en provenance de votre blog préféré dans la mémoire de votre compagnon de route préféré.

Ceux qui ont commencé avec des ordinateurs en bois avec des cartes perforées (j'en fais partie), ou ceux qui ont fait à 4 ans leur première lettre au Père Noël sous forme d'une présentation PowerPoint, vont être affligés du degré zéro d'un tel article, mais certains maîtrisent mieux une poignée de gaz qu'une souris (j'en connais), on va donc penser à eux, ils ont aussi le droit d'aller se promener en moto sans trop se perdre.

D'abord, téléchargez l'itinéraire de votre choix, parmi les nombreux proposés dans mes articles.

Par exemple, les châteaux du Vexin au format GPX : ChateauxVexin.gpx

(Le format GPX peut être utilisé par de nombreuses marques de GPS, le GDB est spécifique à Garmin)

En cliquant sur ce lien, le navigateur vous propose d'enregistrer le fichier, bien entendu vous répondez OK.

(cliquez sur l'image pour la voir en grand)

Au bout de quelques secondes (il est très petit), le fichier va se retrouver dans votre disque dur, dans le dossier "Telechargements" ; Pour vous y retrouver plus facilement, vous pouvez ensuite le ranger dans un dossier dédié, par exemple "Itineraires GPS"

L'étape suivante est d'utiliser le logiciel normalement fourni avec votre GPS, ou télécharger le logiciel Garmin "Base Camp" : http://www.garmin.com/fr-FR/shop/downloads/basecamp

Ce n'est peut-être pas le meilleur, le plus beau, le plus convivial, etc. mais il est gratuit et il suffit bien aux tâches basiques.

Une fois installé, démarrez Base Camp. Cliquez sur "Parcours GPS" en dans la liste en haut à gauche, puis allez dans le menu "Fichiers" et cliquez sur "Importer dans Parcours GPS"


Choisissez le fichier (dans cet exemple "Chateauxvexin.gpx") et cliquez sur "Ouvrir" ; Le fichier se charge, puis son nom s'affiche dans la liste en haut à gauche, sous "Parcours GPS". Un clic droit vous permettra de l'afficher sur la carte.


A ce stade, vous pouvez modifier le parcours, par exemple pour y intégrer la navigation depuis votre domicile.

Quand votre itinéraire est prêt, connectez votre GPS sur l'ordinateur.


Ouvrez le menu "Périphérique", puis choisissez "Envoyer à l'appareil" et "Envoyer 'Chateaux Vexin' à l'Appareil"


Si votre GPS possède une extension mémoire, le logiciel vous demande ensuite de choisir où envoyer l'itinéraire ; Choisissez la mémoire principale de l'appareil.

Selon les mises à jour des cartes dans Base Camp et dans votre GPS, il vous ets ensuite demandé si vous désirez recalculer l'itinéraire selon les cartes installées ; Répondez "Non", de toutes façons votre GPS vous redemandera la même chose lors de son démarrage.

Ca y est, l'itinéraire est dans la boîte ; Vous le trouverez dans les "Itinéraires Personnalisés" du menu "Outils" (pour un Garmin Zumo 600, ça peut être différent sur votre modèle)


Voilà, ce n'est pas bien compliqué, y'a plus qu'à suivre la route...

22 mai, 2016


Les boucles de Seine, épisode II

Bon, après ces derniers articles un peu déprimants, on va revenir aux fondamentaux et à ce qui, du moins pour moi, a remplacé 30 années de psychanalyse et m'a certainement évité de m'enrôler dans une secte, voire (c'est pire) d'adhérer à un parti politique : La balade moto.

J'appelle ça la moto-thérapie, essayez, vous verrez, c'est efficace, ça soigne à peu près tout, à part peut-être les affections des voies respiratoires si votre casque ne ferme pas bien et le mal de dos si vous fréquentez trop les routes du Vexin.

Aujourd'hui, toujours dans la grande série des bords de fleuve, je vous propose un parcours alternatif au best-seller de ce blog (voir http://baladadeuxroues.blogspot.fr/2013/08/les-boucles-de-la-seine.html ), qui suit les méandres de la Seine autour de Rouen.

On part toujours de Magny en Vexin, mais la route varie un peu ensuite et passe par le plateau avant de redescendre sur la Seine et passer devant le château de la Roche-Guyon, célèbre pour avoir vu sa tour "La Bove" figurer dans un album de Blake et Mortimer et surtout pour être une des étapes de mon tour des châteaux du Vexin (un autre best-seller de ce blog, allez voir http://baladadeuxroues.blogspot.fr/2013/07/les-chateaux-du-vexin.html )

Ensuite, quelques variantes par rapport à l'itinéraire initial, en gros là où on passait sur la rive gauche on passe sur la rive droite et réciproquement, mais pas toujours.

Un petit détour à noter en particulier, la montée à la côte des Deux-Amants, intéressante pour le point de vue sur le fleuve. Selon votre style de conduite, vous pourrez en profiter pour "Rouler sur la bande de peur", ou "Couper les bras de Bibendum", expressions imagées dont les auteurs se reconnaîtront et qui indique une tendance à ne pas user les pneus que sur le milieu de la bande de roulement.

Mais on s'éloigne de l'esprit de la balade, si vous voulez jouer à ça, roulez sur les circuits, vous y serez plus en sécurité ; En tous cas essayez de montrer à la populace locale que le motard moyen n'est pas forcément un abruti qui se déplace en bande de 20 énergumènes qui font des burns et des déclenchements de rupteur à chaque feu rouge de la route qui longe la Seine en-dessous de Rouen... Si c'est votre jeu préféré, ne venez pas vous plaindre de la répression sécuritaire et évitez de me faire un signe de main au passage, vous ne récolterez que des insultes en retour.

Bon, passons...

Les habituels fichiers pour votre GPS :

Boucles de Seine 2.gpx
Boucles de Seine 2.gdb

Bonne balade !










21 mai, 2016

L'atelier est désert...

Après plusieurs mois de panne d'inspiration, j'avais repris un peu de moral et perdu un peu de dégout de la race humaine et me sentais à nouveau en veine littéraire, bien décidé à ne plus ponctuer mes notes de blog d'articles consacrés à une faucheuse avide ces derniers temps aussi bien d'artistes au talent mondialement apprécié que d'anonymes uniquement coupables d'avoir été au mauvais endroit et au mauvais moment face a des abrutis illuminés.

Padbol, Gégé nous a lâchés, lui qui avait parcouru toutes les pistes des quatre coins du globe, le voilà parti pour découvrir un nouveau terrain de jeu, mais il ne reviendra pas pour nous le raconter.

A sa façon, lui aussi était un artiste du gros mono mais aussi un déconneur infatigable : Ce gars-là rayonnait, pas seulement des roues mais aussi avec son sourire et sa bonne humeur.

L'atelier va être désert, tant pis pour les mauvais jeux de mots mais je sais qu'il adorait ça.

Je n'ai pas grand-chose de plus à écrire, bien que j'aurais tant à dire sur lui, alors je vais aller faire un tour avec mon 500 XT en sa mémoire, je lui dois bien ça.

In memoriam Gérard Anthony - L'Atelier du Désert

12 août, 2015

Ca suffit maintenant !

Ca y est, profitant de l'inertie d'un été torride incitant à l'effort minimal et au désintérêt de la chose informative, la Camarde, cette grosse s... a recommencé à sévir, au nom d'une égalité qui veut qu'elle frappe indifféremment les plus pourris comme les meilleurs d'entre nous.

Après son coup d'éclat du mois de janvier, elle a de nouveau prouvé son habileté à utiliser la gomme à effacer envers les dessineux et autres comiques graphiques, en nous privant de nouvelles aventures de Mammouth et son rat préféré Piston.

Coyote nous a quittés, ça fait chier.

Si vous voyez un nuage blanc taché de noir, c'est sa Harley qui a agrémenté de taches d'huile un paradis un peu trop propre, même si l'endroit doit commencer à être plutôt rigolo maintenant que Cabu, Wolinski et leurs copains ont  refait la déco.

Aussi, avec Terry Pratchett pour le scénario et Leonard Nimoy (Mr Spock dans Star Trek), Patrick MacNee (John Steed dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir) et Christopher Lee (Dracula dans... Dracula) dans les rôles principaux, ça nous promet un sacré film pour la rentrée, avec des vrais morceaux de nostalgie dedans.

Pour peu que BB King se charge de la bande-son, on arriverait presque à trouver un côté sympa à ces mauvaises nouvelles.

Bon d'accord, madame la Faucheuse, mais faudrait voir à s'arrêter, ça va bien maintenant, on a compris que c'est toi qui auras toujours le dernier mot, mais au moins laisse-nous encore un peu de nos copains d'enfance (ou d'éternelle adolescence), tous ceux qui nous ont fait rire, ou claquer des doigts et battre la mesure, ce qui ont su nous émouvoir ou nous faire vibrer, voire même nous faire réfléchir, et dont je ne citerai pas le nom par peur d'attirer la malédiction sur leurs têtes...

Bien entendu, je suis triste, mais je vais relire toutes ses BD, pour rire un bon coup, et encore et toujours dénicher les allusions et références qui foisonnent à chaque coin de page, et qui montrent que ce nounours aux allures de voyou était un type cultivé, qui aimait les gens et se moquait des cons (pas méchamment, juste en les rendant ridicules, ce qui est peut-être la meilleure façon de les combattre), bref qui aimait la vie.

Salut, Coyote !

02 mai, 2015



Mes motos (2) - Yamaha XT550

(suite de l'article passionnant sur mes motos , bien qu'étant plus nombriliste que nostalgique)

On continue avec ma grande saga motocycliste : J'en était donc à la geisha aguichante, la Yamaha XT550.


Avec elle j'ai retrouvé les plaisirs de la CBS125, surtout en ce qui concerne la modestie (le gros mono n'avait pas autant de "coffre" que ses prédécesseurs, norme antipollution oblige) et les frayeurs au freinage (le petit tambour avait une fâcheuse tendance au fading, surtout après une journée de montagne à deux).

J'ai découvert aussi le sentiment de solitude qui vient lorsqu'on passe en réserve alors qu'il reste 100 bornes à faire pour rentrer. Ca ne dit rien aux moins de 40 ans, mais en 1982 il n'y avait pas de station-service à chaque coin d'Intermarché et la carte bancaire était un privilège réservé aux élites dirigeantes. Le réservoir de 8 litres sur cette moto assurant à peine 150 Km d'autonomie, fallait être vigilant.


Le bestiau a donc nécessité quelques améliorations :
- Un cylindre/piston de 600 cc, récupération d'un "Ténéré" tout cassé, la greffe se fait en un après-midi, faut agrandir l'embase, on y arrive avec une bonne lime, un peu de soin et beaucoup d'huile de coude.
- Un frein à disque, récupéré aussi d'une machine de cross, superbe étrier double piston et un disque fin comme la tranche de jambon d'un sandwich de TGV. Là on parle du frein quand même : Donc, il a fallu soigner le montage et fabriquer une patte de support d'étrier en acier pour porte-avions, prise sur l'axe de roue et sur un collier autour du fourreau de fourche. Pour la tuyauterie, il existait à l'époque une boîte qui s'appelait TEID, qui vendait du tube au mètre et des raccords à olive : Avec quelques dizaines de francs et un outillage minimal, on fabriquait de la durite sur mesure parfaitement fiable, j'en ai fait pour plusieurs machines et je n'ai jamais eu de souci. Dommage, la boîte n'existe plus mais si quelqu'un connaît quelque chose d'équivalent...
- Un réservoir Acerbis de 15 litres, en plastique jaunissant et sur lequel les stickers refusaient de coller, mais incassable et assurant une certaine sérénité quant à l'autonomie.

Et c'est reparti pour les balades aux cinq points cardinaux (l'ouest, l'est, le sud-est, le sud et le sud-ouest, mon goût pour le nord ne viendra que plus tard...).



Au fur et à mesure des besoins et des nécessités, le XT subira encore quelques bricoleries : Un vrai porte-bagages, des reposes-pieds passager suspendus, une selle un peu plus confortable...


En parallèle, je m'étais attelé à la réfection d'une Moto-Guzzi 850 GT, qui devait assurer la relève et me permettre de voyager avec encore plus d'efficacité que le mono Yamaha, mais les vicissitudes de la vie m'ont conduit à m'en séparer, dommage, c'était un bon percheron, on aurait pu faire un bon paquet de bornes ensemble...



40000 Km plus tard, pas la panne de trop, non (le XT se montrant très fiable s'il est bien mené et entretenu), mais la rencontre du siècle : celle qui me faisait baver, là, devant moi, avec un gars qui me dit " si ça t'intéresse, elle est à vendre".

Un peu que ça m'intéresse une BMW R90S grise comme dans mes rêves !


Darth Vador était-il un Bosozoku ?

Ces derniers jours, j'ai profité de l'immobilisation de mon destrier habituel pour une grosse révision pour faire un peu de bornes avec la nouvelle variation de la marque aux trois diapasons autour du thème "le côté obscur du Japon" (Dark Side of Japan).

Cette référence à "Star Wars" ne vous aura pas échappé, mais on est loin de la puissance de feu de l'Etoile Noire.

On est loin aussi du vrai côté obscur du Japon dans le domaine de la moto : Là-bas, le voyou motorisé de base s'appelle un Bosozoku et se déplace vêtu d'un cuir et de cheveux gominés, sur une pétoire qu'on pourrait appeler un "Chopper Tuning Café Racer", mélange improbable dont la devise semble être "Trop, c'est pas assez".

Ces curieux personnages se déplacent en bande, font le plus de bruit possible et sont réputés pour bafouer la loi (ils se faufilent entre les voitures, c'est pour dire).

J'ai eu l'occasion d'être directement confronté à ces garnements à deux roues lors d'un récent voyage au Japon : Sur le trottoir étroit d'une rue à grande circulation, plusieurs d'entre eux discutaient, une bière à la main et encombraient le passage. Avec deux amis, nous arrivions sur leur territoire, obligés de passer au milieu de la troupe, le choix étant d'affronter cette horde patibulaire ou de se faire réduire en bouillie par le trafic.

J'imaginais déjà ma famille éplorée déchiffrant avec peine mon nom mal écrit au milieu des caractères Kanji à la rubrique des faits divers du journal local lorsque ces ados délurés se sont écartés tout en effectuant la traditionnelle courbette japonaise, l'un d'entre eux déplaçant même sa moto pour nous dégager le chemin.

C'est ça le Japon, des fois on ne comprend pas tout à fait ce qui se passe...

Revenons à la MT09 "Tracer", puisqu'il s'agit de cette machine. D'abord, et pour clore la discussion sur ce sujet, l'esthétique n'a pas grand-chose à voir avec les motos des Bosozoku ; Pour revenir à Star Wars, on serait plutôt dans le style du X-Wing.


Des angles vifs, des lignes tendues, un côté agressif, les stylistes ont beaucoup lu de Mangas dans leur enfance (ou en lisent toujours). Ce n'est pas mon genre préféré, de toute façon je trouve que les Japonais n'ont plus fabriqué de belle moto depuis la Kawa 900 Z1 en 1972. Mais bon, une fois qu'on est assis dessus, on ne la voit plus...

Justement, pour s'assoir dessus, il faut lever la jambe assez haut, et bien penser à ne pas se cogner aux poignées passager, elles sont beaucoup plus solides qu'un genou normal. Une fois en place, rien à dire, on se sent chez soi et, si ce n'est pas le cas, la selle et le guidon sont ajustables. Personnellement, je préfère la selle en position haute, ça reste acceptable pour poser le pied par terre à l'arrêt et la position des pieds, un peu trop typée "Sport" à mon goût, devient alors supportable.

J'ai essayé de régler les rétros, mais je pense qu'ils ne servent qu'à vérifier qu'on n'a pas perdu ses coudes (les articulations des bras, pas les tuyaux d'échappement !)

On démarre, les montées en régime sont alléchantes mais les bruits mécaniques ne sont malheureusement pas masqués par le bruit de l'échappement, un peu trop discret pour pouvoir apprécier la jolie sonorité naturelle d'un trois-pattes.

Première et embrayage, onctueux à souhait, et alors là.... Je suis bluffé ! Autant la MT09 roadster est insupportable, mal élevée (on ne peut pas en dire autant de la roue avant), brutale et agressive, autant la Tracer est souple, facile, plaisante, sans être fade. Le compromis est pratiquement parfait, le moteur est vraiment très sympa mais la moto n'est pas une machine qui n'incite qu'à faire des c...neries.

Miracle de la technique et du "Ride By Wire", les différents modes sont bien répartis, le mode standard est adapté à 90% des situations, le mode sportif est réellement utilisable et le mode touring est rassurant sans être anémique : Il semble que les ingénieurs japonais ont enfin compris le principe et n'ont pas renouvelé les erreurs des précédents modèles de la marque ou concurrents (voir l'article sur la XTZ1200 Super-Ténéré ).

Sur les petites routes du Vexin, l'engin est plaisant, la tenue de route, sans égaler celle d'un gros trail teuton bien connu, permet quelques rigolades, en particulier grâce au poids, sinon faible du moins bien réparti, de la bestiole. Attention quand même, l'empattement hyper-court, si il permet une grande vivacité sur petites routes viroleuses, donne une légère sensation de flou à des vitesses que la morale et le code de la route réprouvent. Cependant, ça reste une moto dans l'esprit trail, donc de toute façon la position de conduite avec le buste droit et le guidon large ne sont pas propices à une stabilité irréprochable.

Dans le cadre d'une utilisation plus quotidienne et utilitaire, là aussi la Tracer tire son épingle du jeu, malgré la largeur de son dirigeoir et de ses "protèges-mains" aussi hideux qu'inefficaces, on arrive à se faufiler entre les files de voitures sur le Périphérique, presque sans se faire corner par les T-Max, c'est pour dire. Même si les mains sont à hauteur des rétros des camionnettes et des 4X4, un peu coup de cul suffit à éviter l'obstacle, ici aussi l'agilité et la vivacité sont des grandes qualités de cette machine. Le phare LED est efficace,  mais si je n'ai pas eu l'occasion de le tester de nuit sur petite route, en tous cas il attire l'oeil de la voiture qui précède, un petit click sur le bouton (au pouce gauche et plus à l'index, dommage) et tout le monde s'écarte.

Au niveau du confort, le pare-brise réglable offre une protection assez correcte, mais le système de réglage requiert un peu d'attention, car les molettes ont tendance à se desserrer ; Cependant, aucun risque de perdre des pièces, mais l'ensemble du support devient alors assez "brinquebalant".

Je l'ai déjà dit, les protèges-mains servent uniquement à ne pas bloquer le levier de frein avant ou l'embrayage en cas d'accrochage avec un rétro, mais pas à se garantir contre les intempéries. Je ne mentionnerai pas la protection contre les projections d'eau des roues, je finirai par me fâcher...

La selle est plutôt accueillante, mais dès que l'on s'arrête et qu'on pose le pied par terre, les bords vous meurtrissent l'intérieur des cuisses, en utilisation urbaine, quand il n'y pas de possibilité de se faufiler ou qu'il y a une longue attente à prévoir assis sur la moto, ça devient désagréable.

Les reposes-pieds métalliques font un peu pauvre et, bien entendu, ne filtrent pas les petites vibrations du triple vers 5-6000 Tr/min. Là encore, rien de bien méchant, mais c'est agaçant à la longue, surtout qu'il s'agit du régime de prédilection de ce moteur.

Pour clore le sujet de l'utilisation au jour le jour, la consommation est raisonnable, de 5 à 6 litres d'extrait de pétrole raffiné au 100, selon l'usage, même si on dépasse les limites de la bienséance et des bonnes manières.

Enfin, puisque j'avais une petite arrière-pensée en essayant la Tracer, est-ce une moto de voyage ? Présentée comme la remplaçante de la TDM, cette machine est-elle aussi une bouffeuse de bornes ?

Pour être honnête, non.

Elle succède au twin historique de la marque (25 ans de carrière, entre la 850 et la 900) mais ne la remplace pas. Le défaut le plus rédhibitoire de la Tracer est son absence de côtés pratiques, aussi bien en ce qui concerne les possibilités de rangement sur la moto elle-même (pas d'espace sous la selle, même pour un antivol, ou dans le carénage) que pour l'équiper de bagagerie (valises latérales souples fermées par un zip, top-case qui masque le feu arrière, sacoche de réservoir mal placée).

A mon sens, cette moto convient parfaitement à une utilisation mélangeant le trajet pour le boulot, l'arsouille du dimanche matin entre copains et le week-end au bord de la mer en solo avec un sac ficelé sur la selle, mais pas plus.

C'est déjà pas mal, non ?

D'autant qu'au prix proposé, il n'y pas de doute que cette moto va convenir à un nombre important de motards ; Même si je ne rentre pas dans le créneau, j'admets volontiers que cette machine est une sacrée réussite... mais je garde ma TDM de 10 ans, ce n'est pas cette année que je casserai ma tirelire !

08 janvier, 2015



Les zéros et l'infini

Tristes journées, hier j'ai perdu un gros morceau de mon humanité et de mon sentiment d'appartenance à une civilisation.

Je suis d'une génération qui a grandi (intellectuellement parlant) sans beaucoup de moyens de communication, à part une télévision contrôlée par l'état, une radio sans grande indépendance non plus et une presse à l'apogée de sa puissance.

Il n'y avait que deux chaînes de TV et trois radios en "Grandes Ondes", mais une pléthore de journaux et de magazines qui ouvraient les yeux sur le monde tout en taquinant les neurones et en décrispant les zygomatiques.

Face à la grande presse, aux multiples titres d'opinions variées mais toujours servies par des vrais journalistes au talent rédactionnel sans conteste, on trouvait quelques organes plus ou moins confidentiels, trublions aux opinions tout aussi variées, un peu moins soucieux du respect des règles de l'écriture et de l'objectivité mais animés d'une réelle conviction et d'un enthousiasme débordant.

Quelques-uns, à l'esprit déjà un peu ouvert par Pilote, se souviendront de la Gueule Ouverte, du Monde Libertaire, de l'Enragé, et beaucoup ont connu le Canard, Hara-Kiri, Charlie Hebdo et l'Echo des Savanes.

Cavanna, Choron, Cabu, Wolinski, Fred, Gébé, Reiser et tant d'autres ont combattu sans relâche la bétise humaine, avec des crayons pour seules armes.

La camarde les a fait taire, soit avec l'aide de ses copines la maladie et la vieillesse, soit avec sa grande alliée du moment, la violence.

Mais outre l'intolérable carnage qui a essayé de réduire au silence Charlie Hebdo ce funeste jour de janvier 2015, c'est la réaction des autres humains qui me donne une nausée presque permanente depuis deux jours.

Un tel évènement, qui aurait suscité un recueillement digne il y a quelques années, comme on pleure en silence la disparition d'un copain d'enfance, sans larmes parce ce n'est pas ce qu'il aurait voulu, déclenche aujourd'hui, grâce aux merveilleux moyens de communication modernes, une avalanche, ou plutôt une diarrhée (car l'aspect blanc immaculé de l'avalanche ne décrit pas correctement le phénomène) verbale, au nom du droit d'expression. Ce droit se transforme ici en obligation de submerger d'opinions les réseaux "sociaux" ; On se demande d'ailleurs où est le "social" dans une activité que certains pratiquent dans leur coin sous le couvert de l'anonymat, en appelant à détruire les fondements de leur propre société.

C'est donc la grande foire de ceux qui n'ont rien à dire, de ceux qui répètent les idées toutes faites, de ceux qui sont incapables d'aligner trois mots de façon cohérente, de ceux dont le vocabulaire se limite à MDR, PTDR, LOL, de ceux qui défendent une religion sans la connaître, de ceux qui fustigent l'incapacité d'un président pour lequel ils n'ont pas voté (ben oui, puisqu'ils ne sont pas déplacés aux urnes), de ceux qui veulent jeter les étrangers dehors alors que leur grand-père italien ou polonais a subi les pires difficultés avant de finalement s'intégrer, de ceux qui mordent la main qui les nourrit mais lèchent la b... qui les enc...

Je deviens grossier, autant m'arréter là.

On entend (ou on lit) donc que c'est la faute des Juifs, des Francs-Maçons, du gouvernement, de l'opposition, des Arabes, des Français, des militaires et des coiffeurs pour dames.

On entend que c'est bien fait pour eux, qu'ils ont exagéré, que le droit d'expression ne donne pas le droit de tout dire, etc.

Mais justement, ces pourfendeurs du droit d'expression et ces chantres de la censure oublient que si on les entend, c'est grâce à ce droit d'expression, dont ils usent sans retenue pour vomir leurs idées extrémistes, au nom d'une démocratie qui n'accorderait le droit de vote qu'à leur partisans ou d'une religion dont les préceptes de tolérance, de générosité et de respect du prochain justifient des meurtres, des viols et des attentats.

Chérissons ce droit d'expression, utilisons-le avec précaution comme un bien précieux, comme une coupe en cristal d'une extrême finesse qui peut se briser si on y boit sans retenue...

Respectons aussi toutes les croyances, en ce qu'elles offrent à certains des réponses à leurs interrogations sur la vie et des règles morales à ceux qui manquent de repères, mais respectons aussi le droit de ne pas croire et de se moquer des excès en tous genres.

Sinon, l'étendue infinie de la connerie humaine (comme le disait Einstein) verra encore ses limites repoussées par de sinistres zéros qui se prennent pour des héros...

04 novembre, 2014



On ira où tu voudras, quand tu voudras...

Aujourd'hui, pas de digression oiseuse, pas de diatribe véhémente envers un des nombreux torts de notre monde moderne, non, juste une belle balade pour profiter de l'exceptionnelle météo qui pare ce mois d'octobre d'une lumière d'or.

Cette saison, chantée par un benêt strabique dont le seul point commun avec l'auteur de ces lignes est la date d'anniversaire (merci d'y penser la prochaine fois) et le goût pour les pains au chocolat (Ya-Ya Ya-Ya), est appelée été indien et présente en effet un contraste délicieux avec la saison précédente, appelée été français, aussi médiatisée sous le vocable d'été pourri.

Si c'est une conséquence du réchauffement climatique, j'en viendrais presque à dénoncer en mon nom le protocole de Kyoto afin de pouvoir profiter de la douceur automnale le plus longtemps possible avant de s'enfoncer dans les rigueurs hivernales.

Une jolie promenade donc, à travers les plaines et vallons du pays de Bray, presque frontière entre la Picardie et la Normandie, au point que les maisons en briques rouges se partagent l'espace avec les fermettes à colombages. Le labyrinthe ornant la nef de la cathédrale d'Amiens n'est pas sans rappeler l'entrelacs de petites routes vous conduira jusqu'à cette étape importante (mais non obligatoire) de cet itinéraire, depuis la station balnéaire mais néanmoins banlieusarde de L'Isle-Adam.

Profitez donc de la lumière douce de l'arrière-saison pour savourer les couleurs fauves des bois sillonnés par le premier itinéraire, et réservez votre première promenade du mois de juin à la seconde balade, variante de la précédente, qui évite Amiens et vous fera passer par Gerberoy, ville des roses. Telle qu'au début de 19è siècle, elle est le site de tournage de nombreux films et son charme suranné ne vous laissera pas indifférent, vous qui cachez votre coeur de midinette sous un tatouage Harley-Davidson du plus bel effet.

On est donc passé de l'Indian à l'Harley, belle transition sur laquelle je conclurai ce petit article...

Pour ne pas trop vous perdre, suivez le guide :

Itinéraire 1 : Amiens
Amiens - Pays de Bray (format gdb)
Amiens - Pays de Bray (format gpx)


Itinéraire 2 : Gerberoy
Gerberoy - Pays de Bray (format gdb)
Gerberoy - Pays de Bray (format gpx)

29 octobre, 2014


Je vais faire mes valises et foutre le camp...

(I'm gonna pack my bags and make a getaway, Chuck Berry, "Saint Louis Blues")

Attention, les lignes qui vont suivre énoncent des évidences, des règles de bon sens vieilles comme le monde, voire des conseils bétifiants.

Si vous n'avez pas envie de lire ce genre de choses et que votre longue expérience vous assure un voyage sans encombre et une route sereine pavée de pétales de roses et bordée de radars automatiques en panne, passez votre chemin.

Sinon, j'ose espérer que ces simples conseils, à la lumière d'expériences personnelles plus ou moins heureuses, seront utiles à certains rencontrés en route  ...

D'abord, et c'est triste à dire, mais le motard français des années 70-80, avec ses affaires ficelées sur la selle et emballées dans des sacs-poubelles bleus, à malheureusement disparu. Le sac-poubelle est maintenant gris ou noir, tout fout le camp...

De plus, sa fragilité évidente, qui fait que la cohabitation avec les crochets des tendeurs ouvrait une brèche béante à l'humidification du sac de couchage à la moindre averse, l'a renvoyé en son domaine initial, sous l'évier ou au fond du garage.

Le motard du 21e siècle est maintenant équipé en plastique dur, voire en métal brut de fonderie. Tout ceci assure à la fois solidité et protection contre le malandrin voleur de petites culottes, mais ces derniers temps la tendance est un peu à l'embonpoint et cela donne rapidement à votre fine gazelle motorisée un aspect éléphantesque, certes statutaire, mais parfois gênant dans les embouteillages parisiens ou les rues étroites des petits villages des Asturies.

Donc, premier point, en termes de bagagerie, voyez un peu plus petit que vous ne pensez, ainsi vous serez obligé d'optimiser le remplissage.

Il est indispensable aussi de répartir les masses, et un bon moyen pour cela, c'est la sacoche de réservoir. La fixation peut être aimantée, sur un tapis ou le bouchon de réservoir, selon les goûts. Le tapis fixé à demeure masque le réservoir mais le protège aussi des petits chocs. Attention, si vous roulez dans la poussière, il est impératif de nettoyer périodiquement l'intérieur du tapis sinon la poussière accumulée va se transformer en abrasif : Avec les vibrations et les petits mouvements du tapis sur le réservoir, ce dernier va se retrouver dépoli en un rien de temps...


Beaucoup de sacoches de réservoir peuvent se transformer en sac à dos, n'hésitez pas, c'est vraiment très pratique.

Attention, toutes ne sont pas aussi pratiques. Comme quoi il faut vérifier les dimensions avant d'acheter sur Internet.

Dernier point concernant la bagagerie, évitez de charger sur la fourche, ça donne peut-être un look "Easy Rider" mais ça n'est pas très optimal pour la conduite de la machine. A la rigueur une veste de pluie dans un paquet bien ficelé, mais pas une trousse à outils de 4 kilos...

Pour optimiser le contenu, quelques principes de base : Un peu de lessive ou de la petite monnaie (pour la laverie automatique) prennent beaucoup moins de place que du linge de rechange pour un mois. Bien entendu, cela n'est pas valable si vous envisagez de parcourir la piste allant de Dalanzagdad à Krasnokemensk en passant par le désert de Gobi, mais dans ce cas il se trouvera peu de gens pour vous reprocher votre tenue négligée..

De même, trois T-Shirts superposés font à peu près le même boulot qu'un pull moyen. Là aussi, si votre périple vous fait suivre la côte sud de l'Islande de Kirkjubaejarklaustur à Borgarfjörur Eystri au mois de mars, ça va être un peu juste, mais pour passer les cols des Alpes en redescendant sur la Côte d'Azur, ça suffira.

 Enfin, bon, même si il se met à faire plus chaud, ne retirez pas tout quand même...

Poursuivons dans l'optique de réduire les volumes tout en gardant l'indispensable, soyez un geek astucieux en choisissant vos jouets (téléphone, tablette, appareil photo, que sais-je) utilisant tous le même chargeur de batterie ; Le micro-USB commence a être une norme, mais certains constructeurs, dont un a repris le nom du label discographique des Beatles, s'assurent une originalité payante en personnalisant leurs connecteurs.

Si vous embarquez une "liseuse", avec la ferme intention de vous replonger dans La Recherche du Temps Perdu de Proust entre deux bastons avec les copains dans la montée du col de Tende, ajoutez à votre collection de romans policiers malgaches et vos poètes suédois le manuel d'atelier en PDF de votre moto, on trouve ça sur tous les forums dédiés à votre marque préférée et ça peut servir.

Toujours dans le domaine du numérique, téléchargez sur un site de partage de photos ou tout simplement envoyez-vous un mail avec les scans de vos documents d'identité, carte grise, et quelques photos de la moto. Sans être parano au point de craindre de vous faire détrousser de vos papiers et de votre pétoire par les indépendantistes berrichons de Nouan-le-Fuzelier, vous pourrez toujours montrer aux forces de l'ordre à quoi ressemblait votre chère B.. R1200CL avec sa peinture personnalisée.


 Le gendarme pourra ainsi vite vous rassurer, elle n'a pas été volée mais enlevée de la voie publique où elle était garée, pour outrage à l'esthétique.

Comme malgré mes conseils vous avez abusé un peu et rempli plus que de raison vos valises, vous n'avez peut-être pas remarqué, mais le couvercle ne joint plus très bien. Après 300 Km sous la pluie, votre espoir d'enfin enfiler des vêtements secs à l'étape va se transformer en cruelle désillusion. Redonnez un sens à l'existence des sacs-poubelle relégués sous l'évier (voir plus haut) en emballant dans iceux vos petites affaires avant de sauter à pieds joints sur la valise pour la fermer.

N'oubliez pas qu'on a TOUJOURS une bonne occasion de remplir encore plus ses bagages au cours du voyage : Le pique-nique du midi, un T-Shirt souvenir "Mes copains sont allés à Ambatofinandrahana et tout ce qu'ils m'ont ramené c'est ce T-Shirt idiot", le bidon d'huile acheté en route... Prévoyez donc de garder un peu de place vide, de préférence dans le top-case, la répartition des masses vous en sera reconnaissante.

(Pour les nuls en géographie, Ambatofinandrahana c'est sur la route numéro 35, un peu avant la bifurcation vers Ambohimanatahotra)

Ah, j'allais oublier, la moto ; Quelle est la meilleure moto pour voyager ? Réponse : La vôtre.

Celle que vous connaissez, qu'au fil du temps vous avez équipée pile-poil comme il faut, même si le résultat est parfois... surprenant (voir photo ci-dessus). et qui vous a appris que tout nouvel aménagement DOIT être essayé durant au moins 100 Km avant de partir faire la traversée du département de la Haute-Marne sans assistance.

Bien entendu, ce conseil est aussi valable pour votre équipement personnel : Rien de plus ennuyeux que de se rendre compte que les superbes gants qui étaient "un peu justes, mais ils vont se faire et puis en solde à ce prix c'est une affaire" vous font souffrir le martyre au bout de 50 bornes, ou qu'on avait oublié que le pantalon de pluie était déchiré précisément à l'endroit qui vous assure un bain de siège à la moindre averse. Parce que, évidemment, il vaut mieux faire cet essai un jour de pluie...


Rien de plus à dire, préparez-vous au mieux mais sachez que les meilleurs souvenirs sont aussi faits des petits tracas...